Comment des faits d’avril 2026 ont-ils permis de trouver l’auteur de vol et dégradation commis dans un laboratoire de prothèses dentaires du Creusot, fin octobre 2023 ? Ca a matché... Alors c'est de la prison ferme.
Un homme de 40 ans a été jugé ce 23 avril en comparution immédiate pour deux séries de faits : une tentative de vol avec effraction de la porte d’un garage, au Creusot, dans la nuit du 1er avril, et, donc le vol commis par effraction dans un local professionnel, dans la nuit du 30 au 31 octobre 2023.
On reprend les faits, tels que la présidente les déroule pour ses assesseurs
Vers 23h40 le 1er avril dernier, on appelle le commissariat de police : un homme, dans la rue du docteur Rebillard, essaie d’ouvrir les voitures et des portes de garage dont plus particulièrement l’une d’elle, endommagée. La personne donne une description de l’individu repéré.
L’équipage qui se déplace fissa, le trouve, le contrôle, il sent fort l’alcool. Les policiers constatent qu’une porte de garage a été forcée avec un burin. La porte est fichue mais n’a pas cédé pour autant. On trouve sur le mis en cause un burin, et des gants.
Interrogé, l’homme justifie le burin et les gants ainsi : « J’ai rangé ma cave, aujourd’hui, et j’ai oublié de ranger le burin et les gants. » Il dit aussi qu’il a fait un gros mélange de divers alcools, qu’il vit chez sa mère et est sorti « tard, pour prendre l’air », qu’il a juste essayé d’ouvrir des portes « à la main », « pour voir ce qu’il y avait dedans ».
A l’audience il reconnaît un peu : « Je pense que je suis sorti pour voler et pour m’acheter de la drogue ou des médicaments, et en me rendant compte de ce que j’allais faire, j’ai arrêté. »
Fin octobre 2023, rue Edith Clavel
Une entreprise dépose plainte, victime d’effraction, du vol d’un téléphone fixe et du double de la clé de voiture de l’entreprise, et puis on a mis le feu à des documents et l’imprimante à laser a fondu.
La police technique et scientifique fait des prélèvements et surtout trouve un masque, sur place, par terre, qui a pu être porté par le voleur. La PTS y trouve un profil génétique. Ce profil est alors inconnu.
« Ça matche »
Avril 2026 : le profil génétique du mis en cause est entré dans le FNAEG, le fichier national automatisé des empreintes génétiques. Le fichier travaille et trouve une correspondance. « Ça matche » avec l’empreinte trouvée dans le masque échoué dans le laboratoire, elle est celle de celui qui se trouve dans le box ce jeudi.
« Je ne me souviens pas, mais ça devait être pour m’acheter de la drogue » dit le prévenu. « J’aurais pas dû, je me trouve très bête. J’ai eu des soucis dans la vie. Ça m’a chamboulé, et j’ai pensé qu’à ça et je me défonçais, mais j’ai beaucoup travaillé là-dessus et j’ai arrêté l’héroïne. »
Célibataire sans enfant, pas d’emploi, il vit, on l’a dit, chez sa mère. Une mère courage comme il y en a tant, qui est présente, assise droite. Elle est là. Impuissante à sauver son fils, mais, là.
Au casier du prévenu, 6 mentions dont celle de septembre 2021 :
https://www.creusot-infos.com/news/faits-divers/a...Le laboratoire de prothèses dentaires a été indemnisé sans franchise par son assureur, donc ne se constitue pas partie civile aujourd’hui. La propriétaire du garage se constitue, sa demande sera examinée plus tard, à une audience sur intérêt civil.
« Monsieur explique les faits anciens par la toxicomanie, mais les faits récents ? »
« La chronologie n’est pas en faveur de monsieur, observe la procureur. Monsieur explique les faits anciens par la toxicomanie, mais les faits récents ? Il a fait des efforts, oui, mais nonobstant on le retrouve malheureusement pour une atteinte aux biens.
L’incendie déclenché en 2023 est inquiétant. (…) Le casier est chargé. » Elle requiert la peine de 10 mois de prison avec maintien en détention « pour garantir l’exécution de la peine » et la révocation de 3 mois de sursis.
« Autant d’alertes sans retours »
« Vous êtes sur un parcours classique d’un polytoxicomane, avec des rechutes, plaide maître Bernard. Mais il respecte tous les suivis, il se bat. En avoir fini avec l’héroïne, c’est pas rien. Il est sincère. Il ne faut pas anéantir tous ses efforts. Son état de santé ne lui permet pas de travailler. Sa mère avait appelé la police quelques jours avant les faits parce que son fils, agité, criait. La police lui a répondu qu’elle ne peut rien faire pour elle.
La mère a essayé de faire hospitaliser son fils, mais celui-ci n’est pas éligible. Le fils lui-même lance des appels à l’aide, appelle son médecin. Mais la situation actuelle du secteur médical rend les choses difficiles. Ce sont autant d’alertes sans retours. Vous avez tous les critères pour la détention à domicile. »
11 mois de prison ferme puis 2 ans de probation
Le tribunal dit le prévenu coupable des faits qu’on lui reproche, le condamne à la peine de 18 mois de prison dont 9 mois sont assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec des soins en addictologie et en psychologie, il devra indemniser la partie civile et payer le droit fixe de procédure (254 euros).
Le tribunal révoque en outre 2 mois d’un sursis antérieur.
Ça fait 11 mois de prison au total. En détention provisoire depuis le 3 avril, il reste incarcéré.
FSA