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> Vie locale > TORCY
05/07/2020 03:10
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TORCY : Des milliers de fleurs sur le lac

Que faut-il en penser ?
ACTUALISE : Des réponses fleuries aux questions...
Vers la base nautique, le déversoir, à Brion ou ailleurs, les promeneurs ont pu observer l’envahissement des eaux du lac par une plante aquatique, formant un tapis d’algues et de fleurs blanches. Si elles peuvent repousser baigneurs et pêcheurs, elles semblent tout à fait convenir aux foulques et autres poules d’eau.
Disparaîtront-elles avec la baisse des eaux du lac et si oui reviendront-elles chaque année ? D’où proviennent-elles et comment s’en débarrasser ?
Creusot Infos pose la question.

La réponse de la Société d'Histoire Naturelle du Creusot
A ne pas rater :  de jolies baigneuses s’exposent sans voile au Lac de Torcy !
‘Creusot-Infos’, toujours à l’affût des bonnes nouvelles,
n’a pas manqué d’attirer notre attention de promeneurs sur un bien joli spectacle.
En effet, alanguies à la surface des eaux du Lac, notamment près de la base nautique, de bien jolies fleurs étalent sans la moindre retenue, leur virginale blancheur. Et pour mieux réjouir encore nos regards indiscrets, il sera même recommandé de nous équiper d’une paire de jumelles, afin de ne rien perdre de la beauté secrète de ces candides filles de l’été.
A vrai dire, ce tendre spectacle, qui semble surprendre aujourd’hui, était cependant déjà tout à fait courant autrefois. Et, dès cette époque, les filles avaient même été gratifiées du charmant sobriquet de « grenouillettes » ou encore de « bouton d’argent des eaux », surnom populaire célébrant à la fois leur passion pour la baignade et la délicatesse de leur beauté candide (pour mémoire, candide = blanc).
Nos ancêtres les Gaulois, et plus précisément les Gallo-Romains, qui avaient, comme chacun sait, adopté la langue de Rome et s’exprimaient donc en latin, les appelaient déjà « Ranunculus », ce qui, traduit en bon français contemporain, veut justement dire « petite Grenouille ».
Rien de vraiment nouveau, donc, sous le soleil du Lac de Torcy ces jours-ci, hors l’émerveillement de ceux d’entre nous qui savent apprécier la pureté des jeunes beautés.
Bon, pénétrons à présent dans le vif du sujet (en toute innocence bien sûr).
Ranunculus a donné Renoncule, un groupe de plantes fleuries qui rassemble, en Bourgogne, une huitaine d’espèces de plantes aquatiques à fleurs blanches (toutes des « grenouillettes » « bouton d’argent des eaux » donc) ainsi qu’une bonne douzaine d’espèces terrestres, la plupart à fleurs d’un brillant jaune d’or (les bien connus « boutons d’or » de nos prés). Noter donc que le jaune d’or domine en nombre. D’ailleurs, si vous regardez de près les blanches grenouillettes (voir photos jointes), vous verrez que le centre des blanches corolles est nuancé de jaune vif : derrière leur blanc corsage, nos belles dissimulent donc (à peine) un véritable cœur d’or… Quelle aubaine !
« Nous voici, avec elles, bien heureusement gâtés,
« Qui donc songerait, dès lors, à les éradiquer ?
Ainsi rimaille le petit poète qui se réjouit, à bon escient, des gracieux spectacles que nous offre la nature ! A mille lieues, en tous cas, de songer à vouloir « éradiquer » ces petites merveilles !
Plus prosaïquement, les Renoncules en général – dont nos blanches grenouillettes – élaborent gracieusement des molécules d’intérêt thérapeutique. Ainsi, nous explique Paul Fournier, grand spécialiste des usages des plantes sauvages de France, les Renoncules, toutes protégées des herbivores trop gourmands par leur toxicité, élaborent une huile essentielle à l’origine d’une molécule complexe, l’anémonine, dont un sagace chercheur a mis en évidence, nous dit-il, l’action sur les bactéries et certains enzymes, en entravant leur développement. Cette molécule, judicieusement utilisée par les spécialistes, a été employée, précise-t-il encore, contre asthme, bronchite, coqueluche et diverses affections des organes féminins. Tout ceci juste pour rappeler, une fois de plus, que le plus grand laboratoire de recherche mondial, en matière de mise au point de molécules d’intérêt médicinal, reste celui de la nature et singulièrement celui des plantes sauvages de nos contrées et d’ailleurs. Ce que savent évidemment très bien les Labos de nos grandes entreprises pharmaceutiques, qui s’en inspirent bien souvent.
Excusez cette dérive utilitariste qui nous a éloigné un instant des jolies nymphes des eaux du Lac de Torcy.
Mais il ne tient plus maintenant qu’à vous d’aller les découvrir de près, jumelles en main, et en toute simplicité. Et tant pis pour ces étranges baigneurs qui, nous dit-on, éprouveraient une hypothétique répulsion vis à vis de ces sympathiques baigneuses au cœur d’or et délicatement drapées d’argent.
Société d’Histoire Naturelle du Creusot

La réponse de Joël Minois :
Les Renoncules aquatiques reviennent tous les ans, plus ou moins nombreuses selon la météo du moment de la floraison puis elles disparaissent sans jamais avoir gênè personne ; vouloir s'en débarrasser n'a pas plus de sens que vouloir éliminer les Boutons d'or ou les pissenlits dans les prairies. On ne pourra pas en dire autant si par malheur (et cela va finir par arriver), au lieu de renoncules on trouve un jour sur les étangs du coin la Jussie, plante aquatique envahissante aux magnifiques fleurs jaunes et qui encombre les endroits où elle s'implante au point d'être un obstacle à l'écoulement des eaux quand elle est sur un cours d'eau (voir les bras morts de la Loire à Bourbon-Lancy et en face à Beaulon) au point de compromettre leur rôle d'exutoire en cas de crue.
Cela fait des années, au moins deux décennies, que tout le monde cherche à s'en débarrasser. Les efforts faits ne semblent même pas ralentir son extension.
Joël Minois