
L'inauguration du banc rouge a eu lieu samedi en fin de matinée près de l'école élémentaire.
Le 25 novembre, est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. À Saint-Sernin du Bois, personne n’a oublié cette date et c’est donc une belle délégation d’élus et d’habitants qui s’est retrouvée ce samedi en fin de matinée sur le trottoir à proximité de l’école élémentaire pour une cérémonie comprenant l’inauguration d’un banc rouge organisée dans ce cadre.
Cette cérémonie a débuté par la longue lecture des noms des 90 femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon en 2025 : « Ce sont des féminicides, malheureusement, il faut ajouter à ce décompte, les suicides forcés, le meurtre de femmes et de filles, par leur père, leur frère, leur fils, leur beau-père, le voisin, un inconnu… À ce jour 153 femmes ont été tuées par des hommes…» a signalé Laure Gressard présidente de l’association « Femmes Solidaires » du Creusot.
Cette dernière devait rappeler que ce banc de couleur sang est symbolique : « Il met en lumière une actualité inacceptable, intolérable à savoir les Féminicides, les violences sexuelles et sexistes que subissent les femmes parce qu’elles sont femmes!. Ce banc est le symbole de l’indicible, de ce qui ne devrait pas être, l’assassinat de femmes, de filles par leur compagnon, conjoint ou ex… Ce banc concrétise la lutte contre l’injustice, concrétise un engagement fort contre ces violences, contre ces meurtres… Toutes ses violences sont punies par la loi, mais cela doit être appliqué rigoureusement. Il est impératif de prendre au sérieux tout signalement de violences…».
Pour Laure Gressard, c’est clair, ce qui manque, c’est une volonté politique des gouvernements : « Il faut arrêter ses coupes budgétaires dans le domaine social, éducatif, médical…».
Rendre hommage aux femmes tuées par un conjoint
Pascale Fallourd maire de Saint-Sernin a signalé ensuite que 107 femmes ont été victimes de féminicides en 2024 et que chaque jour, plus de 3 femmes sont victimes de féminicides ou de tentative de féminine.
«L’installation de ce banc se veut être un hommage à toutes ces femmes tuées par un conjoint ou ex-conjoint. C’est est un symbole fort, rouge comme le sang. Mais au delà du symbole et de l’hommage, nous voulons que ce banc soit un lieu d’échanges, de paroles et donc de prévention. Il nous rappelle que derrière chaque porte peut se cacher une femme en danger…». Sur 107 femmes victimes en 2024, 47% étaient des victimes de violences et moins d’1/3 avait déposé plainte. Des soutiens existent. Aussi la maire du village n’a pas oublié de citer le travail mené par le réseau VIF du Creusot, réseau de lutte contre les violences intrafamiliales auquel tout le monde peut faire appel.
« Les féminicides ont augmenté de 11% entre 2023 et 2024, et 2025 ne s’annonce pas mieux…Notre commune a signé l’an passé la charte européenne «Safe Place for women» pour faire de notre commune un lieu sûr pour les femmes. Ce banc est une petite action pour y contribuer et faire reculer les violences…».
Elle a porté l’action, conseillère déléguée au cadre de vie, Martine Boyer devait lire ensuite un magnifique poème de Daniel Meunier : « Sous les bleus de son silence, elle avait l’habitude de parler doucement…La tristesse de son regard au silence creux n’arrivait pas parfois à ne plus ranger ses larmes…elle attendait en secret ce jour espéré où cesseraient enfin ces destructrices tempêtes, faites d’humiliations, violences, indignités. Pour déplier son âme et relever la tête…». Plusieurs élus et représentants ou responsables d’associations locales étaient présents samedi. Philippe Pigeau maire de Torcy assistait à la cérémonie et la commune de Saint-Firmin était représentée par Magali Douheret première adjointe. Nous avons salué également Jean-Marc Hippolyte conseiller départemental et Laëtitia Martinez vice-présidente de région. La présence de plusieurs gendarmes dont l’adjudant-chef Pinto de la communauté de brigade de Montchanin et du Creusot a été remarquée dans l’assistance.
J-C.P








