
Quatre mois de travaux ont été nécessaires pour restaurer les deux chapelles latérales de l'église. C’est Laurence Blondaux, Conservatrice-restauratrice de peintures murales qui était chargée de ce dossier.

La réception officielle des travaux de restauration des peintures murales des deux chapelles latérales de l'église de Saint Sernin du Bois s’est déroulée ce jeudi 2 avril 2026. Elle s’est déroulée en deux temps.
Avec en premier lieu la visite des chapelles et la présentation des travaux, suivie d’une réception en mairie qui a réuni tous les acteurs ayant participé activement et financièrement à cette importante rénovation. Outre Pascale Fallourd maire de Saint-Sernin et Jean-Marc Hippolyte chargé dans le dernier mandat du suivi des travaux et notamment ceux de l’église, nous avons salué Élisabeth Gilbert déléguée de la Fondation du Patrimoine accompagnée de Brigitte Lauprêtre, Sabine Caumont conseillère régionale des monuments historiques (DRAC), Laëtitia Martinez qui représentait la Région Bourgognee Franche-Comté et plusieurs membres de l’Association pour la Restauration de l’Église de Saint-Sernin (ARESS).
La longue et belle histoire de l’église
Il connait bien le dossier du patrimoine et plus particulièrement celui de l’église de Saint-Sernin, Jean-Marc Hippolyte a rappelé que l’église de Saint-Sernin-du-Bois a été érigée au XIIe siècle, modifiée aux XIIIe et XVIIIe siècles.
«Du plan d’origine, XIIe-XIIIe subsiste la partie orientale, aux murs remarquablement épais…».
On apprendra que l’arrivée du prieur Jean-Baptiste Augustin de Salignac-Fénelon à Saint-Sernin-du-Bois en 1745 a vu l’embellissement de l’église avec la reconstruction de la nef en 1767, l’agrandissement des ouvertures (portes et fenêtres), l’installation de boiseries, l’ajout d’ornements en stuc au sommet des voûtes de la nef et de la chapelle sud. «L’aménagement des murs orientaux des deux chapelles avec un autel et son retable aura condamné le passage dans les anciennes chapelles médiévales. Celle côté nord sert aujourd’hui de sacristie, celle côté sud est d’accès difficile avec un sol défoncé…Alain Dessertenne a écrit l’historique et la description de cette église, présentée sur un pupitre à l’entrée de l’église…» ajouta Jean-Marc Hippolyte.
4 mois de travaux pour redonner les couleurs d'origine des chapelles
Cela a été également signalé ce jeudi matin, le chantier de rénovation des peintures murales des deux chapelles latérales de l’église a duré 4 mois. La réception du chantier qui avait débuté début septembre 2025 en effet a eu lieu le 5 décembre 2025. C’est Laurence Blondaux, Conservatrice-restauratrice de peintures murales qui était chargée de ce dossier, assistée de Marie-Paule Dubois peintre en décor de patrimoine. Lors de l’étude du chantier, Laurence Blondaux avait notamment constaté la finesse des petites frises avec de petits détails assez remarquables. Pour la chapelle nord dédiée à la Vierge, quelques lacunes étaient visibles à la voûte. «Lors des sondages, apparait une couleur bleue monochrome, symbolisant traditionnellement sa royauté céleste en tant que mère de Dieu et Reine du ciel…».
Pour la chapelle sud, la voûte à l’époque, montrait beaucoup plus de désordres apparents, avec de nombreuses fissures, des décalages de surface, des décolorations dues à d’anciennes infiltrations, des manques anciennement colmatés, d’innombrables projections de couleur jaune pâle, des trous, des griffures, des usures, des efflorescences et pulvérulences… «Sur la chapelle sud, j’ai constaté avant que les plâtres ne soient refaits, une ouverture puisqu’il y avait une ancienne chapelle romane, et j’ai vu des vestiges d’enduits que j’identifie datant du 15e siècle…» avait relevé Laurence Bondaux en décembre dernier, rappelant que ces éléments venaient enrichir l’histoire de la connaissance de l’important patrimoine de Saint-Sernin.
Point sur la méthode de travail
«On essaye de sauvegarder le plus possible de peinture originale. Nous sommes dans une première phase où tout ce qui est vraiment trop abimé, trop dégradé et qui nécessiterait des soins trop importants, qui prennent du temps, est « purgé » pour repartir sur une base saine. En fait, tout ce qui est vraiment prêt à tomber mais qui en plus est vraiment gorgé de sels, ou qui ne tient plus du tout sans aucune cohérence et adhésion, on le fait tomber pour refaire quelque chose de sain. Mais on ne fait pas tout tomber, quand c’est fragile et que ça bouge, et que l’on peut consolider par injection, ça fait partie de la restauration. Comme ce sont des enduits de plâtre, j’injecte du plâtre et je colmate au plâtre…» avait livré Laurence Blondaux durant le chantier.
Bilan financier : 51 763€ de travaux
Sur la rénovation des peintures, rappelons que le devis estimatif des travaux était de 53 000€ et que les peintures des chapelles ne sont pas inscrites au titre des monuments historiques. Une souscription a donc été lancée auprès de la Fondation du Patrimoine permettant de récolter des fonds pour alléger la participation financière de la commune. Finalement la Région apportera une aide de 10 660€. Le résultat de la collecte de dons organisée en partenariat avec l’ARESS s’élève à 27 697€. La Fondation du Patrimoine apporte un abondement de 6 000€ et la commune 7 406€. Pour un total de 51 763,95€.
318 000€ de travaux depuis 2011
Le total des travaux réalisés sur l’église depuis 2011 s’élève à 318 000€. La part de l’ARESS s’élève à 100 000€ soit un tiers du montant. Idem pour la commune. Rappelons depuis 2011, l’achat par l’ARESS des bancs de l’église, suivi en 2016 de la réfection à l’origine du clocher et du coq de l’église, puis plus tard des boiseries de la nef, des stalles et des sols (tomettes) des deux chapelles latérales, des statues et retables…et aujourd’hui des peintures murales des chapelles.
Bien sûr Pascale Fallourd a remercié toutes celles et ceux qui se sont impliqués aujourd’hui mais également lors des décennies passées : « On suit un programme qui a débuté en 2010 avec l’architecte du patrimoine pour la restauration de l’église, on essaie d’avancer dans ce programme. Suivront dans les années à venir des travaux dans le choeur…».
Il a été question ensuite de l’abbé Salignac de Fénelon qui a oeuvré pour que le village redevienne dynamique : « Il a également créé la maison de charité et il est à l’origine des premières forges à proximité du Mesvrin, berceau de la métallurgie du Creusot…» a conclu la maire de Saint-Sernin, non sans avoir souligné que le patrimoine de Saint-Sernin, la commune labellisée en 2019 Cités de Caractère de Bourgogne Franche-Comté, le restaure, souhaite le transmettre et le faire vivre.
La commune traversée par le chemin allant de Vézelay à Assise
«La commune de Saint-Sernin du bois est située sur le chemin de pèlerinage allant de Vézelay à Assise en Italie la ville natale de Saint François d'Assise. Ce chemin voit passer à Saint-Sernin 500 pèlerins par an» avait dit auparavant Pascale Fallourd. Et nombreux sont les pèlerins qui s’arrêtent à Saint-Sernin, découvrent le patrimoine local et font une visite à l’église assurément. Une église visible chaque jour et sur rendez-vous éventuellement.
« Le patrimoine donne résonance sur l’attractivité d’une commune. Il y a un attachement très fort au patrimoine ici. Il est important de partager cette histoire…» a dit Laetitia Martinez, se réjouissant de la mise en place prochainement par la commune du parcours pédestre de découverte de ce patrimoine, cher à Jean-Marc Hippolyte.
J-C.P





