
Le «jeune» Maire de Montchanin, en fonction depuis un peu plus de deux ans, se confie dans une interview. Il parle des dossiers importants, notamment sur l'habitat, pour la commune, des enjeux. La liste qu’il conduira pour les municipales de 2026 sera à plus de 40% de renouvellement. Elle sera bouclée en septembre.
Vous êtes Maire depuis avril 2023. Qu’est-ce qui a été le plus dur en arrivant à la tête de la mairie ?
YOHANN CASSIER : «L'avantage que j'ai eu, c'est quand même que Jean-Yves Vernochet m'a bien accompagné et en étant encore de bon conseil une fois ma prise de poste.
La plus grosse difficulté, c'est de trouver la distance suffisante entre le poste de maire et le poste d'adjoint, que j'ai eu l'occasion d'occuper quand même pendant 14 ans».
Les trois ou quatre dossiers qui ont été les plus difficiles ou importants à négocier ?
«Déjà la santé. Les Montchaninois se tournent, à juste titre, vers les élus, le maire, pour trouver des solutions aux problèmes de santé. Derrière, on a mis en place des dispositifs pour fidéliser nos professionnels. Mais on a également travaillé sur le recrutement de futurs médecins avec une allocation qu'on a dédiée aux futurs étudiants.
Ca fait 36.000 euros sur la fin des études.
Après, c'est aussi maintenir et inscrire Montchanin dans la dynamique au sein de la communauté urbaine.
Montchanin a toute sa place et avec tout l'exécutif on s'attelle à faire en sorte que soit reconnu comme l'entrée de la communauté urbaine. C'est la vraie porte d'entrée de la communauté urbaine.
Et puis on a quand même la gare TGV à proximité, on a une gare TER, on a des équipements qui sont quand même très représentatifs de ce que notre bassin de vie d'une manière générale peut proposer».
Montchanin n'est pas ou plus coincée aujourd'hui entre Monceau et Le Creusot. Ce nest plus le cas comme ça l'a été à une époque ?
«Non, j'ai le sentiment qu'on a notre place et on l’occupe bien.
Aujourd'hui Montchalin c'est une ville qui compte, mais comme les 34 communes de la Communauté Urbaine… Mais dans le cadre du programme Petite Ville de Demain, avec la convention du Conseil Régional, on tire notre épingle du jeu parce qu'on n'est pas collé aux communes de Monceau ou du Creusot. On est vraiment bien situé, nos collègues de Blanzy ou nos collègues de Torcy sont tout de suite à proximité, c'est peut-être pas la même chose pour nous».
Vous n'êtes pas le limitrophe des deux villes pôle…
«Ça change beaucoup de choses. Je pense que dans la philosophie, c'est vrai dans la co-construction de certains projets comme l’habitat, qui est aussi un sujet sur lequel on s'est attelé de manière très forte depuis quelques mois.
Pour développer ce volet là, pour qu'on ait une augmentation de la population.
Aujourd'hui, Montchanin a combien d'habitants?
«On est bien heureux d'être au-dessus des 5000, ça c'est important. L’objectif c'est de rester au-dessus des 5000. Au-dessus et arriver à 5400 ! On aimerait bien retrouver 5400 voire 5600 habitants. Les perspectives que l'on a en termes d'habitables devraient nous le permettre».
C’est-à-dire ?
«On a un projet immobilier qui est engagé à Rue de la Paix. C’est 12 parcelles.
On a toujours Rue de la Paix, un promoteur privé qui propose des appartements à la vente, donc ça va être 18 appartements.
On a le projet de la future gendarmerie qui va arriver d'ici 2028 et ça sera 23 gendarmes qui seront domiciliés à Montchanin donc avec des habitations correspondant avec leurs familles.
Et puis le sujet qui nous occupe beaucoup en ce moment c'est au centre-ville le variété. Le variété qui va être démoli pour laisser place à un projet immobilier».
Il va être démoli quand ?
«C’est les discussions du moment. C'est-à-dire qu'on espère qu'il soit démoli avant la fin de l'année pour lancer des études pour une commercialisation des logements.
Et en parallèle avec le maintien des relations avec les différents partenaires, notamment l'Opac, on espère qu'on trouvera le bon équilibre pour qu'on arrive à cet objectif-là, de retrouver le seuil des 5400 / 5600 habitants»
C'est quoi les enjeux aujourd'hui pour Montchanin ?
«C’est maintenir un niveau de service public suffisamment haut pour rester attractif, pour rester une commune attractive où on a envie de s'installer tout en maîtrisant nos dépenses principalement de fonctionnement… C’est, entre guillemets, le point névralgique de ce que l'on va devoir co-construire avec nos colistiers sur la préparation de notre programme».
Besoin de nouveaux services pour la commune ?
«Le niveau de service à Montchanin est déjà très élevé. On doit juste le dimensionner, c'est-à-dire qu'à un moment donné, on doit faire une évaluation de nos politiques publiques pour s'interroger sur à quel moment met le curseur.
Moi je suis assez fier, et je pense que mon équipe l’est également : On n'a pas augmenté les impôts et notre ambition, ce sera de ne pas augmenter les impôts sur la prochaine mandature si on est élu. Ça c'est un engagement que l'on prend, et lors de ma prise de poste, dans l'intervention que j'avais pu faire, c'était d'axer sur le fait qu'on maintienne le coût du repas dans les cantines à 3,05 euros, malgré les contraintes fortes… Pour manger à la restauration scolaire à 3,05 euros, ça coûte 11 euros à la commune. Ça veut dire que quand un enfant mange il y a 8 euros qui coûtent. C'est important pour tout le monde. C'est-à-dire que les personnes qui sont les plus démunies elles peuvent avoir un prix, elles payent même moins de 3,05€ parce qu'on est rentré dans la politique du prix du menu à 1€ pour les classes très défavorisées ! Je pense qu'on peut être assez fiers parce que ce sont des gros efforts financiers pour la collectivité.
On le fait en maintenant un niveau de dialogue avec la population. On a fait des réunions publiques avec plus de 150 personnes, avec des retraités qui viennent nous dire que c’est bien ce que l’on fait pour la jeunesse !»
Vous avez besoin d’équipements ?
«Oui, avec un second restaurant scolaire qui va permettre d'équilibrer la partie nord et la partie sud en termes de services. Il serait sur l'école Boutavant, donc ça veut dire que chaque groupe scolaire aurait son restaurant scolaire. Ce qui nous permettrait aussi de permettre aux enfants de ne pas monter dans un bus pour aller manger. Avec donc de vrais temps de pause pour les enfants afin qu'ils puissent découvrir des activités culturelles, sportives».
Vous avez combien d’enfants qui mangent à la cantine ?
«On fait des services à 350 et même 350 enfants et donc repas au total… En deux ou trois services. Ca augmente régulièrement. Mais c'est normal, pourquoi ? Parce que le rythme de travail est totalement différent».
Le sujet qui fâche actuellement à Montchanin, c’est la gare TER…
«C’est un dossier sur lequel on suit, on travaille de manière concertée avec les différents interlocuteurs, que ce soit le président de la communauté urbaine, les élus régionaux… C'est paradoxal, ça ne change pas à la rentrée là, ça change au 17 décembre 2025. Sauf que c'est là, maintenant, que ça se passe, c'est là que tout se situe, et les ajustements pourront avoir lieu.
La rentrée va permettre de relancer le dialogue et de co-construire ensemble..;»
Qui décide ? C'est la région ou c'est la SNCF ?
«C’est la région. Le donneur d'ordre, c'est la région. C'est celui qui paye. Celui qui paye, c'est celui qui dit ce qu'il veut. Alors après, c'est aussi dimensionner le service par rapport aux moyens financiers qu'on peut avoir aussi. La région, elle est comme le département, elle est comme la communauté urbaine, elle est comme la ville. Elle a sûrement des contraintes financières fortes, elle doit s'adapter.
Mais pas à n'importe quel prix… Il y a le service public, le service à tous les publics, il est essentiel. Et au travers de la gare TER, c'est ce qu'on défend aussi.
Nous, c'est 57 personnes qui sont en résidence à Montchanin, c'est 57 personnes qui font marcher des commerce. Alors, ils n'habitent pas tous à Montchanin, mais ils s'arrêtent au Tabac du coin, ils vont à la boulangerie.
Nous, on n'a pas trop envie de perdre 57 emplois sur notre bassin de vie. Je pense que chaque maire, dans ma situation, serait aussi attentif à ça. Après, les discussions sont encore ouvertes.
J'ose espérer que les vacances auront permis à tout le monde d'y voir plus clair. Les mobilités c’est un sujet majeur. Un exemple tout bête, le marché de Montchanin, il fonctionne du tonnerre…»
Pourquoi selon vous ?
«Quand on discute avec les commerçants qui sont sur le marché, ils disent de changer sur rien, maintenir ses stationnements à proximité parce que les gens, ils viennent se garer derrière le monument, ils se gardent dans les contre-allées, les gens de Torcy viennent sur le marché, les gens du Creusot viennent sur le marché ! Notre marché se tient parce qu'il y a tout un ensemble. La proximité du centre-ville, les mobilités douces qui sont accompagnées, mais du stationnement ! Il ne faut pas casser ce qui fonctionne, il faut le maintenir».
De combien comptez-vous renouveler votre équipe pour les prochaines municipales ?
«On devrait être 45% de renouvellement. Il y a la volonté d'ouvrir à d’autres ; et puis il y a des collègues qui disent moi je suis prêt à partir, parce qu'il y a quelqu'un qui veut y aller.
Avec Thomas Neufond, on a attaqué ces consultations-là depuis le début d’année. Notre liste elle sera bouclée début septembre pour qu'on puissent être en ordre de marche tranquillement à partir de l'automne, novembre»
Recueilli par
Alain BOLLERY