
La cinquième édition de la dictée proposée par l’ADAC s’est déroulée samedi après-midi à la salle Le Moderne.

41 personnes parmi lesquelles 7 jeunes et une minorité de messieurs se sont confrontés avec plaisir à une dictée jugée plutôt facile. Le maire Yohann Cassier et Thomas Neufond, adjoint délégué à la vie associative qui participait à la dictée, ont honoré de leur présence cette belle manifestation culturelle. Après les mots d’accueil du président de l’ADAC Christian Jacob, son épouse Dominique a lu une première fois « Les sauterelles », un texte extrait des « Lettres de mon Moulin » d’Alphonse Daudet avant de procéder à la dictée proprement dite.
Et vous, comment auriez-vous écrit ? Des arcades moresques ou des arcades mauresques ?
Deux questions subsidiaires permettaient de départager les éventuels ex aequo.
La proclamation du palmarès et la remise des récompenses auront lieu samedi 11 avril 2026 à 15 heures à la Bibliothèque de Montchanin, 108 Avenue de la République. Tous les participants à la dictée sont invités.
J.S.
Le texte de la dictée
Les sauterelles
Encore un souvenir d’Algérie, et puis nous reviendrons au moulin…
La nuit de mon arrivée dans cette ferme du Sahel, je ne pouvais pas dormir. Le pays nouveau, l’agitation du voyage, les aboiements des chacals, puis une chaleur énervante, oppressante, un étouffement complet, comme si les mailles de la moustiquaire n’avaient pas laissé passer un souffle d’air… Quand j’ouvris ma fenêtre, au petit jour, une brume d’été lourde, lentement remuée, frangée aux bords de noir et de rose, flottait dans l’air comme un nuage de poudre sur un champ de bataille. Pas une feuille ne bougeait, et dans ces beaux jardins que j’avais sous les yeux, les vignes espacées sur les pentes, au grand soleil qui fait les vins sucrés, les fruits d’Europe abrités dans un coin d’ombre, les petits orangers, les mandariniers en longues files microscopiques, tout gardait le même aspect morne, cette immobilité des feuilles attendant l’orage. Les bananiers eux-mêmes, ces grands roseaux vert tendre, toujours agités par quelque souffle qui emmêle leur fine chevelure si légère, se dressaient silencieux et droits, en panaches réguliers.
Je restai un moment à regarder cette plantation merveilleuse, où tous les arbres du monde se trouvaient réunis, donnant chacun dans la saison leurs fleurs et leurs fruits dépaysés. Entre les champs de blé et les massifs de chênes-lièges, un cours d’eau luisait, rafraîchissant à voir par cette matinée étouffante ; et tout en admirant le luxe et l’ordre de ces choses, cette belle ferme avec ses arcades moresques, ses terrasses toutes blanches d’aube, les écuries et les hangars groupés autour, je songeais qu’il y a vingt ans, quand ces braves gens étaient venus s’installer dans ce vallon du Sahel, ils n’avaient trouvé qu’une méchante baraque de cantonnier, une terre inculte hérissée de palmiers nains et de lentisques. Tout à créer, tout à construire.[...] Ensuite les maladies, les ophtalmies, les fièvres, les récoltes manquées, les tâtonnements de l’inexpérience, la lutte avec une administration bornée, toujours flottante. Que d’efforts ! Que de fatigues ! Quelle surveillance incessante !
Questions subsidiaires :
· Dans quelle ville est né Alphonse Daudet ?
· Dans quelle ville Alphonse Daudet a-t-il écrit les « Lettres de Mon Moulin » ? 










