
L'appel au rassemblement avait été lancé par l'association des maires de France.

Ce lundi midi, un rassemblement s’est tenu devant la mairie de Marmagne, à l’appel des Maires de France, en soutien aux élus et aux citoyens confrontés aux violences survenues ce week-end. Un appel largement entendu puisque de nombreux Marmignauds se sont réunis pour témoigner de leur solidarité.
Face aux habitants présents, Guillain Gilliot a tenu à remercier celles et ceux qui ont répondu à cette mobilisation. « Votre présence ici, aujourd’hui, fait chaud au coeur. Et je sais que d’autres habitants auraient aimé être parmi nous. » Il a également rappelé que les communes rurales, malgré leur éloignement des grandes villes, ne sont pas étrangères aux événements qui secouent le pays. « Et pourtant, samedi, hier, aujourd’hui encore, notre peine et notre colère se sont exprimées d’une même voix. »
L'indignation
« Comme beaucoup d’entre vous, je crois que les mots nous manquent », a-t-il déclaré, avant de revenir sur les violences visant notamment des mairies. « Des mairies ont été attaquées. Des mairies ! Mesurons-nous seulement ce que cela représente ? Une mairie, ce n’est pas simplement un bâtiment. C’est notre maison commune. C’est le symbole de notre République, de notre démocratie, de ce qui nous rassemble au-delà de nos différences. »
Pour le maire, ces actes soulèvent une question fondamentale sur la place du désaccord et de la violence dans le débat public. Il a rappelé son engagement au service des autres et sa volonté de ne jamais considérer la violence comme une réponse légitime aux divergences. « Je ne refuserai jamais de m’y habituer », a-t-il affirmé.
Un besoin de réponse
Au-delà de l’indignation, son discours a également porté sur la nécessité de réponses et de responsabilités collectives. « La France a besoin de réponses. Elle a besoin de justice, de sécurité, d’écoute et de respect. Elle a besoin que chacun assume ses responsabilités. Mais elle a surtout besoin que nous n’oubliions jamais ce qui nous unit. La liberté. L’égalité. La fraternité. »
Le maire a conclu son intervention par un appel à rester attachés aux valeurs républicaines, même dans un contexte difficile. « Parce que la France ne se résume pas aux images de violence que nous avons vues. La France, c’est aussi, et avant tout, celles et ceux qui la font vivre, qui la servent, qui la respectent et qui refusent de renoncer à ce qui nous rassemble. »
À la fin de se rassemblement, maire et habitants ont chanté d'une seule voix la Marseillaise.
Le maire de Marmagne est revenu pour nous sur le sens de cette initiative et sur l’importance de permettre aux habitants de se retrouver et d’échanger :
« Je pense que c’était important pour des communes rurales comme les nôtres de pouvoir montrer un soutien à tout ce qu’on a pu voir ce week-end derrière nos écrans de télévision ou dans la presse, parce que je pense que cette situation révolte tout le monde.
Ici aussi, dans nos territoires, on a des personnes qui ont manifesté pacifiquement, qui ont des revendications à faire valoir et pour autant où le message n’a pas été gâché par un public qu’on arrive finalement peu à identifier et qui ont juste usé toute la sauvagerie qu’il pouvait y avoir dans l’être humain pour détruire complètement des bâtiments publics, des commerces et parfois toute une vie que certaines personnes ont voulu construire.
Comme maire, je pense que c’était la moindre des choses, d’une part d’envoyer un message de soutien à nos collègues élus partout en France et puis de permettre aussi à des citoyens qui s’estiment touchés dans leur fort intérieur de pouvoir trouver un moment pour échanger tous ensemble. Car c’est comme ça aussi qu’on apaise le débat, en échangeant, en essayant de remobiliser, toutes et tous, dans les valeurs de la République. »
Manon Bollery












