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19/11/2024 03:17
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Recherche et innovation : Le Creusot nouveau centre européen pour la Métallurgie des poudres, avec Calhipso

C’est finalement derrière l’IUT du Creusot que va être construit le bâtiment de Calhipso dédié à la compression isostatique à chaud, le nom très symbolique de la métallurgie des poudres… Le lancement a eu lieu lundi.
Il y a des retards qui sont presque une bénédiction… Ainsi, pour celles et ceux qui ont un peu de mémoire, c’est sur le feu de verse, le long de l’avenue de la paix, que devait être construit un bâtiment dédié à la métallurgie des poudres. C’est d’ailleurs l’annonce qui avait été faite en avril 2021, alors que l’on sortait tout juste du COVID…
Oui mais voilà, certains projets de stature internationale mettent un peu plus de temps à murir que d’autres. Le temps que tout le monde se mette d’accord. Le temps de réunir les investisseurs. Et le temps de retrouver un terrain.
Oui, oui, trouver un nouveau terrain. Car c’est ainsi, Calhipso va finalement être construit derrière l’IUT du Creusot, derrière le pôle laser, du côté de la cité des Riaux.
Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est Framatome qui a finalement repris le feu de vere, dans le prolongement de son centre de recherches, pour avoir suffisamment de réserves foncières, pour le cas échéant construire une nouvelle forge quand les commandes d’EPR de France, d’Europe et du Monde vont commencer à s’accumuler.
Vous suivez ? Très clairement il y avait une force de logique à avoir voulu implanter le centre de recherche pour la métallurgie des poudres, dans le prolongement du centre de recherches de Framatome. Sauf que même si le numéro un du nucléaire attend beaucoup de l’avènement de la très innovante métallurgie des poudres, il n’est pas le seul industriel.
Du coup, à bien y regarder, il est donc encore plus opportun que le bâtiment de Calhipso soit implanté dans l’enceinte de l’IUT qui lui aussi excellence dans le recherche, notamment pour la métallurgie, avec son pôle laser.
On peut ajouter, aussi, pas très loin d’Evamet symbole de la métallurgie des poudres version 20ème siècle, quand Calhipso va être le symbole de la projection de cette métallurgie innovante dans le 21ème siècle.
Pour celles et ceux qui ont mal à comprendre ce que sont ou seront ses applications, il faut faire le parallèle avec les imprimantes 3D. Très concrètement la métallurgie des poudres est une des solutions d’avenir pour se dispenser des soudures qui, avec l’usure du temps, peuvent présenter des points de faiblesse.
Bref il y a de quoi être très satisfait de l’ancrage au Creusot d’un centre de recherches, unique en France, unique en Europe et appelé à rayonner sur le monde. Les différents discours prononcés lundi après-midi n’ont pas dit autre chose, avant que ne soit présenté le site du bâtiment qui offrira une surface de 300 m2 au sol, qui s’élèvera jusqu’à dix mètres, avec beaucoup de bois dans sa construction.
Alain BOLLERY


Vincent Thomas

Président de l’Université de Bourgogne
«Ce n’est pas simplement un écrin, mais un programme de recherches autour d’une machine. C’est un projet d’excellence. Et c’est unique à l’échelle nationale. Calhipso va être partie intégrante de la future Université Bourgogne Europe, qui a pour vocation d’aller de la recherche jusqu’à la vie étudiante».

 

Frédéric Bernard

Professeur d’Université et porteur du projet
«Calhipso présente un intérêt pour les sciences, mais pas seulement. C’est vrai par exemple pour Framatome, mais aussi pour le CEA. On aura au Creusot, à l’IUT, la plus grande enceintre de recherche en France et en Europe pour aider au développement de la métallurgie des poudres. On attend la validation par l’ASN de travailler pour les composants du nucléaire. En fait Calhipso va être un bâtiment tremplin pour l’industrie. Et après Calhipso il faudra fédérer les industries pour aller plus loin. Si c’est au Creusot, ce qui serait logique, ce sera parfait».

 

David Marti

Maire du Creusot,
Président de la Communauté Urbaine

«Il a fallu plus de 10 ans pour faire aboutir ce projet et la Communauté Urbaine y a toujours cru. La clef c’était les financements. Il est juste que cette innovation d’excellence soit au Creusot. Car ce procédé est l’avenir de la métallurgie et on sait la place de l’industrie au Creusot, sur le territoire de tous les possibles. La recherche doit permettre de développer les productions».

 

Laëtitia Martinez

Vice présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté
«On est en plein dans l’excellence de la recherche dans l’enseignement supérieur. C’est bien pour cela que la Région a été présenter pour soutenir la construction du bâtiment de Calhipso, mais aussi pour l’acquisition de la machine qui serviara l’innovation dans la Métallurgie des poudres».
 

Pour en savoir plus
CALHIPSO : la plateforme de recherche spécialisée dans la Compression Isostatique à Chaud (CIC),  va bientôt voir le jour !Après plusieurs années d’attente, le lundi 18 novembre marque le début des travaux de ce projet innovant qui inscrit un tournant dans le monde de la recherche et plus  particulièrement celui de la métallurgie des poudres.
Installé sur le site de l’IUT du Creusot, le bâtiment CALHIPSO, acronyme de "Compression et Assemblages d'alliages métaLliques par HIP*, une Solution innOvante", abritera une machine spécialisée dans la Compression Isostatique à Chaud. Un procédé qui consiste à presser des métaux poudreux à très haute température et à très forte pression (jusqu’à 2000° et 2000 bar), afin de réaliser des matériaux et des composants de grandes dimensions et de formes complexes, difficilement imaginables par les moyens de production classiques (tels que la forge ou la fonderie).
Ce projet a pour vocation de développer l’industrie métallurgique en France avec l'émergence d'un réseau français d'acteurs de la technologie de la CIC, de créer des emplois à forte valeur ajoutée dans des secteurs tels que l'aéronautique, l'automobile, l'énergie (notamment le nucléaire) et la défense.
Un réseau de partenaires prestigieux pour cette plateforme nationale de recherche
Coordonnée par l’Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC) avec Frédéric Bernard (enseignant-chercheur à l’université de Bourgogne et membre du laboratoire interdisciplinaire Carnot de Bourgogne) comme responsable et incluant des partenaires de renom tels que le CEA de Grenoble, l’École des Mines de Paris, le CNRS et Framatome, CALHIPSO sera la première plateforme nationale de recherche mutualisée autour de la technologie de Compression Isostatique à Chaud.
Un investissement stratégique pour le territoire industriel du Creusot
La proximité de cette installation avec les entreprises du bassin Le Creusot-Montceau, mais aussi avec les acteurs de l’innovation et de la formation (IUT Le Creusot, Polytech Dijon, Laboratoire ICB, Hub&Go...) est un véritable atout pour le territoire.
Ce nouveau site de 300 m2 et ses équipements exceptionnels sont financés à hauteur de :
-  600 000 € du contrat métropolitain CUCM-Région BFC et le FEDER (962 500€), pour la construction du site CALHIPSO (soit un budget total de 1 562 500€ pour la construction du bâtiment) ;

 -  3 millions d’euros de la part de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), dans le cadre du plan d’investissement France 2030, pour la machine CIC.
Des ressources humaines ont d’ores et déjà été affectées par l’université de Bourgogne sur le site de l’IUT du Creusot pour soutenir le développement de cette plateforme.
Les travaux du bâtiment CALHIPSO commenceront donc dès novembre 2024 pour une livraison prévue à l’automne 2025.