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> Vie locale > LE CREUSOT
28/09/2020 03:17
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Pierre Etienne Graffard : «Il faut plus de vert partout»

Dans une interview à creusot-infos, Pierre-Etienne Graffard, seul élu vert au conseil municipal, revient sur les dernières élections municipales. Mais il parle aussi des sapins de Noël, du Tour de France, de la 5G, du loup…
Six mois après, avec le temps de la réflexion, quel jugement portez-vous sur les résultats des municipales ?
PIERRE-ETIENNE GRAFFARD : «Il y a eu la campagne et puis les résultats. Concernant la campagne, je le redis, on avait fait des propositions qui touchaient un maximum de personnes concernées par la crise sociale et la transition écologique. Force est de constater que le résultat n’a pas été à la hauteur.
Mais on peut noter que la campagne a été dure. Nous avons été obligés de subir des contre-vérités incessantes, ce qui n’a pas aidé au débat d’idées, cela dans un contexte particulier qui, il est vrai, a touché tout le monde. Avec pour résultat un taux d’abstention, au Creusot et ailleurs, qui pose un vrai problème de démocratie. Il s’est dégagé une majorité qui correspond à un assemblage hétéroclite. Difficile de savoir ce que cela va donner pendant le mandat. Ca marquera l’histoire…»

Pourquoi ?
«Cela met un terme à 40 ans de gestion de gauche. Cet assemblage politique peut correspondre à une gestion de type préfectoral, du fait d’une ligne politique pas clairement partagée par toute la majorité».

Vous avez des regrets ?
«Notre volonté c’est de constituer une équipe municipale basée sur l’écologie sociale. Cela n’a pas été possible. Non je n’ai pas de regrets. Ce que l’on regrette c’est que les Creusotins ne nous ont pas suivi».

Regrettez vous d’avoir quitté la majorité où vous étiez, d’avoir fait liste à part ?
«Dans une équipe, il faut partager une vision et un projet. Si ce n’est pas possible, rien ne sert d’être ensemble».

Comment comptez-vous travailler et vous positionner ?
«Mon rôle d’élu d’opposition sera simple. Sur toutes les avancées sur la transition écologique, sur les questions sociales, j’apporterai un soutien indéfectible. Par contre quand je serai en opposition sur des sujets, je compte faire preuve de pédagogie, d’explications, d’information et de vigilance».

N’avez vous pas peur de vous enfermer, d’être tout seul…
«Tous les problèmes ne sont pas verts. On parle d’une écologie sociale. Il faut une double vision. Il faut résoudre les problèmes…»

Lesquels ?
«Les collectivités doivent se projeter dans l’avenir, en termes de mobilité, d’emploi, de santé. Il faut de la pertinence. Il faut plus de vert partout».

Quoi par exemple ?
«On a besoin de redéfinir le partage des mobilités. Il ne s’agit pas de supprimer, mais de partager. Chacun doit en prendre conscience».

Votre parti aura t-il des candidats dans tous les cantons pour les prochaines élections départementales ?
«Très clairement, nous sommes en discussions avec d’autres forces de gauche. Rien n’est fixé. C’est trop tôt. Pour les régionales pareil. Nous nous préparons à toutes les hypothèses».

Dans la perspective des Présidentielles êtes vous Jadot ou Piolle ?
«Moi je suis plutôt Jadot. Mais le problème n’est pas là. Il y a deux approches qui ne s’opposent pas forcément et se complètent. Yannick Jadot représente, par le discours qu’il porte, incarne une véritable alternative au libéralisme. Eric Piolle est plus sur une politique de gauche avec un projet partagé par d’autres. Il faudra arriver construire un nouveau projet politique par rapport aux enjeux climatique, social et économique. Moi je voterai Jadot».

Approuvez-vous le Maire de Bordeaux. Etes-vous pour ou contre un sapin de Noël au Creusot ?
«D’abord je veux rappeler qu’un Maire a en charge la responsabilité de la dépense publique. La question c’est l’usage que l’on fait de l’argent public. Utiliser des arbres qui existent pour Noël, cela a du sens. C’est une bonne idée de ne pas faire des décorations sur des arbres coupés, mais plutôt sur des arbres qui existent. Donc je dis qu’il n’est pas nécessaire de mettre un sapin quand on peut décorer d’autres arbres».

Le retour du Tour de France au Creusot, vous êtes pour ou contre ?
«C’est un événement magnifique, sportif et populaire. Il faut que l’organisation prenne en compte les problèmes environnementaux et financiers. Nos propos, ceux du Maire de Lyon, sont caricaturés. Selon les conditions financières, on ne peut pas priver les gens d’un spectacle. Donc je suis pour le Tour de France, mais à certaines conditions financières».

La 5G vous êtes pour ou contre ?
«Compte tenu de l’importance du sujet, je vais demander au Maire du Creusot un moratoire. On a besoin d’une réflexion et d’un débat démocratique. Nous écologistes on n’est pas contre pour être contre. Mais la 5G pose un problème de santé publique. Un problème de dépendance des données. La 5G accentue le pouvoir des GAFA qui veulent remettre en cause nos démocraties».

Et le loup qui tue les brebis, il faut le tuer ou le protéger ?
«D’abord il faut rappeler que le loup est une espèce protégée. Vouloir la suppression du loup c’est aller à l’encontre de la loi. L’Etat assume pour gérer la présence du loup et accompagner les professionnels de l’élevage qui peuvent être impactés. Le loup n’est pas seul responsable des attaques de troupeaux. Il y a aussi les chiens. La vérité, c’est que l’on souhaite domestiquer la nature au seul bénéfice de nos intérêts. On voit les conséquences climatiques, migratoires et économiques. Oui la nature peut être cruelle. Mais je ne suis pas pour que le loup soit tué».
Recueilli par Alain BOLLERY