
Il avait été dépositaire de presse et avait ouvert la Librairie Plein Ciel au Creusot. ACTUALISE : L'homage du Maire David Marti. La date des obsèques est connue.
C’est avec infiniment de tristesse que nous avons appris le décès de Philippe Martin, «Fifi» pour tout le monde, une grande personnalité du Creusot et de sa région.
Il s’est éteint dans le week-end, des suites de graves complications respiratoires.
«Fifi» Martin était le fils de la famille Martin qui, pendant plusieurs décennies avait incarné la Maison de la Presse au Creusot, à l’angle de la rue Maréchal Leclerc et du Boulevard Henri-Paul Schneider.
«Fifi» Martin avait comme on dit «la bosse des maths»… Maths Sup, Maths Spé… Il aurait pu embrasser une carrière dans l’informatique naissante, ou devenir ingénieur.
Mais c’est au Creusot qu’il avait construit sa carrière professionnelle, d’abord comme dépositaire de presse, à une époque où la presse papier se vendait en milliers d’exemplaires sur l’agglomération creusotine, avec quatre titres : Le Dauphiné Libéré, Le Progrès et le Courrier de Saône-et-Loire. Trois quotidiens auxquels il fallait ajouter l’Hebdomadaire «Le Journal du Creusot». Les concentrations dans la presse, ont vu en trois années, du 31 juillet 1986 au 1er août 1989, la disparition de tous les titres, avec dès le début des années quatre-vingt-dix, un seul quotidien, le JSL et la disparition du Journal du Creusot qui, en 1984, avait été sauvé de la faillite de Creusot-Loire, par le groupe Hersant. Mais la diminution des ventes avait conduit à sa disparition.
«Fifi» Martin avait vécu tout cela avec pragmatisme et professionnalisme.
Il n’était pas du genre à passer la soirée devant la télévision. Non pas vraiment. Le soir, c’est dans son dépôt, allée Pierre de Coubertin aux Riaux, qu’il préparait, ajustait, les livraisons de journaux du lendemain.
On pouvait passer le voir tardivement, lui annoncer la «une» du lendemain, les infos que le journal allait contenir et il en tenait compte.
Comme il était capable de prendre sa voiture, le matin, pour ramener des journaux là où il manquait. Ou encore faire le tour des marchands de journaux pour retirer une édition du Journal du Creusot, comme cela fait été le cas en 1985, à cause d’une photo que l’on ne pouvait pas montrer à tout le monde… et qui avait imposé une réédition !
C’était cela «Fifi» Martin. Un patron consciencieux. Il avait vécu très douloureusement l’incendie volontaire de son dépôt de presse lors des émeutes de l’automne 2005. Une vraie cassure dans sa vie.
«Fifi» Martin était aussi un visionnaire qui avait osé ouvrir la librairie papeterie Plein Ciel, rue Leclerc au Creusot, avec un rayon France Loisirs. La Maison de la Presse avait alors fermé et les amoureux des livres avaient gagné en richesse. Tous les jours ou presque il accueillait Christian Bobin en le respectant infiniment. «Bonjour», «Au revoir», «Merci», «Comment ça va»… Mais pas plus. Il ne voulait pas embêter l’écrivain poète. Juste le servir. Comme les autres clients.
Dans un monde économique en crise, à l’heure de la retraite, la fermeture définitive de Plein Ciel avait été un crève coeur. Une cicatrice qui ne s’est jamais vraiment refermée.
A côté de cette vie professionnelle bien remplie, avec les 35 heures en deux jours, «Fifi» Martin, très pudique, montrait moins son humanisme. Il avait ainsi été aux côtés de sa maman, jusqu’à ses dernières heures… Et jusqu’à ces dernières semaines il avait une attention constante pour son frère handicapé.
Il avait organisé des sorties pour lui. Mais aussi pour les autres. Sans jamais se mettre en-avant. Mais toujours efficacement et avec discrétion.
Son seul vrai pêché mignon étaient ses cigarettes et l’apéro du soir, avec quelques amis, d’abord à l’Ovale Bar rue Jean Jaurès, puis place Schneider, le plus souvent chez Emilio. Quelques instants de partage et de bonheur dans ses longues journées. Il aimait retrouver Jacques et quelques autres. Jamais pour dire du mal des autres.
C’était tout cela Philippe Martin. Et sans doute encore bien plus.
A sa famille, à ses amis, nous présentons nos très sincères condoléances.
A.B.
Les obsèques de Philippe Martin auront lieu le lundi 5 janvier, à 14h30, en l'église de Saint-Pierre de Varennes. La dépouille du défunt se trouve au funérarium de l'Hôtel-Dieu, où les visites sont possibles à partir de ce mercredi 24 décembre après-midi.
L'hommage de David Marti :
Je garde à l’esprit que Philippe Martin était un homme discret et toujours disponible pour un échange dans sa librairie jamais très long mais toujours bienveillant et sincère.
Il était un travailleur infatigable que nous pouvions croiser très tôt le matin et tard le soir en toute discrétion. Il aimait sa ville et en était une figure incontournable de notre vie locale. Formé aux sciences et au mathématiques il n’en était pas moins un passionné de lettres et de littérature.
Je n’ai que de bons souvenirs de mes échanges avec lui et il va beaucoup manquer au Creusot.
J’adresse au nom de la Ville et à titre personnel, mes plus sincères condoléances à sa famille et ses proches.
David Marti
