LE CREUSOT : Près de 500 personnes ont manifesté pour des multiples revendications
Les salaires, le pouvoir d’achat, la défense des services publics pour le plus grand nombre, étaient au rang des revendications.
La vidéo et le reportage photos de creusot-infos.
«On ne va quand même pas attendre la Présidentielle pour s’attaquer à tous les problèmes. Il faut des décisions maintenant, car une majorité de nos concitoyens souffrent et n’arrivent pas à joindre les deux bouts. La précarité est grandissante…» C’est ce qu’a confié à creusot-infos un des manifestants ce jeudi 5 novembre au Creusot où près de 500 personnes se sont rassemblées devant l’ALTO, avant de défiler. Le cortège a pris l’avenue de l’Europe, a fait une pause devant la gare SNCF où Fabien Antoinet, secrétaire général de la CGT Cheminots, a pris la parople, avant de remonter jusqu’à la place Bozu, puis de bifurquer en direction de la place Schneider où des autres prises de parole ont eu lieu pour la CGT, la CFDT, et FO. La FSU n’a pas pris la parole.
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CGT cheminots :
Chers camarades, Pour nos gares, pour nos emplois, pour nos territoires, le service public ferroviaire est un droit. Si nous sommes réunis aujourd'hui, ce n'est pas pour quelques guichets ou quelques emplois cheminots. C'est pour défendre quelque chose de bien plus essentiel : Le droit de chacune et chacun à disposer d'un véritable service public ferroviaire, de proximité, accessible, humain et égalitaire. À compter du 13 décembre prochain, la mise en place de la filiale SVBO va profondément bouleverser l'organisation du service ferroviaire sur notre territoire. Depuis des mois, la CGT des cheminots de Montchanin, aux côtés de l'Union locale du Creusot, alerte les élus, les responsables politiques et la population. Nous avons expliqué, argumenté, dénoncé les conséquences de ces choix. Pourtant, nos alertes restent sans réponse à la hauteur des enjeux. Derrière cette décision, il y a des choix politiques et économiques. Et derrière ces choix, il y a des conséquences humaines bien réelles ! La Région Bourgogne-Franche-Comté au nom des économies, et la SNCF Voyageurs créé une filiale pour remporter le marché, portent une forte responsabilité dans cette situation. qui a Car quelles sont les conséquences concrètes de cette décision ? La fermeture définitive des guichets dans les gares du Creusot, de Montchanin et de Montceau-les-Mines. Quel avenir pour les agents concernés, dont le service va disparaître ? Comment les usagers pourront-ils acheter leurs billets et bénéficier d'un véritable service personnalisé ? Que deviendront nos aînés, qui ne sont pas familiarisés avec les outils numériques et qui devront se débrouiller seuls avec des automates et des applications, quand ceux-ci fonctionnent correctement ? Qu'en sera-t-il des personnes éloignées du numérique, qui risquent tout simplement de se retrouver exclues de l'accès au service public ? Qui accompagnera les voyageurs sur les quais ? Qui les informera en cas de retard, de correspondance manquée ou de difficulté ? Et qu'en sera-t-il de la sécurité des usagers, notamment des personnes les plus vulnérables ? • N'oublions pas non plus les personnes à mobilité réduite, pour qui les déplacements sont déjà un véritable parcours du combattant. Supprimer la présence humaine dans les gares, c'est ajouter de nouvelles difficultés à celles qu'elles rencontrent déjà. C'est les isoler davantage et rendre l'accès au transport encore plus compliqué. Nous refusons cette vision d'un service public sans agents. sans proximité et sans concidération nour les usagers ! Cette décision a été prise sans véritable concertation avec les élus locaux, sans écouter les cheminots de terrain, qui connaissent pourtant parfaitement les besoins et les réalités du service, et surtout sans donner la parole aux premiers concernés : les usagers ! Volla ce que produit une politique guidée avant tout par la recherche d'économies: un recul social, une dégradation du service public et un abandon progressif de nos territoires.
A heure où le prix des carburants augmente, où les besoins de mobilité sont toujours plus importants et où les enjeux environnementaux nous imposent de développer le transport ferroviaire, est-ce vraiment le moment de démanteler les services qui permettent à chacun de prendre le train dans de bonnes conditions ? On nous parle de transition écologique, mais dans le même temps, on supprime les moyens humains qui rendent le train accessible à toutes et à tous ! Et cette logique ne s'arrête malheureusement pas aux guichets. Le désengagement de l'entreprise vis-à-vis des infrastructures du quotidien est de plus en plus visible. Il suffit de regarder l'état des quais en gare du Creusot, qui se dégradent continuellement. Cette situation illustre parfaitement une politique où la logique comptable prend le pas sur les besoins réels des voyageurs. Les usagers ne demandent pourtant pas l'impossible: ils veulent des gares entretenues, sécurisées, accessibles, des horaires adaptés à leurs besoins et surtout des cheminots présents pour les accueillir, les informer et les accompagner. Le service public ferroviaire n'est pas une marchandise ! Il ne doit pas être sacrifié sur l'autel de la rentabilité ! C'est pourquoi, aujourd'hui, nous lançons un appel à la mobilisation. Nous appelons les habitants, les associations, les élus locaux, les usagers, les cheminots à faire entendre leurs voix. Il ne s'agit pas de regarder disparaître nos services en attendant la prochaine fermeture. Il s'agit de reprendre collectivement la parole et de peser sur les décisions qui engagent notre avenir. Nous exigeons : Le maintien de l'intégralité des guichets physiques dans les gares du Creusot, de Montchanin et de Montceau-les-Mines. Le maintien et le retour d'agents en gare pour accueillir, informer et accompagner les voyageurs. Un véritable plan d'urgence pour la rénovation, l'entretien, la sécurité et l'accessibilité de nos gares et de nos quais. Pour rendre le train accessible à toutes et tous
Nous refusons que nos villes et nos campagnes soient abandonnées au nom des économies budgétaires. Nous refusons que le service public ferroviaire devienne un service au rabais. Nous refusons que les usagers soient considérés comme de simples clients et que les cheminots soient les victimes de décisions prises loin des réalités du terrain. Alors, aujourd'hui, faisons entendre notre voix ! Parce que le service public ferroviaire n'est pas une marchandise. C'est un droit, et les droits, ça se défend collectivement. POUR NOS GARES, POUR NOS EMPLOIS, POUR NOS TERRITOIRES, POUR NOTRE AVENIR : ENSEMBLE, DÉFENDONS NOTRE SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE !
Force Ouvrière
Pour l'ensemble des travailleurs, les prix des produits de première nécessité et du carburant s'envolent alors que les salaires stagnent et que le pouvoir d'achat est en berne. Le projet de budget 2027 aggrave encore la situation en s'attaquant notamment aux plus precaires et aux malades en gelant les prestations sociales et en réduisant le rôle protecteur de la sécurité sociale. Il réduit aussi les moyens de nos services publics et gèle le salaire des fonctionnaires. La plupart des services n'ont plus la capacité de remplir l'intégralité de leurs missions au service de nos concitoyens. Pour FO, nous devons défendre et représenter le service public qui participe à la cohésion sociale de la République. En outre, face aux défis climatique et technologiques qui nous attendent, la relance d'une véritable politique industrielle doit être une nécessité absolue. Par ailleurs, la mobilisation des lycéens et des étudiants est légitime, leurs revendications doivent être entendues, pour qu'ils puissent se former et construire leur avenir dans des conditions dignes. La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales.
CFDT
On veut vivre de notre travail ! Chers camarades, Chers salariés, Mesdames et Messieurs, Si nous sommes rassemblés aujourd'hui, ce n'est ni par habitude ni par plaisir de manifester. Nous sommes ici parce qu'il devient de plus en plus difficile de vivre dignement de son travail, de sa pension de retraite ou pendant ses études. Partout, les prix augmentent. L'alimentation, l'énergie, les transports, les assurances, le logement : tout coûte plus cher. Et pendant que les dépenses explosent, le pouvoir d’achat régresse. Chaque mois, des milliers de citoyens doivent faire des choix impossibles : se chauffer ou économiser, faire le plein ou repousser une facture, préparer l'avenir de leurs enfants ou boucler les fins de mois. Cette perte de pouvoir d’achat touche tous les citoyens. Pour les salariés, elle réduit chaque mois la valeur réelle du salaire et rend les dépenses essentielles plus difficiles à assumer. Pour les familles, elle oblige à réduire l’alimentation, les loisirs, les vacances et parfois même les soins. Pour les retraités, dont les revenus évoluent souvent moins vite que les dépenses contraintes, elle fragilise l’autonomie et la dignité. Pour les étudiants et les jeunes, elle complique l’accès au logement, aux transports, à une alimentation correcte et à la formation. Pour les demandeurs d’emploi, les travailleurs précaires et les familles monoparentales, elle aggrave encore l’insécurité du quotidien. Dans les territoires ruraux comme dans les villes, elle pèse sur les déplacements, l’accès aux services publics et la possibilité de se soigner. Elle entraîne du renoncement, de l’endettement, du stress et un sentiment croissant d’injustice. Lorsqu’une partie de la population ne peut plus consommer normalement, ce sont aussi les commerces de proximité, les associations et toute l’économie locale qui sont fragilisés. Cette situation n'est ni normale ni acceptable ! Le travail crée les richesses. Ce sont les salariés qui produisent, innovent, fabriquent, transportent, accueillent, soignent et font tourner l'économie de ce pays. Sans eux, rien ne fonctionne. Alors une question simple se pose : Pourquoi ceux qui créent les richesses en récupèrent-ils toujours une part plus faible ? Depuis des mois, les organisations syndicales portent des revendications claires : des augmentations générales de salaires, une meilleure reconnaissance des qualifications, une juste répartition des richesses produites. Augmenter le SMIC et le point d’indice de la fonction publique est indispensable pour redonner immédiatement du pouvoir d’achat aux salariés les moins rémunérés. Cette hausse soutient aussi la consommation et l’activité locale. Mais elle ne doit pas rester isolée : sans relèvement de l’ensemble des grilles salariales et des minima conventionnels, de plus en plus de salariés qualifiés et expérimentés se retrouvent rattrapées par le salaire minimum. Voire comme dans la fonction publique se retrouver à 40€ en dessous du SMIC ! Nous demandons donc une hausse du SMIC de 100€ Net accompagnée d’une revalorisation de toutes les grilles, ainsi qu’une réforme des exonérations pour que les entreprises ne soient plus incitées à maintenir les salariés près du minimum légal. L’argent public consacré aux allègements doit être assorti d’engagements vérifiables sur les salaires, l’emploi et la qualité du travail. Les aides doivent servir l’emploi et les salaires, pas organiser durablement la stagnation des rémunérations. Mais que constatons-nous face au patronat ? Nous trouvons des employeurs qui refusent d'entendre l'urgence sociale. Nous trouvons des directions qui expliquent qu'il n'y a pas d'argent pour les salaires, alors même que les dividendes progressent et que les profits demeurent élevés dans de nombreux secteurs. Nous faisons face à un patronat qui préfère trop souvent attendre plutôt que négocier. Cette absence d'implication est une faute. Une faute économique, parce que des salariés qui perdent du pouvoir d'achat consomment moins et fragilisent l'activité. Une faute sociale, parce qu'elle creuse les inégalités. Une faute démocratique, parce qu'elle méprise le dialogue social et les attentes légitimes du monde du travail. Nous le disons avec force : le pouvoir d'achat n'est pas une faveur. Le pouvoir d'achat est une question de justice social. Nous exigeons que les richesses produites soient mieux réparties. Nous exigeons l'ouverture de véritables négociations salariales. Nous exigeons que le travail paye enfin à sa juste valeur. Notre mobilisation d'aujourd'hui est un message adressé à tous ceux qui refusent de voir la réalité vécue par les salariés et les citoyens. Nous ne demandons pas l’impossible : simplement que chacun puisse vivre de son travail, élever sa famille dignement et se projeter dans l’avenir avec confiance. L'histoire sociale nous enseigne une chose essentielle : aucune avancée n'a jamais été obtenue par la résignation. Les congés payés, la réduction du temps de travail, la protection sociale, les conventions collectives, tous ces acquis sont le fruit de mobilisations collectives. C'est pourquoi notre présence aujourd'hui est indispensable. En étant nombreuses et nombreux, unis et déterminés, nous rappelons que les salariés ne sont pas une variable d'ajustement. Nous rappelons que derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui veulent simplement vivre dignement de leur travail. Alors restons mobilisés pour Plus de salaires, Plus de justice et Un meilleur partage des richesses. Restons solidaires. Restons déterminés. Vive la solidarité ! Vive le syndicalisme ! Et vive la mobilisation ! Merci.
CGT
Aujourd'hui, ici, au Creusot, nous sommes rassemblés pour exprimer notre colère et notre détermination ! En effet, le projet de budget du gouvemement est une nouvelle provocation. Il tourne le dos à notre jeunesse, asphyxie nos services publics et menace directement notre avenir. On nous parle de faire des économies, mais l'argent existe ! Il est dans les poches des ultra-riches et des grandes entreprises qui s'engraissent. Rien que pour les six premiers mois de l'année, le CAC 40 a versé plus de 60 milliards d'euros aux actionnaires. Pendant ce temps, les aides publiques aux entreprises dépassent les 200 milliards par an. Cela fait plus de 50 ans que des politiques de Droite gérent, dérégulent, cassent et privatisent ! Un demi-siècle de cadeaux patronaux et de mépris du monde du travail qui nous ont conduits dans les profondeurs de cette crise du capitalisme. C'est notre travail qui crée les richesses, elles doivent revenir à celles et ceux qui travaillent ! Ici, au Creusot, nous connaissons le prix des difficultés économiques. Nous voyons nos services publics de proximité menacés, alors qu'ils sont indispensables pour aménager notre territoire et répondre aux besoins des citoyens et des entreprises. Naître, se soigner et vieillir dans des établissements de santé suffisamment dotés en moyens humains et financiers, grandir et recevoir une instruction dans des établissements scolaires en nombre suffisants avec des professeurs pour chaque classe et niveaux, bénéficier de services publics de qualité et enfin vivre dignement de son salaire ou de sa pension, ce ne sont pas des variables d'ajustement, ce sont des droits fondamentaux! Ici au Creusot, l'urgence sociale et économique prend les traits de menaces directes sur l'industrie et l'emploi. Comment, par exemple, en lisant la presse locale, ne pas s'inquiéter du fleuron industriel Lamberet, placé en redressement judiciaire. Des centaines de salariés sont suspendus à des offres de reprise, plongés dans l'angoisse du lendemain. Nous exigeons le maintien de chaque emploi ! Défendre l'industrie, c'est défendre les familles qui en vivent. Ici au Creusot, nos lycéens manifestent dans les rues parce qu'on leur refuse des conditions d'études dignes et un avenir serein. Dès lors, le gouvernement doit répondre à ces urgences sociales : L'augmentation immédiate du Smic, du point d'indice et des pensions. L'indexation des salaires sur les prix pour bloquer la vie chère. De vraies augmentations, pas des primes ! Il faut augmenter le salaire brut pour avoir un salaire net nous permettant de vivre ; L'égalité salariale réelle entre les femmes et les hommes. Nos services publics ont besoin de moyens: affaiblir les services publics c'est aussi préparer leur privatisation et quand c'est privé, c'est plus cher ! Hôpitaux, écoles, transports, petite enfance... Pour des services publics accessibles et de qualité, il faut plus d'emplois, de meilleurs salaires et des investissements. Réduire les moyens, c'est dégrader les services et les conditions de travail de celles et ceux qui les font vivre. Défendre l'emploi et l'industrie: fermetures de sites, suppressions d'emplois, délocalisations, etc. alors que les entreprises bénéficient de milliards d'aides publiques, des milliers d'emplois sont supprimés. Cet recherche et la transition écologique. argent doit servir à maintenir et créer des emplois de qualité, relocaliser notre industrie et investir dans la Face à la détresse sociale, le danger est immense. Le désespoir fait le lit de l'extrême droite. Ne nous trompons pas de colère! Le fascisme n'a jamais été l'ami des travailleurs. Pour ne pas subir l'expérience fasciste, opposons-lui notre arme la plus puissante: la solidarité, le front commun du monde du travail et de la jeunesse ! Public, privé, lycéens, cheminots, ouvriers et retraités : unissons nos luttes ! Ici, au Creusot, avec nos camarades de Montceau, de Gueugnon et du Charolais, au pied de cette enclume d'acier, nous nous inscrivons dans l'Histoire. Cette sculpture n'est pas seulement un témoignage de notre passé, elle est le symbole puissant de la filiation de nos luttes. Les ouvriers d'hier ont brisé leurs chaines par la grève et la solidarité; nous, les travailleurs d'aujourd'hui, nous reprenons le flambeau sur cette même place pour forger l'avenir de nos enfants et assurer celui de nos ainés. Notre colère vient de loin, et notre détermination est aussi solide que cet acier !