
Nous poursuivons notre série des questions de creusot-infos aux candidats. Aujourd'hui, il est question des mobilités douces, des transports urbains, mais aussi de la place de Christian Bobin en ville...

Comme
pour les précédentes élections municipales, creusot-infos a décidé de
soumettre des questions aux candidats déclarés qui se sont manifestés auprès de notre média, au Creusot. Chaque
candidat a été invité à nous adresser des réponses écrites, dans la
limite moyenne de 1500 signes pour chaque question.
Voici donc les réponses reçues à trois nouvelles questions. D'autres vont suivre, sur d'autres sujets.
A.B.
16 - Que souhaitez-vous mettre en oeuvre pour faciliter et encourager les mobilités douces dans la ville ?
David Marti : «Au Creusot, les mobilités du quotidien sont très concrètes : aller à l’école, au travail, aux commerces, aux équipements sportifs ou culturels, souvent sur de courtes distances, mais dans une ville au relief marqué et aux quartiers contrastés. Notre priorité est donc d’avancer avec les habitants, à partir de leurs usages réels et de leurs contraintes du quotidien.
Nous avons déjà engagé ce travail ces dernières années, avec des aménagements progressifs pour améliorer les déplacements à pied et à vélo, notamment autour des équipements publics, des écoles et des lieux de vie. Cette démarche se poursuit et s’amplifie.
Nous souhaitons :
• Travailler avec les habitants, quartier par quartier, pour identifier les trajets les plus utilisés et les points de difficulté : liaisons entre quartiers, accès aux écoles, aux services publics, aux commerces, aux zones d’emploi ou de loisirs.
• Améliorer progressivement les cheminements piétons et cyclables là où ils sont réellement utiles, en tenant compte de la sécurité, du partage de l’espace avec la voiture et des spécificités du Creusot, notamment son relief.
• Poursuivre le développement d’équipements simples et pratiques, comme les abris vélos sécurisés ou les aides au vélo à assistance électrique, déjà mises en place et appelées à évoluer selon les besoins exprimés.
• Continuer à apaiser la circulation, en particulier autour des écoles, des équipements sportifs et des lieux de vie, afin de permettre à chacun – enfants, parents, seniors – de se déplacer plus sereinement.
L’objectif est clair : faciliter les petits déplacements du quotidien et améliorer le cadre de vie, sans contraindre ni opposer les modes de déplacement, en laissant à chacun le choix de ce qui lui convient le mieux».
Didier Laubérat : «L’équipe sortante, comme cela peut être observé dans de nombreux secteurs, met en avant ses réalisations en matière d’aménagement cyclable. Cependant, la ville du Creusot dispose actuellement de peu de pistes cyclables au sens strict. Seules des bandes cyclables matérialisées par de la signalisation au sol existent, sans réelle continuité entre elles, comme le montre aisément le plan édité par la municipalité. De plus, ces marquages ont une durabilité limitée et peuvent présenter un risque pour la sécurité lorsqu’ils se détériorent, nécessitant des travaux d’entretien réguliers, ce qui engendre des coûts de fonctionnement non négligeables.
En raison de sa configuration urbaine, Le Creusot bénéficie de rues et de boulevards larges accompagnés de trottoirs spacieux mais faiblement fréquentés. Malgré cela, les récentes opérations de voirie n’ont pas intégré la question des mobilités douces.
Notre programme propose l’intégration systématique des mobilités douces dans toute opération de rénovation de voirie, avec la mise en place de véritables pistes cyclables physiquement séparées de la circulation automobile. Ce type d’aménagement vise à offrir une sécurité optimale aux usagers afin d’encourager leur utilisation. La conception de ces infrastructures se fera en partenariat avec les associations spécialisées. (Creusot cycliste, Mines de rayons…) Cette démarche d'écoute, de respect d'avis divergents, nous permettra nous le pensons sincèrement d'éviter les décisions dogmatiques telles que la suppression des stops ou l'aménagement de la rue du docteur Rebillard
Une attention particulière sera donnée à la création d’une liaison sécurisée entre l’université, l’IUT et le cœur de ville. Une remise en état de l'ensemble de la voirie est également nécessaire pour faciliter et sécuriser la circulation des vélos et trottinettes».
Charles Landre : «Notre objectif est simple et fondamental : que chaque Creusotin puisse se déplacer facilement dans sa ville. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. L'état des voiries comme des trottoirs ne répond pas à cet objectif, et les aménagements cyclables réalisés ces dernières années ont trop souvent relevé de l'affichage plutôt que de l'utilité réelle.
Le Creusot a cumulé les mauvaises pratiques : des pistes cyclables dangereuses, à largeur variable comme rue du Pas de Cible ou route de Montcenis, un marquage au sol incohérent (les vélos dessinés au milieu de la route à la Croix Menée en sont l'exemple parfait) et, pire, le choix de goudronner une partie du parc de la Verrerie pour y tracer une piste cyclable. Nous refusons d'opposer mobilité douce et préservation de nos espaces naturels.
Notre premier engagement ira à un vrai plan vélo, intégralement en voies séparées, pensé à partir du relief naturel du Creusot. Le tracé prioritaire suivra la ligne de chemin de fer : des Riaux jusqu'à Chanliau, puis Chanliau–Pilon, et Pilon–Stade Jean Garnier, pour permettre de faire le tour de la ville en sécurité. La suite du réseau se déploiera selon le même principe : aucune piste cyclable ne sera créée en voie mixte ou par simple marquage au sol. Voies séparées, sans exception.
Notre deuxième engagement : dès la première année de mandat, un grand plan de réfection des trottoirs, avec un état des lieux rue par rue. Trop de Creusotins en fauteuil roulant, avec une poussette ou des difficultés à marcher ne peuvent tout simplement pas circuler dans leur propre ville. C'est inacceptable. L'accessibilité universelle sera un critère non négociable dans chaque chantier de voirie à venir.
Nous ferons donc en sorte que chaque Creusotin, à pied ou en vélo puisse se déplacer sereinement. Cela implique évidemment une politique de sécurité routière enfin à la hauteur, que nous mettrons en oeuvre dès le début du mandat».
17 - Quels sont vos objectifs pour les transports urbains qui sont de la compétence de la Communauté Urbaine ? Quelles améliorations ou quels changements ?
David Marti : «À l’échelle de la Communauté Urbaine, notre objectif est d’avoir des transports plus proches des besoins réels des habitants du Creusot et des communes environnantes. Un travail a déjà été engagé, notamment par le dialogue avec les usagers et les communes, et nous souhaitons le poursuivre et l’amplifier.
Nous avons fait le choix de ne pas figer le réseau, mais de l’adapter progressivement aux évolutions des usages, des rythmes de vie et des attentes des habitants.
Concrètement, cela passe par :
• Une écoute renforcée des usagers, pour mieux comprendre les difficultés rencontrées au quotidien : horaires inadaptés, correspondances compliquées, accès à certains quartiers, déplacements vers les zones d’emploi, les établissements scolaires ou les services de santé.
• La poursuite des ajustements progressifs des lignes et des horaires, lorsque c’est nécessaire et possible, en lien étroit avec les communes concernées et les habitants.
• Le développement et la structuration de solutions complémentaires aux transports classiques, comme le covoiturage du quotidien, avec des dispositifs simples, lisibles et adaptés au territoire.
• Un engagement progressif vers une flotte de véhicules plus propres, notamment électriques, afin de réduire l’empreinte environnementale des transports urbains tout en améliorant le confort pour les usagers.
• Une attention particulière portée aux publics les plus dépendants des transports : les jeunes, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite ou celles qui n’ont pas d’alternative à la voiture.
Notre méthode est celle du pragmatisme : poursuivre ce qui fonctionne, tester, évaluer et ajuster, toujours en concertation avec les habitants, pour améliorer concrètement le service rendu».
Didier Laubérat : «Compte tenu de la faible densité urbaine, il est difficile d’assurer une offre de transport efficace au sein de la CUCM. Nous envisageons donc la mise en place d’une navette circulant en continu et reliant les principaux quartiers du Creusot. Ce dispositif, déjà présent dans de nombreuses villes et apprécié notamment par les personnes âgées, desservirait les administrations ainsi que les commerces. Ce projet sera présenté aux associations de seniors et de commerçants, et fera l’objet d’une concertation lors de réunions organisées dans les différents quartiers ainsi que dans les établissements d’accueil pour personnes âgées.
Une étude portera également sur la mise en place d’un service de covoiturage urbain destiné aux personnes âgées.
La ville de Bressuire (Deux-Sèvres), dont la population est équivalente à celle du Creusot, ainsi que d’autres collectivités en Bourgogne Franche-Comté, disposent d’une expérience avérée et d’une expertise reconnue en matière de mobilité, dont la municipalité sortante aurait pu s’inspirer.
La liaison avec la gare TGV qui ne donne pas entière satisfaction doit être améliorée mais la priorité sera de créer une véritable gare routière à la gare TGV, actuellement l’attente s'effectue sans aucune protection quelle que soit les aléas climatiques».
Charles Landre : «Le constat est sans appel, et les Creusotins nous l'ont d'ailleurs dit clairement lors de notre porte-à-porte : les transports en commun ne servent aujourd'hui ni ceux qui travaillent, ni les jeunes qui veulent se déplacer de façon autonome, ni les personnes âgées. Sur ce dernier point, soyons directs : des transports inadaptés, ce sont des personnes âgées isolées, coupées de leur ville, de leurs commerces, de leurs proches. C'est une réalité que nous ne pouvons pas accepter.
Le réseau actuel suit un tracé incompréhensible. Il est aujourd'hui impossible de traverser Le Creusot d'ouest en est sans changer de bus. Les zones d'activités économiques sont déconnectées du centre-ville, rendant l'accès au travail sans voiture une véritable épreuve pour ceux qui n'en ont pas les moyens.
Nous proposons un big bang des transports urbains, porté dès le début du mandat au sein de la CUCM. Des lignes simples et lisibles, qui relient les quartiers, les zones d'activités économiques et le centre-ville. Des liaisons est-ouest directes, sans rupture de charge. Une liaison directe et fiable entre Le Creusot et Montceau-les-Mines. Une navette TGV repensée sur les horaires réels des trains.
Enfin, une navette de centre-ville, petite, fréquente reliant la Croix Menée, les Quatre Chemins, la Molette, la place Bozu, les rues Leclerc et Foch. Que chaque Creusotin puisse se déplacer facilement, à toute heure. Ce sera aussi une façon de redonner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent et qui pourront aller au travail en transport en commun et de soutenir les commerces par cette navette les rendant accessibles par bien davantage de monde».
18 - L’oeuvre de Christian Bobin rayonne au-delà des frontières. Souhaitez-vous, comme cela a été fait à l’Écrin, mettre de ses citations dans les bâtiments publics, y compris dans les écoles ?
David Marti : «Christian Bobin fait pleinement partie de l’histoire et de l’identité du Creusot. Son œuvre est profondément liée à la ville, qu’il décrivait comme « la plus belle ville du monde ».
Nous avons d’ailleurs déjà engagé cette démarche. Des citations sont présentes dans des bâtiments publics emblématiques, comme les accueils de la nouvelle écolo-crèche et de la médiathèque qui porte son nom, en hommage à l’immense écrivain qu’il était.
Nous l’avons également fait vivre dans l’espace public avec le parcours poétique « Sur les pas de Christian Bobin ». Ce parcours pédestre permet de découvrir des lieux du Creusot qui ont marqué sa vie et son œuvre, à travers des citations à lire ou à écouter, intégrées à des installations artistiques. C’est une manière originale, accessible et ludique de découvrir son écriture tout en parcourant la ville.
Christian Bobin fait partie du Creusot, et son œuvre doit continuer à être partagée et valorisée. Dans le cadre du projet de réaménagement intérieur de la médiathèque, que nous souhaitons rendre encore plus chaleureuse, un espace dédié à ses livres sera créé. La médiathèque est un service public majeur, fréquenté chaque année par des milliers de Creusotins, et nous voulons continuer à lui donner tous les moyens, notamment pour favoriser l’accès à la lecture.
Pour aller plus loin, notamment en milieu scolaire, des projets pourront être imaginés autour de la littérature de Christian Bobin, en lien étroit avec les équipes éducatives et les acteurs culturels.
Enfin, cette démarche pourra se poursuivre avec la participation des habitants, en les associant au choix des lieux, des formes ou des projets autour de l’œuvre de Christian Bobin. L’objectif est que chacun puisse se reconnaître dans cette présence culturelle partagée, vivante et fidèle à l’esprit de l’écrivain comme à celui du Creusot».
Didier Laubérat : «Il est tout à fait envisageable d'afficher des citations de Christian Bobin dans différents bâtiments municipaux. Cependant, nous estimons que ce type de décision ne devrait pas relever d’un programme municipal centralisé. Notre approche, qui s’applique à l’ensemble de nos propositions, vise à rompre avec les pratiques de décisions imposées et à privilégier une démarche décentralisée.
Nous souhaitons mettre fin aux actions systématiquement inaugurales accompagnées de mises en scène, afin de favoriser une participation authentique.
Pour ce qui concerne les écoles, de telles initiatives devraient être discutées avec les enseignants ainsi qu'avec les parents d’élèves. Si Christian Bobin est le plus connu, d’autres artistes locaux comme Pierre Leygonie, Raymond Rochette ou Claude Pallot pourraient également être retenus.
En encourageant ces démarches concertées, nous permettrons à nos enfants de mieux s’approprier notre histoire, nos racines et de développer leur attachement à la ville du Creusot».
Charles Landre : «Christian Bobin est un auteur immense et une fierté pour Le Creusot, reconnue bien au-delà de nos frontières. Mais rendre hommage à son œuvre ne peut pas se limiter à quelques citations apposées sur des murs, aussi belles soient-elles. Ce que nous voulons, c'est faire vivre cette œuvre, la faire entrer dans la vie des Creusotins, à commencer par les plus jeunes.
Nous travaillerons avec l'Éducation nationale pour que les écoliers, collégiens et lycéens du Creusot redécouvrent Bobin : lectures en classe, ateliers d'écriture inspirés de son univers, rencontres avec des auteurs ou des comédiens qui portent ses textes. Nous y mettrons les moyens. Un enfant qui grandit au Creusot doit savoir qu'un auteur local a écrit des choses qui touchent des lecteurs du monde entier et qui, pour certaines, racontent une partie de l'identité Creusotine.
Dans notre programmation festivalière, nous inciterons des artistes (comédiens, musiciens, plasticiens, illustrateurs) à produire des œuvres originales inspirées de Bobin. L'objectif est de faire rayonner son univers au-delà du cercle de ses lecteurs, de toucher ceux qui ne l'ont pas encore lu, par d'autres formes, d'autres sensibilités.
Enfin, notre galerie municipale, au cœur de la ville, deviendra le lieu de référence du patrimoine creusotín dans toute sa richesse : Bobin bien sûr, mais aussi Leygonie, Rochette, et tous ceux qui ont fait rayonner notre ville par leur talent. Le Creusot a une identité culturelle forte. Il est temps qu'elle soit visible, célébrée, et accessible à tous. C'est le sens de cette galerie municipale et de notre ambition culturelle pour la ville».