
Nous poursuivons notre série des questions de creusot-infos aux candidats. Aujourd'hui, il est question des pistes pour améliorer le pouvoir d'achat... Mais aussi du coût du traitement des ordures ménagères et de la politique de l'eau.

Comme
pour les précédentes élections municipales, creusot-infos a décidé de
soumettre des questions aux candidats déclarés, au Creusot. Chaque
candidat a été invité à nous adresser des réponses écrites, dans la
limite moyenne de 1500 signes pour chaque question.
Voici donc les réponses reçues à trois nouvelles questions. D'autres vont suivre, sur d'autres sujets.
A.B.
NDLR : Les réponses de Johnny Désiré le candidat du Rassemblement National ne nous sont pas parvenues.13 - Souhaitez-vous mettre en place des actions, pour soutenir le pouvoir d’achat des Creusotines et des Creusotins. La commune peut-elle et doit-elle jouer ce rôle ?
David Marti : «Quand la vie devient plus chère, une ville bien gérée doit savoir protéger l’équilibre des foyers et accompagner ses habitants.
Aujourd’hui, beaucoup de Creusotines et de Creusotins font attention à leur budget. Les dépenses du quotidien – énergie, logement, assurances, alimentation – prennent une place plus importante, et lorsque l’équilibre est juste, un imprévu peut rapidement bousculer l’organisation d’un foyer.
Une commune ne fixe pas les revenus, mais elle peut et elle doit agir là où elle est utile : en sécurisant les dépenses essentielles et en apportant des solutions collectives.
Au Creusot, nous avons déjà fait ce choix. Nous avons maîtrisé les tarifs municipaux, développé des services accessibles à tous et mis en place une mutuelle communale. Et nous voulons aller encore plus loin en proposant un contrat communal d’énergie, un groupement d’achats pour réduire certains coûts, et une assurance habitation et responsabilité civile communale, afin que chacun puisse être protégé sereinement, sans déséquilibrer son budget.
Cette démarche repose sur une idée simple : anticiper pour préserver l’équilibre des foyers, accompagner les parcours de vie et permettre à chacun d’avancer avec plus de tranquillité.
Soutenir le pouvoir d’achat, c’est agir concrètement au quotidien et éviter qu’un événement imprévu ne vienne tout remettre en question.
Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres».
Didier Laubérat : «Oui, la ville peut et doit agir pour soutenir le pouvoir d’achat des Creusotines et des Creusotins, dans le cadre de ses compétences et avec une gestion responsable. Notre priorité est de limiter la charge des impôts locaux pour chaque foyer. Nous voulons faciliter l’installation au Creusot des personnes qui y travaillent : plus nous accueillerons d’actifs et donc de contribuables, plus l’imposition sera répartie sur un nombre important de foyers. Une baisse progressive des taux d’imposition constitue ainsi un objectif de notre programme.
Nous tenons également à préserver la justice sociale qui existe à travers les tarifs municipaux fondés sur les quotients familiaux. Ce système garantit que chacun contribue selon ses moyens. Il devra être maintenu et amélioré. Une attention particulière sera portée aux classes moyennes, qui ne bénéficient pas toujours des dispositifs d’aide existants. Des ajustements devront être étudiés pour mieux prendre en compte leur situation, notamment sur les tarifs municipaux. La restauration scolaire devra aussi faire l’objet d’une modération tarifaire, en associant étroitement les parents d’élèves aux réflexions.
Notre projet accorde une place essentielle aux activités sportives et culturelles, dont le coût peut peser lourdement sur les familles. Nous proposerons des aides pour l’achat de licences sportives et pour l’accès des jeunes aux activités culturelles. Rappelons-le : rien n’est gratuit. Le service public est financé collectivement. Notre responsabilité est d’en garantir l’équilibre, tout en protégeant au mieux le pouvoir d’achat des habitants».
Charles Landre : «Comme tous les Creusotins, je vois la hausse du coût de la vie, la difficulté à vivre correctement de son travail ou de sa retraite. Je mesure ce que signifie, dans ce contexte, avoir des élus qui choisissent d'augmenter les taxes au lieu de bien gérer l'argent public.
Au cours de ce mandat : la Cotisation Foncière des Entreprises a frappé artisans, commerçants et indépendants (ceux qui prennent le risque de créer) dont les cotisations sont passées de 300-400 euros à parfois plus de 1 200 euros. David Marti a trouvé ça tout à fait normal. La taxe foncière a été augmentée deux fois (villee t CUCM), la taxe sur les locaux vacants créée, la Taxe Sur les Surfaces Commerciales majorée de 30 %, le tarif de l'eau en hausse de 30 % sur le mandat. J'ai voté contre chacune de ces décisions. Je suis le seul candidat dans ce cas.
Et pendant ce temps, David Marti se faisait voter 20 000 euros de frais de représentation annuels, en plus de ses indemnités de maire et de président de la CUCM. Là aussi, j'ai été le seul élu de la Communauté Urbaine à voter contre. Quand les habitants subissent les hausses, les élus se votent des avantages supplémentaires. C'est l'image de ce mandat.
C'est pour montrer qu'il est temps de faire des efforts que j'ai annoncé que je renoncerai à l'indemnité de maire.
Rendre du pouvoir d'achat aux Creusotins est une de mes priorités. Dès le premier budget, je baisserai de 2 % la Taxe Foncière et j'engagerai une trajectoire de baisse continue sur les prochaines années face à une fiscalité confiscatoire. Nous réaliserons un audit complet des tarifs des services municipaux pour qu'ils soient les plus justes possible pour les familles. Et je chercher des services publics plus efficaces à coût égal, notamment un big bang des transports en commun avec une navette de centre-ville et des lignes vraiment pertinentes mais aussi la création d'une cuisine centrale municipale pour des repas accessibles aux scolaires et aux seniors à un coût modéré pour les familles.
Dans tous ces domaines, je suis guidé par le même objectif, que l'argent public soit dépensé pour le service public et que le montant de l'impôt soit plus juste et donc plus faible.
14 - Le traitement des ordures ménagères se voit imposer de nouvelles normes qui impactent les taxes pour les consommateurs. Quelle politique souhaitez-vous pour le quotidien des habitants ?
David Marti : «Le traitement des déchets change, les normes évoluent, et cela peut peser sur les coûts. Notre responsabilité, c’est de protéger le pouvoir d’achat des habitants tout en préparant l’avenir.
Depuis six ans, nous avons fait des choix forts au niveau de la CUCM :
Maîtriser les coûts en travaillant ensemble
Nous avons décidé de coopérer avec les autres territoires du département pour traiter les déchets au meilleur coût.
Résultat : un centre de tri de dernière génération, 25 millions d’euros d’investissement, 40 emplois locaux, et une capacité de tri qui place notre territoire parmi les plus performants.
Réduire les déchets pour réduire la facture
Moins de déchets, c’est moins de coûts.
Grâce à l’accompagnement des habitants, le coût des déchets pour la CUCM est passé de 16,9 M€ en 2019 à 14,8 M€ en 2024, malgré l’inflation et l’augmentation des taxes nationales.
Cette gestion rigoureuse a permis de ne pas augmenter la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pendant tout le mandat.
Faciliter la vie quotidienne
Nous avons lancé les armoires connectées pour les biodéchets, avec des biosceaux propres et désinfectés à chaque utilisation.
C’est simple, propre, moderne, et cela évite les mauvaises odeurs à la maison.
Et pour les années à venir, nous irons plus loin :
poursuivre le déploiement des armoires connectées et les composteurs au plus près des habitants
accompagner chacun pour réduire ses déchets, car le déchet le moins cher est celui qu’on ne produit pas
garantir la stabilité du financement du service
moderniser la déchetterie de Torcy, utilisée par les Creusotins
Notre ligne est claire : un service moderne, efficace, et qui protège le portefeuille des habitants».
Didier Laubérat : «Le budget de l’État 2026 prévoit une hausse de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes. Cette décision nationale aura un impact direct jusqu’en 2030 sur la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères, avec une évolution estimée à +10 % par an. Nous souhaitons limiter au maximum cette augmentation qui s’impose aux collectivités comme aux habitants.
Notre priorité sera claire : contenir la hausse de cette taxe et protéger le pouvoir d’achat. Cela suppose une gestion rigoureuse et transparente. En 2025, 14 armoires connectées ont été installées sur le territoire de la Communauté Urbaine pour un investissement d’un million d’euros. Nous n’avons pas eu connaissance du coût annuel de fonctionnement. Si ces dispositifs permettent de valoriser une partie des restes alimentaires, toute innovation doit être évaluée sérieusement. Nous ne sommes pas hostiles aux expérimentations, mais les élus doivent arbitrer entre opérations de communication et gestion respectueuse de l’argent public.
Nous nous engageons à rompre avec toute gestion désinvolte et à faire de la maîtrise des coûts une priorité. Le service de ramassage doit rester public. Quant au traitement des déchets, leur envoi vers des sites éloignés du Creusot ne nous paraît pas écologiquement cohérent. Ce sujet exige l’adhésion des citoyens. Nous apporterons une information claire, objective et régulière pour associer chacun aux choix qui engagent notre quotidien et nos finances».
Charles Landre : «Les nouvelles normes européennes alourdissent la Taxe Générale sur les Activités Polluantes — ce qui renchérit directement la facture des ménages. Cette taxe ne va faire qu'augmenter dans les années à venir. La seule réponse sérieuse : réduire les déchets à la source, et valoriser énergétiquement ceux qu'on ne peut éviter.
Je le dis en Conseil de la Communauté Urbaine depuis plus de dix ans : il faut brûler nos déchets pour produire de l'énergie. L'incinération avec récupération d'énergie produit de l'électricité et de la chaleur réinjectables localement. Surtout, elle rejette bien moins de CO₂ par tonne que l'enfouissement, lequel génère du méthane (vingt fois plus nocif pour le climat). Les débouchés ne manquent pas : alimenter le réseau de chaleur de Montceau-les-Mines, produire de l'électricité, ou même de l'hydrogène. Presque toute la Bourgogne a fait ce choix. Sauf nous, le Grand Chalon, pas le Grand Autunois Morvan.
Résultat : nous expédions des camions jusqu'à Chagny pour alimenter en déchets verts la biomasse d'un syndicat voisin, notre centre de tri dépend artificiellement des déchets du Grand Chalon pour fonctionner, et nous enfouissons encore plus de 30 % de nos ordures. C'est coûteux, polluant, et indéfendable.
Nos élus s'arc-boutent sur un modèle maintenu sous perfusion, par idéologie, ignorant depuis dix ans une proposition pourtant évidente. Il faut désormais trancher : brûler nos déchets, produire notre propre énergie. Ainsi nous allons réduire notre empreinte carbone et alléger la facture des habitants. Dans notre monde où l'énergie se raréfie ce serait manquer de vision que de ne pas le faire. Nous avons déjà 10 ans de retard. Je m'y engagerai totalement.
15 - Le service de l’eau doit-il évoluer et comment ?
David Marti : «L’eau est un bien vital. Notre priorité, c’est de garantir une eau de qualité, en quantité suffisante, pour les habitants comme pour les entreprises.
La gestion de l’eau est intercommunale (CUCM), et nous avons fait un choix simple :
garder la maîtrise publique des décisions grâce au mode de gestion choisi, avec un prestataire contrôlé de près pour garantir un service fiable.
Sécuriser l’approvisionnement face aux sécheresses
Les épisodes de sécheresse se multiplient. Nous avons donc investi pour préparer l’avenir :
- renforcement des réserves et des barrages
- modernisation des réseaux
- soutien à l’accès à l’eau pour les agriculteurs
Ces investissements sont essentiels pour que notre territoire reste autonome et résilient.
Protéger les ménages les plus fragiles
Nous avons créé une allocation eau pour aider les foyers modestes à payer leur facture.
C’est un choix de solidarité, et nous le maintiendrons.
Pour le prochain mandat, nous poursuivrons dans la même direction :
- maintenir l’allocation eau
- continuer les investissements pour garantir l’autosuffisance du territoire
- assurer un service fiable, durable et maîtrisé
Notre engagement est simple : une eau accessible, sécurisée et gérée avec sérieux».
Didier Laubérat : «Le service de l’eau relève de la Communauté Urbaine, compétente pour la distribution de l’eau potable et l’assainissement. Fin 2025, le conseil communautaire a adopté le renouvellement des contrats d’exploitation arrivant à échéance au 31 décembre 2025. Ces contrats ont été conclus avec Veolia pour une nouvelle période de neuf ans. Cet engagement limite, de fait, les possibilités d’évolution immédiate du service.
Nous savons que les relations entre une collectivité et un grand délégataire peuvent être déséquilibrées, la taille de l’entreprise lui donnant souvent un avantage. Dans ce contexte, notre priorité sera d’exercer un contrôle exigeant et constant sur l’exécution du contrat.
Nous pouvons nous appuyer sur les équipes compétentes de la CUCM pour assurer ce suivi. Deux points devront être particulièrement surveillés : le prix de l’eau payé par les usagers et le niveau réel des investissements réalisés sur les réseaux. La qualité du service, la transparence des coûts et la modernisation des infrastructures doivent être au cœur de l’évaluation.
À moyen terme, toutes les options devront pouvoir être étudiées sereinement à l’approche de la fin du contrat. L’eau est un bien essentiel : sa gestion doit être maîtrisée, équilibrée et toujours guidée par l’intérêt des habitants».
Charles Landre : «Une délégation de service public confiée à Véolia, reconduite sans audit, sans mise en concurrence, sans même poser la question d'une alternative. Nous sommes dans une situation de monopole de fait qui ne nous fait bénéficier d'aucun des bienfaits supposés de la concurrence et nous en fait supporter la charge principale, la marge de l'entreprise privée qui gère l'eau. Nous n'étions que six élus à voter contre et à exiger une comparaison sérieuse entre Délégation de Service Public et régie publique. Aucun autre candidat à cette élection n'a pris cette position.
Le réseau se dégrade en silence. Le taux de renouvellement du linéaire est de 0,47 % par an chez nous — contre 0,64 % en moyenne nationale, déjà insuffisant. Les experts s'accordent : il faudrait atteindre 1,25 % par an pour garantir la tenue des canalisations dans la durée. Nous sommes à moins de la moitié de ce seuil et il faut aujourd'hui 212 ans pour espérer renouveller le réseau. Ce sous-entretien structurel génèrera nécessaire des fuites et des surcoûts qui retombent inévitablement sur les usagers.
J'ai pourtant alerté durant des années sur les retards de travaux. A force de ne pas réagir la majorité communautaire a augmenté de 30 % le tarif de l'eau sur ce mandat. Une hausse votée par les autres candidats présents à cette élection, et que j'ai combattue seul. Ce n'est pas une politique de l'eau, c'est une politique d'abandon de la ressources.
Je considère que l'eau est un bien commun. J'ai toujours défendu la régie publique, où a collectivité maîtrise les travaux, les priorités d'entretien, le tarif et rend des comptes directement aux habitants, sans intermédiaire privé.
Je propose d'engager rapidement une étude comparative rigoureuse et d'en soumettre les conclusions publiques à la population. Les Creusotins ont le droit de décider comment leur eau est gérée et ce droit, on le leur a confisqué depuis trop longtemps».