
Eclairage public... Température dans les salles de sport... Economies d'énergie... David Marti, Didier Laubérat, Charles Landre et Johny Désiré répondent aux questions de creusot-infos.

Comme pour les précédentes élections municipales, creusot-infos a décidé de soumettre des questions aux candidats déclarés, au Creusot. Chaque candidat a été invité à nous adresser des réponses écrites, dans la limite moyenne de 1500 signes pour chaque question.
Voici donc les premières réponses reçues. D'autres vont suivre, sur d'autres sujets.
A.B.
7 - La crise de l’énergie avait conduit une majorité de communes en France à couper l’éclairage public la nuit. C’est toujours le cas dans nombre d’entre elles. Mais des communes ont rompu avec les coupures de nuit, au nom de la sécurité. Quelle est votre doctrine en la matière ?
David Marti : «Notre ligne directrice consiste à être cohérents, responsables et à l’écoute des habitants.
Si nous manquions tous de données et de recul sur le sujet de l’insécurité liée à l’éclairage public, Maire info vient de publier la synthèse d’une analyse très intéressante qui démontre que si le sujet est complexe, il n’y a pas de hausse significative de la criminalité liée à l’extinction de l’éclairage public, cela dépend aussi des secteurs, les effets étant différents selon les zones.
En ce qui concerne Le Creusot, l’extinction de l’éclairage public intervient sur certains créneaux de « nuit profonde », de minuit à 5h du dimanche au mercredi et de 3h à 5h du jeudi au samedi afin de tenir compte des rythmes de vie des habitants. Cela a permis une économie en année pleine de 130 000€, (soit près d’1% d’impôts fonciers). Ce qui n’est pas anodin dans le cadre d’une bonne gestion du budget de fonctionnement municipal. Au cours de mes nombreuses rencontres, j’ai été interrogé sur ce sujet, notamment par des personnes qui ont un travail posté et se déplacent à pieds ou à vélo. En fonction de l’évolution des coûts de l’énergie, c’est une organisation qui peut donc être amenée à évoluer.
En terme de sécurité et notamment pour les femmes, je pense qu’il faut être vigilant à la qualité de l’éclairage public quel que soit l’horaire. Les nouveaux aménagements de l’espace public doivent prendre cet élément en compte afin de définir des cheminements sécurisés pour tous. Plus globalement, je souhaite travailler avec les habitantes et les habitants afin de relever les secteurs à améliorer et réaliser les investissements nécessaires».
Charles Landre : «Nous ne pouvons pas opposer économie d'énergie et sécurité. Cette logique ne peut pas s'appliquer aveuglément, surtout au Creusot où l'on connaît des problèmes récurrents de délinquance et de trafics la nuit.
La sécurité des Creusotins prime sur tout. Nous maintiendrons l'éclairage dans les axes piétons, les abords des lieux fréquentés et les axes passants.
C'est une responsabilité fondamentale, d'autant plus que la ville ne dispose toujours pas de Centre de Supervision Urbain digne de ce nom et ne compte que quelques caméras au Tennis et à la Molette. Dans ce contexte, éteindre les lumières systématiquement constitue une faute grave.
Ce choix, couper l'éclairage dont le coût a explosé, est aussi la conséquence de travaux d'adaptation du réseau très en retard.
Il y a une autre réalité que les Creusotins subissent sans que personne ne s'en préoccupe vraiment : les pannes et coupures régulières du réseau dans de nombreux quartiers. Ce ne sont pas des décisions assumées mais le résultat d'un réseau vieillissant et mal entretenu.
Dès le début du mandat, nous ferons un état des lieux complet que nous rendrons public, et nous remettrons le réseau en état selon un calendrier priorisé.
Les économies nécessaires, nous les construirons en parallèle : modulation de puissance selon les périodes de fréquentation ou les saisons, détection de présence intégrée aux LEDs, peinture bioluminescente sur les pistes cyclables, des innovations qui réduisent aussi la pollution lumineuse. En la matière il faut anticiper et innover, ce qui n'a pas été fait par l'équipe en place.
Lumière et sécurité ne sont pas incompatibles. Encore faut-il en avoir la volonté».
Didier Laubérat : «Ce sujet a fait l’objet de discussions importantes au cours de la construction de notre programme. Deux principes guideront notre action : la transparence de l'information et le pragmatisme. En 2023, le choix a été fait de couper l'éclairage public une partie de la nuit. Les services municipaux ont estimé l'économie réalisée à 130 000€, ce qui est loin d'être négligeable, sans compter les bienfaits écologiques liés à la réduction de la consommation d'énergie. Toutefois, force est de constater qu'aujourd'hui, nombre de Creusotins émettent des réserves : dégradations, vols ou incendies de voitures, vitres brisées, rétroviseurs arrachés, poubelles incendiées, impact sur la faune...
La question légitime qui se pose est la suivante : ces actes se sont-ils accrus depuis la mise en place des coupures nocturnes ? Dès notre élection, nous demanderons aux forces de sécurité et aux autorités compétentes de nous fournir les chiffres précis de cette délinquance pour les 24 mois qui ont précédé l'application de cette décision et pour les 24 mois qui ont suivi. Nous nous engageons à ne faire aucune rétention d'information : ces données seront rendues publiques. Le principe général de notre gestion, y compris dans ce domaine sensible de la sécurité, sera la transparence totale.
Au-delà des aspects de sécurité, nous tiendrons également compte d'autres éléments essentiels tels que la sécurité routière, qui concerne aussi bien les automobilistes, les cyclistes ou les utilisateurs de trottinettes. C'est sur la base de ces données objectives et en concertation que nous prendrons notre décision. Notre méthode permettra de concilier les impératifs économiques et écologiques avec les préoccupations légitimes de sécurité des Creusotins».
Johnny Désiré : «La coupure de l’éclairage public ne doit pas devenir une solution permanente. Si elle a pu être mise en place dans un contexte exceptionnel de crise énergétique, elle pose aujourd’hui de réelles questions en matière de sécurité et de qualité de vie.
Le Creusot est une ville ouvrière, avec de nombreux habitants travaillant en horaires décalés, de nuit ou tôt le matin. Pouvoir se déplacer et se rendre au travail dans des rues éclairées est essentiel pour le sentiment de sécurité et la tranquillité des habitants.
L’éclairage public joue un rôle dissuasif et participe directement à la sécurité. L’objectif doit être de garantir un niveau d’éclairage suffisant tout en réduisant les consommations grâce à la modernisation des installations, notamment avec des technologies LED et des systèmes de pilotage intelligents permettant d’adapter l’intensité selon les besoins.
La priorité doit être claire : assurer la sécurité des habitants tout en poursuivant une gestion responsable et optimisée de l’énergie».
8 - Les salles de sport sont souvent mal isolées et/ou difficiles à chauffer. Considérez-vous qu’il faut avoir une température minimale pour les sports en salle à Jean Macé, à la salle Jean de Prat, au COSEC de la Croix Menée et à la Halle des Sports. Le week-end pour les rencontres officielles ? Ou bien également les jours d’entrainement ?
David Marti : «Là aussi, il s’agit de travailler au plus près des besoins des pratiquants qui ne sont pas les mêmes en fonction de la discipline sportive pratiquée. De façon générale une température moyenne de 16°C (sauf pour la gymnastique : 18°C) est programmée dans nos salles sportives en semaine et la journée afin d’allier le confort des pratiquants et la maîtrise des coûts énergétiques. Il faut également avoir à l’esprit que contrairement à ce que l’on pourrait croire ces salles sont en fait peu utilisées en termes d’horaires sur une semaine notamment en journées et un chauffage en continu même dans des salles très isolées est fort couteux. C’est pourquoi nous privilégions un système de chauffage « radiant » (=idem énergie solaire) qui permet d’obtenir une chaleur immédiate en lien avec un planning annuel d’utilisation des équipements sportifs. Lors de compétitions, s’il y a des normes fédérales, elles sont prises en compte (par exemple en natation). Nous recherchons l’équilibre entre les besoins des utilisateurs et la bonne gestion des deniers publics tout en maintenant la gratuité de la mise à disposition aux associations creusotines, ce qui n’est pas le cas dans toutes les villes.
Pour les grandes manifestations, nous mettrons en place une charte d’organisation, en concertation avec les associations, afin d’améliorer la gestion environnementale de celles-ci notamment en terme de chauffage, d’éclairage, d’utilisation de l’eau…»
Charles Landre : «Derrière cette question se cache une réalité que vivent chaque semaine des centaines de Creusotins, des enfants en cours de sport, des licenciés qui s'entraînent après leur journée de travail, des équipes qui reçoivent pour des rencontres officielles dans des conditions parfois indignes d'une ville de 20 000 habitants. Aux Riaux, à la salle Jean Macé, à Jean de Prat, au COSEC de la Croix Menée et à la Halle des Sports, le froid a trop souvent été le signe d'équipements publics mal isolés et insuffisamment entretenus.
Le principe est non négociable : pratiquer le sport en salle au Creusot doit se faire dans des conditions acceptables. En dessous d'un certain seuil de température (que nous fixerons autour de 14°C ainsi que préconisé par l'État), la pratique n'est plus seulement inconfortable, elle devient dangereuse, avec des risques réels de blessures musculaires et articulaires. Aucune contrainte budgétaire ne peut justifier d'exposer nos sportifs à ces risques.
L'isolation efficace de ces équipements sera une priorité inscrite dans notre plan de rénovation du patrimoine municipal. Les standards précis (températures minimales, protocoles de préchauffage, distinctions entre compétitions et entraînements) seront définis de manière concertée avec les premiers concernés via un Office Municipal des Sports enfin indépendant politiquement, avec lequel nous construirons l'ensemble de la politique sportive de la ville. Les clubs savent mieux que quiconque les besoins des pratiquants.
La pratique sportive est un bien commun. Nous la traiterons comme tel».
Didier Laubérat : «Oui, il est indispensable de garantir des températures minimales conformes aux normes en vigueur, tant pour les entraînements que pour les compétitions. Le Code de la construction et de l'habitation détermine des normes de température pour la pratique des différentes activités sportives, sans distinction entre entraînements et compétitions : 18 degrés pour la gymnastique dite corrective, 16 degrés pour la gymnastique et 14 degrés pour les autres pratiques sportives. Notre objectif est simple : faire respecter ces normes.
Pour les équipements communaux – salle Jean Macé, salle Jean de Prat et COSEC de la Croix Menée – des améliorations, notamment en matière d'isolation thermique, doivent être étudiées et mises en œuvre afin d'assurer le confort des sportifs tout en maîtrisant les dépenses énergétiques.
La Halle des Sports se trouve dans une situation différente. Propriété de la Région, elle accueille de nombreuses manifestations et compétitions. Pourtant, un peu à l'écart des axes de circulation, ce bâtiment laissé à l'abandon et très mal chauffé donne une image dégradée de notre ville. Des travaux d'isolation s'imposent. Au lendemain de l’élection nous interviendrons auprès du président de la Région pour initier une rénovation en profondeur de cet équipement. Les sportifs Creusotins et les nombreux autres que notre ville accueille méritent des infrastructures dignes de recevoir des compétitions régionales et nationales».
Johnny Désiré : «Les équipements sportifs municipaux doivent offrir des conditions d’accueil adaptées et confortables, aussi bien pour les compétitions que pour les entraînements.
La plupart des installations sont techniquement capables d’assurer un chauffage adapté. L’enjeu principal est d’avoir des systèmes bien entretenus, bien réglés et correctement pilotés, afin d’adapter la température en fonction de l’occupation et des usages réels.
Certaines disciplines, notamment les pratiques sportives douces ou associatives, nécessitent des températures plus élevées que des sports plus intensifs. Il est donc important de définir des niveaux de température adaptés selon les pratiques.
L’objectif est de garantir le confort des utilisateurs tout en maîtrisant les consommations énergétiques, grâce à des systèmes de régulation modernes et efficaces».
9 - Quelles sont vos pistes pour générer des économies d’énergie et réduire la facture ?
David Marti : «Même si la meilleure énergie est celle que l’on ne dépense pas, cela fait des années que nous travaillons à réduire la facture énergétique. Après avoir supprimé toutes les brûleurs et chaudières au fioul, installé des chaudières basses consommations et des doubles, voire triples vitrages dans presque tous nos équipements, passé quasiment tout l’éclairage public en LED, nous poursuivons les opérations de relamping (remplacement des ampoules classiques par des LED), d’amélioration de nos dispositifs de chauffage, d’installation de panneaux photovoltaïques. Néanmoins, un travail reste encore à faire sur l’enveloppe de nos bâtiments mais les coûts de ces opérations et le temps de retour sur investissement sont très importants, de 20 à 50 ans.
C’est pourquoi, comme nous l’avons fait pour l’arc, nous établirons un plan d’ensemble en fonction du gain financier et du confort attendus par rapport au coût de l’investissement et des aides que nous pourrons obtenir de la part de l’Etat, de la région et du département.
Le coût de l’énergie concerne la collectivité mais aussi les habitantes et les habitants de notre ville. C’est pourquoi nous voulons être à leurs côtés et protéger leur pouvoir d’achat notamment des plus fragiles, par la mutualisation en proposant de négocier un contrat communal d’énergie, en créant un groupement d’achats pour faciliter la rénovation énergétique de l’habitat des particuliers».
Charles Landre : «La flambée des prix de l'énergie a révélé une vérité que la gestion municipale sortante a tardé à affronter : sans stratégie énergétique structurée, une ville subit les événements au lieu de les anticiper. Nous changerons radicalement d'approche.
Premier acte dès le début du mandat : un audit thermique complet de l'ensemble du patrimoine municipal. Écoles, gymnases, équipements culturels, bâtiments municipaux, nous devons savoir précisément où part l'énergie pour concentrer les efforts là où l'impact sera maximal. Sans diagnostic honnête, il n'est de stratégie crédible. Cet audit sera commandé dans les premières semaines du mandat.
Dans la foulée, nous accélérerons le déploiement de l'éclairage LED avec variation d'intensité sur l'ensemble du territoire, et engagerons immédiatement la renégociation de nos contrats énergétiques pour obtenir de meilleures conditions. Ce sont des leviers concrets aux retours rapides et mesurables.
Engagement de long terme : nous solariserons progressivement l'ensemble des équipements publics qui s'y prêtent: toits d'écoles, gymnases, bâtiments administratifs, mais aussi les petits équipements. L'objectif est clair et assumé : sous dix ans, nous souhaitons rapprocher Le Creusot de la neutralité énergétique. Chaque rénovation sera ainsi systématiquement l'occasion d'intégrer la production d'énergie renouvelable.
Enfin, nous instaurerons un suivi transparent de la consommation énergétique de la ville, avec des tableaux de bord accessibles à tous les Creusotins. L'énergie économisée, c'est de l'argent public préservé et réinvesti pour améliorer la vie quotidienne de chacun.
Didier Laubérat : «Notre ambition est double : réduire la facture énergétique et nous inscrire résolument dans la transition écologique. Nous hériterons d'actions engagées par la municipalité sortante, notamment le passage aux LED d'une partie de l'éclairage public et les travaux d'isolation de l'Arc. Ces initiatives vont dans le bon sens, mais elles doivent être complétées.
Le passage aux LED de l'éclairage public doit être achevé au plus vite. Nous vérifierons notamment si la suppression de l'éclairage public la nuit conserve un véritable intérêt financier au regard de la situation actuelle. Nous examinerons le bilan énergétique précis de chaque bâtiment municipal afin d'identifier les équipements les plus énergivores et les chaudières les plus vétustes, nécessitant un remplacement prioritaire.
Au-delà des faits d'annonce, la municipalité sortante ne semble pas avoir travaillé sur plusieurs pistes pourtant essentielles que nous proposons d'étudier : la récupération des eaux de pluie sur les bâtiments municipaux, notamment les salles de sport et l'installation de panneaux solaires sur les bâtiments municipaux et les parkings.
À titre d'exemple, l'esthétisme des ombrières de la place Schneider aurait largement supporté l'installation de panneaux solaires, qui auraient en outre permis un meilleur éclairage de la place tout en produisant de l'énergie. Notre équipe sera jugée sur un travail concret et des résultats mesurables au service de la transition écologique et du pouvoir d'achat des Creusotins».
Johnny Désiré : «La maîtrise de l’énergie est un enjeu majeur, à la fois financier et environnemental. C’est également mon domaine de compétence professionnelle, ce qui me permet d’avoir une approche concrète et efficace.
Plusieurs actions peuvent être mises en place : moderniser les systèmes de chauffage avec des régulations précises et pilotables à distance, améliorer l’isolation des bâtiments, poursuivre le remplacement des éclairages par des LED, installer des détecteurs de présence dans les zones peu fréquentées, et mettre en place des outils de suivi pour mieux contrôler les consommations.
Il est également essentiel d’optimiser les contrats d’achat d’énergie, afin de réduire les coûts sur le long terme.
Ces mesures permettent de réduire durablement les consommations et de réaliser des économies importantes, tout en maintenant un niveau de service de qualité pour les habitants».