
Ecomusée... Pavillon Schneider... Utilisation de la galerie d'art... David Marti, Didier Laubérat, Charles Landre et Johny Désiré répondent aux questions de creusot-infos (2)

Comme
pour les précédentes élections municipales, creusot-infos a décidé de
soumettre des questions aux candidats déclarés, au Creusot. Chaque
candidat a été invité à nous adresser des réponses écrites, dans la
limite moyenne de 1500 signes pour chaque question.
Après les premières questions (
cliquez ici), voici dont la 2ème série...
A.B.
4 - Que souhaitez-vous pour l’Ecomusée et pour ses sites décentralisées à la Villa Perrusson et à la Briqueterie à Ciry le Noble ?
David Marti : L’Écomusée est un élément central de l’identité du Creusot. Il permet de comprendre d’où nous venons pour mieux préparer l’avenir, en reliant histoire industrielle, parcours de vie et territoire.
Le projet muséographique approuvé en conseil communautaire est mis en œuvre afin de renforcer son attractivité et son rayonnement, tout en conservant une approche accessible, pédagogique et ancrée dans le quotidien des habitants.
La Villa Perrusson et la Briqueterie de Ciry-le-Noble s’inscrivent pleinement dans cette ambition. Leur valorisation participe à une lecture cohérente du territoire et à la construction d’un patrimoine vivant, partagé et tourné vers les générations futures.
Didier Laubérat : «Le Conseil communautaire de la CUCM a adopté en septembre dernier le projet scientifique et culturel de l'Écomusée, fruit d'un long et patient travail collaboratif auquel l'un de nos colistiers a contribué activement. Cette feuille de route ayant été votée à l'unanimité, nous ne voyons aucune raison de la remettre en question. L'Écomusée n'est pas un musée comme les autres : tout en s'adaptant aux évolutions et aux standards contemporains, il doit demeurer le reflet authentique de l’histoire de notre territoire et de ses habitants.
La Villa Perrusson constitue l'un de nos joyaux patrimoniaux. La Briqueterie a malheureusement été abandonnée pour des raisons de sécurité. Sans concertation préalable avec les acteurs locaux, l'administration semble avoir tranché unilatéralement sur son avenir. Des études sont en cours pour déterminer son devenir. Nous demanderons la transparence sur ce dossier et veillerons à ce que le choix final soit pris en concertation avec l'ensemble des parties prenantes, notamment la commune de Ciry-le-Noble. Nous pourrions envisager un projet reliant ces deux sites emblématiques, avec le canal du Centre comme lien naturel et historique : au nord la maison d’un industriel de l’époque, au sud une usine de production d’une autre famille renommée.
N'oublions pas que le musée de l’Homme et de l'Industrie constitue également l'un des sites de l'Écomusée. Il fera l’objet d’une réhabilitation complète dans les prochaines années. Notre projet prévoit d'ailleurs, en lien étroit avec la CUCM, de redonner au Château de la Verrerie sa pleine dimension historique et patrimoniale en libérant ses murs du siège administratif de la Communauté».
Charles Landre : «L'Écomusée doit devenir le lieu central de valorisation de notre exceptionnel patrimoine industriel. Nous commencerons par rendre le site du Château de la Verrerie aux Creusotins, en retirant les bureaux de la CUCM qui n'ont rien à y faire. Ce site magnifique doit être pleinement dédié à sa vocation culturelle et patrimoniale. Nous présenterons dans les 6 premiers mois du mandat un plan patrimoine et parcs et jardins pour préserver ce qui doit l'être et valoriser la ville.
L'Écomusée avec douze mille visiteurs par an (dont seulement 14% d'habitants de la CUCM), désormais en gratuité, c'est très insuffisant. Il faut un lieu vivant, où l'on raconte véritablement l'histoire du territoire, où l'on se donne les moyens d'événements et d'une politique d'expositions temporaires de qualité.
La Villa Perrusson et la Briqueterie de Ciry-le-Noble, ces sites décentralisés doivent s'inscrire dans une stratégie cohérente de valorisation du patrimoine industriel à l'échelle du territoire. Un audit général est nécessaire pour savoir ce qu'on intègre (le musée du Canal, associatif a déjà disparu, le Musée de la Mine est en dehors du champ de l'Écomusée) et comment on utilise les sites existants (la villa Perrusson pour laquelle des millions d'euros ont été investis sans qu'elle soit dotée d'un projet culturel propre -ce qui est inadmissible - et la Briqueterie aujourd'hui abandonnée). Notre patrimoine industriel est unique en France, il mérite une mise en valeur à la hauteur. Mais pour cela, l'Écomusée doit devenir un outil de rayonnement et de fierté locale, attractif pour les touristes comme pour les habitants. Commençons donc par ouvrir le Château qui doit en être l'épicentre, un lieu muséal, patrimonial et un lieu de vie, et dotons l'Ecomusée d'un nouveau projet culturel pour répondre à cette ambition : faire vivre notre exceptionnel patrimoine industriel».
Johnny Désiré : «L’Écomusée est un élément essentiel de l’identité industrielle et patrimoniale du territoire.
Je souhaite qu’il reste un outil de transmission, de valorisation de notre histoire et de fierté locale.
Pour la Villa Perrusson et la Briqueterie de Ciry-le-Noble, l’enjeu est de mieux les faire connaître, de renforcer les actions pédagogiques et de développer des animations ciblées, notamment à destination des scolaires et des familles.
Il faut également travailler à une meilleure coordination entre les sites pour gagner en lisibilité et en attractivité, sans alourdir inutilement les coûts de fonctionnement».
5 - L’idée de remonter le pavillon Schneider de l’exposition universelle a été émise ? Qu’en pensez-vous ? Où, selon vous, aurait-il sa place ?
David Marti : «La valorisation du patrimoine est un axe fort de l’action municipale. Le pavillon Schneider constitue un symbole important de l’histoire industrielle du Creusot et de son rayonnement.
Cette proposition, inscrite dans le programme, s’inscrit dans une vision d’un patrimoine qui ne se contente pas de regarder le passé, mais qui dialogue avec le présent et l’avenir.
Son implantation et ses usages ne sont pas arrêtés à ce stade. Ils feront l’objet d’une réflexion concertée avec les habitants et les acteurs concernés, afin de construire un projet cohérent, faisable et porteur de sens pour le territoire»
Didier Laubérat : «Cette idée n'est effectivement pas nouvelle, il s'agit presque d'un « serpent de mer » local qui ressurgit régulièrement, notamment en période électorale. Le président actuel de la CUCM s'est progressivement laissé convaincre par ce projet au fil des années. Soyons clairs sur ce dont il s'agit réellement, car nous ne sommes pas certains que tous les Creusotins en aient une vision précise : nous parlons d'éléments métalliques – une structure, une ossature – entreposés depuis près de 150 ans. Cette armature, à elle seule, ne constitue pas une finalité. Elle devrait être habillée, mise en valeur, intégrée dans un projet cohérent pour prendre tout son sens.
Nous souhaitons avant tout écouter les acteurs patrimoniaux locaux – les historiens, les associations, les experts du patrimoine industriel – et élaborer plusieurs propositions concrètes qui pourraient, le cas échéant, être soumises au vote des Creusotins lors d'une consultation citoyenne. Plusieurs questions se posent : quel serait l'usage de ce pavillon une fois reconstruit ? Où l'implanter pour qu'il trouve sa juste place dans le tissu urbain et patrimonial ? Comment l'intégrer dans un parcours touristique et culturel cohérent ? La question de son implantation ne peut se décider unilatéralement mais plusieurs sites pourraient être proposés : le parc de la Verrerie, les jardins des Terrasses...
L'un des critères déterminants sera le coût global de cette opération : non seulement le montage de la structure elle-même, mais aussi les aménagements nécessaires, les fondations, l'habillage éventuel, et surtout les coûts de fonctionnement et d'entretien sur le long terme. Même si l'intérêt patrimonial est indéniable – ce pavillon fait partie de l'histoire industrielle glorieuse du Creusot – il n'est pas question de reproduire les récentes erreurs qui ont suscité l'incompréhension et le rejet légitime des habitants.
Pensons à « l'œuvre utile » installée sur l'esplanade Samuel Paty, posée au milieu d'un site qui va connaître de profonds aménagements, sans véritable réflexion d'ensemble ni consultation préalable. Pensons également à « l'enclume » de la place Schneider, dont le choix et l'implantation ont fait débat. Ces exemples nous rappellent qu'un projet patrimonial d'envergure, aussi légitime soit-il, doit impérativement faire l'objet d'une réelle concertation avec les habitants, d'une évaluation de son coût, de sa pertinence urbanistique et de son utilité concrète pour le territoire. Le patrimoine ne se décrète pas : il se construit avec les citoyens, dans la transparence et le dialogue»..
Charles Landre : «Remonter le Pavillon Schneider, c'est d'abord lui trouver une utilité et une destination concrètes. Ca n'a aucun sens si c'est un projet déstiné uniquement à flatter les nostalgies. Ce pavillon, dont l'énorme coupole dominait la Seine d'une hauteur de 40 mètres lors de l'Exposition universelle de 1900, est un symbole de l'expression de la puissance industrielle creusotine.
Avant de parler de reconstruction, plusieurs questions doivent trouver réponse : quel usage pour ce bâtiment ? Quel coût de reconstruction et d'entretien ? Quel financement ? Quel emplacement pertinent dans Le Creusot d'aujourd'hui ?
Je peux imaginer plusieurs destinations possibles : un centre d'interprétation permanent sur l'épopée industrielle creusotine, accessible aux touristes comme aux scolaires. Un centre de congrès en lien avec notre gare TGV, qui manque cruellement à notre territoire pour attirer des événements professionnels. Ou encore un équipement culturel hybride combinant exposition permanente et espace événementiel. L'architecture exceptionnelle de cette coupole de 40 mètres pourrait même accueillir des concerts ou des manifestations culturelles d'envergure. Nous explorerons ces pistes.
Mais ça ne vaut que si elles s'inscrivent dans une véritable stratégie de valorisation patrimoniale et touristique, avec un modèle économique viable. Je refuse les projets gadgets sans vision claire. Si nous décidons de remonter le Pavillon Schneider, comme j'avais proposé de l'étudier en 2020, ce doit être avec une ambition forte et un projet économiquement viable qui serve réellement notre ville et ses habitants».
Johnny Désiré : «C’est une idée intéressante sur le plan symbolique, car elle renvoie à l’histoire industrielle du Creusot et au rayonnement qu’a connu la ville.
Cependant, un tel projet ne peut être envisagé qu’après une étude sérieuse de faisabilité, tant sur le plan financier que patrimonial.
Si ce projet devait voir le jour, il devrait trouver sa place dans un site cohérent historiquement, en lien avec le patrimoine industriel, et s’inscrire dans un parcours culturel ou touristique clair.
Il ne doit en aucun cas devenir un projet coûteux, déconnecté des priorités quotidiennes des habitants».
6 - La Galerie d’art du Château de la Verrerie doit-elle devenir un lieu d’exposition gratuit pour les artistes, comme c’est le cas à Mâcon avec une sélection des artistes et/ou des associations comme le Photo Club ou la Société des Beaux Arts, selon un planning établi ?
David Marti : «La Galerie d’art du Château de la Verrerie a vocation à rester un lieu ouvert, vivant et accessible, au service de la création et des habitants.
La gratuité est déjà accordée au monde associatif, et cette facilité d’accès est maintenue pour les associations locales qui contribuent activement à la vie culturelle du Creusot.
Pour les artistes, une approche équilibrée est privilégiée. La gratuité trouve tout son sens lorsque les expositions s’inscrivent dans un projet culturel, éducatif ou social accessible au plus grand nombre. Pour des démarches strictement commerciales, un cadre adapté peut être envisagé. L’objectif est de faire de cette galerie un lieu de rencontre entre création, habitants et territoire».
Didier Laubérat : «La Galerie d'art s'inscrit pleinement dans notre vision ambitieuse d'un « Château de la Verrerie 100 % patrimoine ». Dans cette perspective, la question de l'accès des artistes locaux à cet espace pourrait être envisagée.
L'idée d'un lieu d'exposition accessible gratuitement aux artistes, sur le modèle de ce qui se pratique à Mâcon, mérite d'être étudiée. Ce type de dispositif pourrait offrir une vitrine aux associations mentionnées.
Cependant, la gratuité totale nécessite une réflexion. Par ailleurs, il conviendrait d’organiser l'accès à cet espace (équité entre les candidats, cohérence de la programmation, établir un planning qui satisfasse toutes les demandes...). Cette question ne peut être tranchée hâtivement en campagne électorale pour donner des gages ou faire des promesses. Elle appelle une réflexion menée en concertation avec l'ensemble des acteurs culturels du territoire. Notre approche sera pragmatique et méthodique : nous étudierons les modèles qui fonctionnent ailleurs et nous évaluerons les coûts de fonctionnement. Nous construirons ensuite un projet viable et équitable qui serve réellement nos créateurs et la dynamique culturelle locale».
Charles Landre : «Nous avons proposé la création d'une galerie municipale dynamique. Elle devra servir à exposer et pérenniser le patrimoine pas assez visible du Creusot – comme les magnifiques peintures de Raymond Rochette ou de Pierre Leygonie qui méritent d'être mieux connues et de disposer d'espaces dédiés – mais aussi accueillir les artistes contemporains. Son lieu devra être défini dans des artères passantes, pour recréer du flux et de la vie en ville.
Concernant la Galerie d'Art du Château de la Verrerie, si elle peut conserver cette fonction d'exposition, elle doit d'abord être repensée pour pouvoir véritablement accueillir des œuvres dans de bonnes conditions. L'éclairage actuel n'est notamment pas adapté à des expositions de qualité.
Il est évident que l'utilisation de la galerie doit s'organiser selon un planning établi, une sélection qualitative des artistes et des projets, et, s'agissant de projets associatifs, une gratuité d'accès qui favorise la démocratisation culturelle. L'important est de créer une dynamique où artistes locaux et extérieurs peuvent se rencontrer, où notre patrimoine artistique est valorisé, et où les Creusotins retrouvent le chemin des expositions. Nous avons proposé de réunir dès l'amorce du mandat tous les acteurs associatifs culturels Creusotins et nous proposerons une réflexion pour les salles.
Cette galerie d'Art se trouvera de toute façon au sein d'un château ouvert aux Creusotins, débarrassé de ses bureaux et vivant toute l'année. La galerie municipale que nous imaginons viendra compléter l'offre muséale manquante au Creusot. Demain, les artistes et associations Creusotins disposeront d'espaces mieux organisés, enfin adaptés à des expositions, et plus importants qu'aujourd'hui»/
Johnny Désiré : «Oui et non.
Oui, je suis favorable à l’ouverture de la galerie à des artistes locaux et à des associations, avec une sélection et un planning clairement défini. Cela peut contribuer à soutenir la création locale, à rendre l’art plus accessible.
Mais le Château de la Verrerie ne doit pas être réservé à un public restreint. Il doit avant tout redevenir un lieu pleinement ouvert aux habitants du Creusot, un espace vivant, fréquenté, approprié par les Creusotins.
Ce projet d’expositions peut donc en faire partie, à condition qu’il s’inscrive dans une vision plus large, où le château accueille aussi des événements culturels, associatifs et citoyens. L’objectif est clair : faire du Château de la Verrerie un lieu de vie, de rencontre et de partage, au service de tous».