
Pour lutter contre l’eutrophisation de l’eau, la Communauté Urbaine avait fait le choix d’injecter de l’air comprimé dans le Lac de la Sorme. Jusqu’à 1200 mètres cube à l’heure. Elle a été pionnière et les résultats sont là.

Quand, en 1991, André Billardon, alors Président de la Communauté Urbaine Le Creusot – Montceau, avait effectué un tour de bateau sur le Lac de la Sorme qui bouillonnait de plaisir, il était forcément loin de penser que trois décennies plus tard, le pari de lutter contre l’eutrophisation de l’eau serait gagné.
Car c’est ainsi. Malgré la sécheresse et la baisse de son niveau et malgré les fortes chaleurs de l’été, les eaux du Lac de la Sorme n’ont pas viré au vert. L’eau est restée d’une bonne qualité pour les besoins des ménagères qui la consomment au quotidien.
En mettant des bulles dans sa plus grande réserve d’eau, la Communauté Urbaine n’a pas voulu en faire du champagne, ni du crémant. Elle a juste voulu en préserver la qualité.
Mais il est aussi utile de préciser qu’à l’époque un travail avait été mené avec les exploitations agricoles situées sur les bassins versants de la Sorme, pour là encore ajouter une pierre supplémentaire à la bataille de la qualité.
L’usine de traitement de la Sorme est dotée d’un unité de compression qui permet d’injecter, dans l’absolu, jusqu’à 1200 m3 d’air dans l’eau, au moyen de diffuseurs qui s’étendent sur 1,8 kilomètre.
Ces diffuseurs sont des tuyaux percés qui ont été attachés au dessus du fond du Lac de la Sorme, du côté du barrage (voir nos photos).
Trois zones d’aération de l’eau avaient été créées pour mieux oxygéner les eaux du Lac de la Sorme et ainsi lutter contre leur eutrophisation.
«De Mai à Octobre, de l’air est injecté 24 heures sur 24», assure Jean-François Lluch, directeur territorial de Veolia. Des mesures et donc analyses de l’eau à deux mètres et à quatre mètres de la surface, permettent de suivre en continu la qualité de l’eau et de veiller à sa bonne qualité.$
Car une eau qui arrive dans les unités de pompages avec une bonne qualité nécessite moins de traitements. Sont notamment mesurées par Veolia l’oxygénation de l’eau, ainsi que sa température.
«Une bonne oxygénation évite la formation d’algues ou de micro algues. On est bien dans un objectif d’aération pour restituer une eau de bonne qualité et donc plus facile à traiter», souligne Jean-François Lluch.
Si en 1991 la Communauté Urbaine avait été pionnière, depuis la technique finalement très simple a été reprise dans d’autres réserves.
L’été 2022 vient de démontrer autant son opportunité que son efficacité.
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)



