
Et un témoignage très fort, celui de madame Christiane Lauthelier, fille d’un couple de résistants, née en prison pendant la guerre.

Ce mardi 21 avril, Alexandra Cousin, responsable de la Bibliothèque Universitaire, a présenté le déroulé de cette soirée en présence d’une quarantaine d’invités.
Evelyne Rogowicz, présidente départementale de l’association « Femmes solidaires », a présenté l’exposition « Ravensbrück, la force des femmes ». Chaque année, une délégation de « Femmes solidaires » participe à la cérémonie officielle de la libération du camp de femmes de Ravensbrück dans l’enceinte même du camp, ouvert en 1939 par les nazis. Il y a 80 ans, l’Europe découvrait l’horreur du système concentrationnaire et de la solution finale. Aujourd’hui encore, la blessure est immense et le deuil inachevé, rappelle Evelyne Rogowicz. Dans les blocks de ce camp de concentration, des femmes résistantes de toute l’Europe connurent le travail forcé, les humiliations, les violences sexuelles, la famine et pour un grand nombre d’entre elles, la mort. L’exposition prêtée par le comité de Montceau explore les réalités historiques du camp de Ravensbrück. Elle montre les crimes nazis dans leur plus cruelle réalité, mais aussi pour faire barrage aux négationnistes qui gangrènent depuis des décennies l’Histoire de France.
La seconde exposition « Mémoire de la Shoah en Europe » retrace le séjour mémoriel de 53 élèves du lycée Léon Blum en Pologne. Ils ont marché sur les traces des déportés à Auschwitz Birkenau. Il y a 80 ans, la barbarie absolue était révélée au monde. Symbole de la déportation, Auschwitz est le plus grand camp de concentration et d’extermination du régime nazi pendant la Seconde Guerre Mondiale. Plus d’un million de personnes y ont trouvé la mort. Pour les lycéens qui ont découvert le camp, cela a été une expérience unique et bouleversante. Pouvaient-ils réellement s’attendre à une telle émotion, questionne Christophe Dumont, professeur d’histoire, à l’origine de ce voyage mémoriel ? Ils se sont confrontés à des lieux et aux valeurs de la démocratie. Avec le témoignage émouvant de Titouan, un lycéen qui avait participé au séjour.
Anne Mallet, présidente de l’association « La Baraque TV », a ensuite présenté le documentaire « Quand l’ombre dans avec la lumière » projeté en fin de soirée. Anne Mallet s’est rendue au camp de Ravensbrück avec 3 membres de sa famille sur les traces de ses grands-parents, résistants et déportés, Mireille et Gaston Mallet. Les questions qu’elle s’est posées dans cette démarche de mémoire, Anne Mallet les a soumises aux élèves du lycée Léon Blum et à leurs professeurs. Face à la caméra, ils ont raconté ce qu’ils ont eu retenu de cette expérience mais ils ont surtout exprimé les valeurs qu’ils ont eu envie de défendre après leur voyage mémoriel.
L’auditoire a ensuite été captivé par le témoignage de Christiane Lauthelier, fille d’un couple de résistants pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle n’a cesse de se déplacer dans les établissements scolaires pour transmettre sa petite histoire et en même temps la grande Histoire. C’était le cas ce mardi à la BU où elle a raconté son histoire à des collégiens d’Anne Frank et à des lycéens de Léon Blum. Née en prison, elle a été confiée à la Croix-Rouge puis à ses grands-parents quand sa mère a été déportée en Allemagne. Elle n’a jamais connu son père, fusillé en 1943 au Mont Valérien. Sa maman, Marcelle, sera libérée du camp par les Soviétiques en 1945. Elle retrouvera alors sa fille Christiane.
Un moment fort de cette soirée fut celui où elle présenta la veste rayée que portait sa mère dans les camps… Avec son numéro matricule à savoir par cœur.
Le maire Charles Landre remercia tous les participants pour leurs témoignages. L’Histoire de la libération des camps est encore proche, les panneaux d’exposition mettent en évidence la sombre histoire du camp d’Auschwitz et la souffrance des femmes à Ravensbrück. Il y a une méconnaissance du grand public, le XXe siècle est un siècle de génocides, rappela Charles Landre.
Le documentaire « Quand l’ombre danse avec la lumière » sera projeté à la Bibliothèque Universitaire les mardis 28 avril et 05 mai de 18h30 à 20h (sur inscription 03 85 77 00 85 ou à l’accueil de la BU).
J.S.














