
La restitution théâtrale des CM2 de Sophie Guignot-Pacaud a été un modèle du genre.

Ce n’est pas au Creusot, la ville de toutes les énergies et de l’excellence industrielle, que l’on peut laisser croire que les carrières scientifiques sont réservées aux garçons.
Non pas au Creusot, la ville où a grandie Claudie Haigneré qui restera à jamais comme la première française et la première européenne, à être devenue spationaute. C’était il y aura bientôt 30 ans et il est bon de rappeler que la Creusotine était une scientifique. Une grande scientifique.
Avec le savoir-faire d’Elise Fouratier, les élèves de CM2 de Sophie Guignot-Pacaud se sont attaqués au sujet de la culture scientifique. Cela au travers d’une approche théâtrale, dont la restitution avait lieu, vendredi soir, à l’Ampli.
Les parents ont pu découvrir combien les enfants avaient très très bien travaillé le sujet.
«L’Effet Matilda aborde un sujet important : la place des femmes dans la science et les nombreuses injustices qu’elles ont subies au fil de l’Histoire. Pendant très longtemps, des femmes scientifiques ont travaillé, découvert, expérimenté... mais leurs découvertes ont parfois été attribuées à des hommes, ou tout simplement oubliées.
Par exemple, Rosalind Franklin a joué un rôle essentiel dans la découverte de la structure de l’ADN, mais son travail a longtemps été éclipsé par celui de ses collègues masculins.
De même, Jocelyn Bell a découvert les pulsars en astronomie, mais le prix Nobel lié à cette découverte a été attribué à son directeur de recherche.
On peut aussi penser à Lise Meitner, physicienne majeure dans la découverte de la fission nucléaire, qui n’a pas reçu la reconnaissance qu’elle méritait à l’époque.
C’est ce phénomène d’effacement des femmes scientifiques que l’on appelle “l’effet Matilda”», a d’abord expliqué Sophie Guignot-Pacaud.
Et de poursuivre à l’adresse des parents et de l’assistance : «
Même si les choses évoluent aujourd’hui, les inégalités existent encore. Quelques chiffres à l’appui : 1/3 des chercheurs sont des femmes
12 % des membres des académies des sciences nationales sont des femmes
28,5% des effectifs du secteur de l’industrie sont des femmes 34% des femmes ont occupé des postes de direction
Les filles restent donc moins nombreuses dans certaines filières scientifiques et technologiques. Souvent, non pas par manque de capacités — car elles réussissent tout aussi bien — mais parce que les stéréotypes, le manque de modèles féminins ou parfois le manque de confiance peuvent encore influencer les choix d’orientation».
D’où l’importance du projet qui a été mené avec Elise Fouratier au cours de l’année scolaire. «À travers le théâtre,mais également lors de dictées, d’études de textes en lecture compréhension, ils ont découvert des parcours inspirants, réfléchi à la notion d’égalité et appris que chacun et chacune doit pouvoir choisir son avenir librement, sans se sentir limité par son genre.
À notre échelle, en tant qu’enseignants, parents, éducateurs, nous pouvons contribuer à faire évoluer les choses : en valorisant la curiosité scientifique chez tous les enfants, en encourageant les filles à oser, à expérimenter, à prendre leur place, mais aussi en apprenant aux garçons et aux filles à construire une société plus juste et plus égalitaire», a poursuivi l’enseignante. Et ce vendredi soir, avec beaucoup de talent, c’est un message d’espoir et de justice qui a été délivré et transmis. Pour donner de la confiance dans l’avenir.




































