
Éric Pierron : «L’année 2025 a été perturbée par l’instabilité politique dans un contexte de crise issue de la dissolution de juin
2024, avant une stabilisation à partir de septembre 2025. Cette consolidation a permis à la fédération de reprendre le dialogue
avec les membres du gouvernement en place et de faire avancer les
dossiers en cours…».

C'est dans le cadre prestigieux du petit théâtre du Château de la Verrerie que s’est tenue jeudi soir l’assemblée générale de la Fédération du BTP de Saône-et-Loire.
Une réunion ouverte par Charles Landre maire du Creusot venu rapidement saluer les Bâtisseurs de Saône-et-Loire en raison de la tenue du Conseil communautaire à Saint-Vallier, où il devait se rendre.
Préfet de Saône-et-Loire, Dominique Dufour a assisté à cette longue assemblée générale. Il a dressé une première réflexion sur le contexte économique et géostratégique mondial : « Chacun a en tête le contexte économique, le niveau de croissance national et la pression permanente sur les finances publiques qui pèsent inévitablement sur votre volume d’activité. Les problématiques sont diverses, elles touchent les petites comme les grandes entreprises et elles forcent à l’inventivité permanente. Ce constat étant posé : Que faisons nous collectivement pour résister?…» a lancé Dominique Dufour rappelant immédiatement que pendant que l’activité recule en volume au niveau national, les permis de construire accordés dans notre département progressent. « L’intérim repart à la hausse, prudemment mais réellement.
Et ce département porte des projets d’investissement industriel d’une ampleur inédite depuis plusieurs décennies : plus de 500 millions d’euros d’investissement sur les 4 prochaines années, 21 300 emplois à créer d’ici 2032, dont 3 500 directement liés aux grands projets industriels…».
Un département en mouvement
Et de poursuivre : «Face à ces défis, le récit à tenir sur votre filière ne peut pas être résigné, encore moins pessimiste.
Ce département est en mouvement, et vous êtes au coeur de ce mouvement, qu’il s’agisse de construire les sites industriels de demain, de loger les salariés qui viendront les faire vivre, ou de préserver le patrimoine bâti qui fait l’identité de nos communes…». Il a été ensuite question du logement, un défi très immédiat posé à notre territoire par la dynamique économique et industrielle « qui est devant nous ». Le Préfet de Saône-et-Loire l’a assuré, les autorisations de construire progressent à nouveau depuis la fin 2025, le dernier trimestre ayant marqué un bond de 18%. relevant néanmoins l’écart entre l’autorisation et l’acte de construire : « Il nous appartient ensemble de réduire ces délais ! ».
Alléger les normes
Sur l’empilement des normes, Dominique Dufour a donné un signal clair, indiquant qu’un projet de loi de simplification a été soumis au Sénat ce 23 juin 2026 avec l’objectif d’alléger les normes qui pèsent sur les collectivités, y compris en matière d’urbanisme. « Le Sénat examine également en ce moment le projet de loi « État local » qui inscrit dans la loi le pouvoir préfectoral de dérogation aux normes. Ce sera désormais une base législative solide. Mais la direction est prise et je m’en saisirai, dans le cadre de mes compétences…» a affirmé le Préfet, avant de souligner l’engagement concret de l’État dans ce département avec plus de 20 millions d’euros de subventions injectés dans les projets des communes et collectivités de Saône-et-Loire : «Par effet levier, ce sont plus de 100 millions d’euros d’investissements publics qui se réalisent…» a t-il ajouté, avant de rendre hommage à Éric Pierron qui a pris la présidence de la Fédération de Saône-et-Loire dans un contexte qui n’est pas le plus facile pour endosser ce rôle : « Cela en dit long sur votre engagement. Votre route ne sera pas toujours droite, mais le champ des possibles est tel, qu’elle est pleine de promesses qu’il nous appartient de satisfaire en oeuvrant collectivement…» a conclu le Préfet de Saône-et-Loire, précisant et affirmant que les Bâtisseurs de Saône-et-Loire pouvaient compter sur la totale disponibilité des services de l’État local, acquis au développement du département.
Les donneurs d’ordre délaissent les entreprises locales
Auparavant Éric Pierron avait abordé la situation économique globale et son influence sur l’activité du bâtiment. « L’année 2025 a encore été perturbée par l’instabilité politique interne dans un contexte de crise politique issue de la dissolution de juin 2024, avant une stabilisation à partir de septembre 2025. Cette consolidation a permis à la fédération de reprendre le dialogue avec les membres du gouvernement en place et de faire avancer les dossiers en cours…».
Les délais de paiement, l’empilement des normes…ont été autant de sujets abordés par le président de la fédération.
Sur les entreprises locales : «Il est incompréhensible de constater que les donneurs d’ordre délaissent les entreprises locales au profit d’entreprises situées à l’autre bout de la France, une pratique pourtant contraire aux principes de responsabilité sociale et environnementale que le Gouvernement encourage…Et ce pour des offres qui se tiennent à quelques centaines d’euros ou pour les offres s’établissant à moins 30%. Comment pouvons nous le croire?».
Fabien Rossignol Président (BFC) du MEDEF : Le secteur du bâtiment continue de souffrir !

« En Saône-et-Loire nous avons des difficultés mais nous restons sur un territoire qui reste dynamique économiquement avec de vraies locomotives industrielles qui poussent le territoire vers le haut avec des bassins d’emplois qui sont très dynamiques comme le bassin de la CUCM, le Grand Chalon, le Mâconnais et des territoires plus ruraux qui conservent leurs particularités, leurs spécificités. Je parles des entreprises en général mais le secteur du bâtiment continue de souffrir malgré tout. La Saône-et-Loire se porte pas si mal que ça par rapport à d’autres territoires. Par contre, en tant que président du MEDEF de Bourgogne Franche-Comté, nous avons de vraies inquiétudes sur l’avenir de la filière automobile sur le territoire Franc-Comtois, le sujet est particulièrement compliqué…».
Jean-Claude PIERRAT


