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> Vie locale > LE CREUSOT
05/09/2020 03:17
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LE CREUSOT : Le «Mérite industriel et nucléaire» remis à Jean-Paul Anciaux par Anne Lauvergeon

C’est l’ancienne dirigeante d’AREVA qui a élevé l’ancien Député au grade de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite.
La réception a eu lieu vendredi soir au Château de la Verrerie.
C’est Anne Lauvergeon qui l’a précisé, avec le sourire : Quand Jean-Paul Anciaux lui a demandé si elle acceptait de lui remettre l’Ordre National du Mérite, il lui avait proposé plusieurs dates… «Et j’ai choisi celle du 4 septembre, jour du 150ème anniversaire de la République.
L’histoire retiendra donc que c’est à cette date très symbolique que Jean-Paul Anciaux, né au Creusot, qui a travaillé dans les usines du Creusot, qui a été élu Député du Creusot (et d’Autun) a donc élevé au grande de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite lors d’une réception qui l’a vu réunir ses amis, sa famille et évidemment des personnalités.
Le Maire du Creusot, David Marti, le Maire honoraire du Creusot et ancien Ministre André Billardon – les deux l'ancien député et l'ancien Ministe se sont respectivement battus aux élections – et donc Anne Lauvergeon ancienne dirigeante d’AREVA devenu Framatome, mais aussi Jean-Claude Mailly, l’ancien numéro un du syndicat Force Ouvrière.
La cérémonie a eu pour cadre la salle à manger du Château de la Verrerie. «Ca peut paraître normal de se retrouver, mais aujourd’hui c’est moins normal avec la crise sanitaire et c’est donc bien agréable. On en a besoin. Car la privation de libertés que l’on a vécue, on ne l’imaginait pas car on l’associait à la guerre. Et cela nous est imposé par quelque chose d’invisible qui plane dans le monde. C’est pour cela que l’on a souhaité au Creusot continuer de faire tout ce que l’on faisait avant», a introduit David Marti.
«Jean-Paul Anciaux et moi c’est une histoire très particulière, faite d’amitié dans la sagesse», a poursuivi le Maire du Creusot, évoquant les tumultes, «car on n’est pas de la même famille politique. Mais on a des points de convergence. L’industrie que l’on a dans les tripes et pour laquelle on a travaillé ensemble. Mais aussi cette ville du Creusot que l’on aime avec passion, comme André Billardon. C’est pour cela que l’on est allé vers une amitié solide. Alors merci Jean-Paul de ce que tu as fait pour tous les Creusotins».
Le temps pour Joëlle Arnoult de détailler l’historique de l’Ordre National du Mérite créé le 3 décembre 1963 qui compte 300 membres en Saône-et-Loire ; Le temps pour Philippe Vivien de souligner que «Jean-Paul Anciaux c’est une certaine idée de la France, avec un engagement qu’il a su mettre au cœur de son action au niveau locale et national» ; Le temps pour Rémy Rebeyrotte de juger : «ce qui nous rassemble aujourd’hui c’est la République. Mais aussi l’industrie et la formation pour lesquelles nous nous sommes souvent retrouvés», et c’est donc Anne Lauvergeon qui se lança dans un discours tout en finesse, avec d’opportunes touches d’humour…


Anne Lauvergeon


«Ton talent à avancer avec les élus de droite comme de gauche rappelle que l’on peut connaître la mesure d’un homme à ce qu’en pensent ses adversaires. Et as-tu eu adversaire plus régulier qu’André Billardon ? A vous deux vous avez tenu la députation de votre circonscription plus longtemps que Staline a tenu l’URSS – de 1978 à 2012 -. Quand tu étais Député, il était Maire du Creusot. Vous avez eu le temps de vous affronter dans des duels toujours loyaux. Vous avec aussi eu le temps de coopérer pour faire avancer une Saône-et-Loire qui, quand il s’agit de chérir l’industrie, n’est pas hémiplégique. Vous avez aujourd’hui posé les armes. Vous vous êtes rapprochés et André te montre l’estime qu’il te porte par sa présence aujourd’hui. Cela souligne ici au Creusot votre combat commun malgré votre adversité : Servir un pays, servir d’où l’on vient. Cela rappelle que toute ta vie publique est dédiée au service de ton territoire», a notamment déclaré Anne Lauvergeon.
L’ancienne dirigeante qui a décidé du rachat de la Forge du Creusot par AREVA aime l’industrie et elle le dit avec des mots forts : «On a ici la consécration d’une industrie creusotine qui fait la grandeur de la France. Et c’est aussi en cela que tu as œuvré Jean-Paul»…
Et de poursuivre : «On a en commun la volonté d’une industrie moderne, indispensable à la grandeur de la France. Le nucléaire civil c’est ici au Creusot, l’industrie c’est ici. Tourneur de formation, tu sais de quoi tu parles. Tu t’es battu pour les intérêts du Creusot. Tu es un technicien de terrain, pas un technocrate».
Anne Lauvergeon a encore mis en lumière les engagements de Jean-Paul Anciaux pour l’Industrie, certes, mais aussi pour la formation et l’emploi. Elle a souligné que son rapport et ses préconisations pour le logement étudiant avaient été saluées par tous les syndicats étudiants, «le plan a d’ailleurs été prolongé par Hollande».
La dirigeante a rappelé : «Nous nous sommes rencontrés en Chine à l’occasion d’un voyage pour le développement du nucléaire». Et Anne Lauvergeon a aussi expliqué qu’elle avait proposé à Jean-Paul Anciaux, de reprendre les affaires publiques d’AREVA. «Tu as refusé, mais tu as peut être été perdant, puisque le titulaire est devenu 1er Ministre !»
Après avoir comparé les conséquences du COVID pour notre société, à celles de Fukushima pour l’industrie nucléaire, Anne Lauvergeon a souligné l’importance de la commande publique».
Et d’ajouter : «J’ai confiance dans Le Creusot qui a su se relever des crises industrielles».


Jean-Paul Anciaux


Expliquant qu’il était issu d’une famille où le civisme avait un sens, Jean-Paul Anciaux a d’abord expliqué qu’il est important d’aller au bout de ses convictions et de ses engagements. En ce sens il le dit haut et fort : «Le retour de Framatome au Creusot, c’était un grand moment». Jean-Paul Anciaux y a œuvré, car pour lui il s’agissait d’une réhabilitation du Creusot, «c’est la ville du berceau du nucléaire civil français».
L’ancien Député a salué la présence de Jean-Claude Mailly, avec lequel il a travaillé, «au départ avec des échanges sur la réserve. Mais quand je lui ai expliqué que j’avais été adhérent de FO de longue date, les choses ont été mieux, même s’il a été surpris de mon engagement au RPR. Ensemble, nous avons travaillé dans l’intérêt des salariés et des entreprises».
Le tout nouveau Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, a aussi rappelé une anecdote très significative : «Alors que nous étions en Chine avec Anne Lauvergeon et François Fillon pour la vente de deux EPR, un dirigeant chinois nous a dit : «C’est la meilleure technologie. On va la copier et la mettre en œuvre dans 30 ans !».
Jean-Paul Anciaux qui a eu des mots pour sa famille, son épouse en précisant «c’est David Marti qui nous a marié», a affirmé ses convictions pour l’industrie et pour le nucléaire : «J’ai défendu AREVA dans ses choix stratégiques». C’est aussi pour cela qu’Anne Lauvergeon, reconnaissante, avait accepté l’invitation.

Alain BOLLERY