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24/10/2026 17:00
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LE CREUSOT : Le Magic a présenté, en avant-première, Moulin, le film de Laszlo Nemes, suivi d'une conférence de Fabien Sudry, en partenariat avec creusot-infos

En effet, à l’issue de la projection d'un film poignant, Fabien Sudry, ancien sous-préfet et préfet de Saône-et-Loire, puis de la Bourgogne - Franche-Comté, est revenu sur la vie de Jean Moulin, sur le film et a échangé avec le nombreux public présent
« C’est sur l’invitation d’Alain Bollery, le patron de Creusot Infos, et du complexe cinématographique le Magic, que je suis venu, avec plaisir, à cette avant-première au Creusot. » Un passage saône-et-loirien qui a marqué le haut fonctionnaire : « Ce coin de France est une région d’équilibre, j’ai toujours été marqué par l’amour que portaient les hommes et les femmes du Creusot, de Montceau, pour leurs industries, leurs technologies. Ils étaient, à mon époque déjà, à l’avant-garde de ce que nous devons, maintenant, faire en France. » 
Fabien Sudry n’a pas hésité à revenir sur cette terre d’équilibre, retrouver ces amis, qui plus est, pour parler d’un héros de la Résistance française pendant la Seconde Guerre Mondiale, Jean Moulin, à l’occasion de l’avant-première au Magic. Un héros, une passion, un exemple pour toute une Nation qui en a bien besoin en ce moment. L’ancien préfet de Bourgogne-Franche-Comté n’a pas hésité, à l’issue de la diffusion, à citer celui qui unifia toutes les résistances en France sous les ordres de Charles de Gaulle : « Je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir quand on est en danger. » 
La salle 4 du tout nouveau, tout beau, Magic était remplie. Les cinéphiles, les amoureux de l’Histoire avec grand H, les gagnants des invitations de Creusot Infos, les élus, dont le maire du Creusot, Charles Landre, il y avait du monde pour la sortie, une semaine avant la sortie nationale, du film, sélectionné pour Cannes 2026, de Laszlo Nemes.
Le réalisateur a choisi, volontairement, de retracer les derniers moments de la vie de Jean Moulin, son arrestation à Caluire, son duel avec l’officier « SS » Klaus Barbie, la torture morale et physique ainsi que la naissance du héros, son sacrifice pour la France, très joliment représentée. 
On ne « divulgâchera » nullement le film, le réalisateur aura, de l’aveu même de Fabien Sudry, pris quelques raccourcis bien compréhensibles et même ajouter une histoire d’amour qui est bien plus métaphorique que réelle. Un film, on en est convaincu, qui marquera les esprits : le duel Moulin/Barbie est grandiose, les deux acteurs principaux, Gilles Lellouche et Lars Edinger sont époustouflants dans leur jeu, enfin, même si ça dure plus de deux heures, nous sommes carrément transportés. Attention aux âmes sensibles, certaines scènes sont violentes. 
Curieusement, même si l’histoire cinématographique française a souvent parlé de Résistance, de Jean Moulin, jamais le grand écran n’avait fait un film sur la grande figure de cette lutte. On notera, tout de même, quelques téléfilms.
A la fin de la retransmission, alors que la salle était encore sous l'émotion des dernières scènes et de la conclusion, Fabien Sudry a pris le micro pour analyser le film, la vie de Jean Moulin et échanger avec le public. L’ancien préfet connaît parfaitement la vie de celui qui est devenu, très tôt dans sa carrière, un modèle : « Jean Moulin a été comme moi, un sous-préfet et un préfet. C’était le représentant de la France sur le territoire, cette fonction que j’ai moi-même épousée. » 
Le film ne parle que de la fin de vie du chef de la Résistance française, Fabien Sudry a, lui,  parlé de son parcours. Sa première nomination de sous-préfet à seulement 26 ans, un record, puis à 36 celle de préfet, là aussi, autre record.
Le moment qui marquera définitivement son engagement sera le 17 juin 1940, un jour avant le discours de Charles de Gaulle à la BBC. Depuis ses bureaux de Chartres, à peine occupés par les Allemands, il refusera catégoriquement de signer un protocole rédigé par les nazis devant reconnaître l’implication, fausse, d’exactions commises par les tirailleurs sénégalais sur des civils. S’ensuivirent des menaces, humiliations et les premières tortures qui l’amèneront à tenter de se suicider, d’où la cicatrice au cou qu’il essaiera de cacher plus tard. La légende était née. 
De ses premières rencontres avec de Gaulle à Londres, son compte rendu précis de la Résistance en France et son organisation, puis son unification, Fabien Sudry a détaillé les très nombreuses actions de Jean Moulin : « Charles de Gaulle, de sa première rencontre avec Jean Moulin, a trouvé que c’était un patriote ardent, et dès le début il l’a mandaté pour être son représentant, coordonner les mouvements de la résistance et enfin de réunir ce qui allait devenir le Conseil National de la Résistance.
Les deux hommes avaient le sens de l’Etat. Jean Moulin a toujours été fidèle à de Gaulle, c’était un préfet. Il avait compris que la liberté, ce n’est pas de faire ce que l’on veut tout le temps, la liberté c’est, quand on prend un engagement, de tenir cet engagement. Jean Moulin était un homme libre qui s’était engagé, un esprit critique qui a refusé l’embrigadement, la barbarie. C’est un modèle républicain, qui avait des convictions et qui est allé au bout de ses convictions. 
De Gaulle a dit de lui : « Pur et bon compagnon, qui n’avait foi qu’en la France, qui a su mourir héroïquement pour elle. » Pour comprendre Jean Moulin, il faut comprendre cette fidélité envers de Gaulle et la France. On ne peut que s’incliner devant sa force d’âme, son courage qui est allé jusqu’à l’abnégation, pas de soi-même, mais un courage pour la mission qui lui avait été donnée. C’est la raison pour laquelle, encore aujourd’hui, Jean Moulin est pour tous les préfets, les sous-préfets, une référence constante, dans l’action et la réflexion. Il fait partie de ces hautes figures qui nous élèvent. On en a besoin, il y en a eu d’autres, il fait partie de ceux-là. »
Vincent Brucci