
Les syndicalistes de la CGT se sont postés ce vendredi après-midi en gare du Creusot et ont distribués des tracts pour sensibiliser les usagers de la SNCF.
Au lendemain de la journée de mobilisation du 5 novembre lancée au Creusot par l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, FSU, l’Union Locale CGT Le Creusot-Montchanin avec le syndicat CGT de Cheminots de Montchanin s’est postée de 16h30 à 17h15 à la gare du Creusot pour dénoncer, à l’arrivée de trains très porteurs en terme de flux d’étudiants et de population, le projet de fermeture définitive des guichets des gares du Creusot, de Montchanin et de Monceau-les-Mines programmée pour la mi-décembre 2026. Dans un tract distribué aux voyageurs, les syndicalistes s’insurgent contre le projet et dénoncent «Une nouvelle attaque frontale et inacceptable contre les citoyens du territoire, attaque qui se prépare dans les bureaux de la filiale SNCF SVBO et de la région Bourgogne-Franche-Comté ».
Sensibiliser la population
Pour Pierre Badey (secrétaire général de l’UL Le Creusot), il s’agit avec cette nouvelle mobilisation de sensibiliser la population sur les suppressions de guichets dans les gares territoriales. « C’est une suppression de guichets et à nouveau une disparition d’un service de public de proximité, c’est priver les gens de prendre leur billet dans les gares SNCF de proximité, pour envoyer vers les points de vente et externaliser. On perd à nouveau des services publics et cela peut nuire aussi au dynamisme des villes…». Pour le syndicaliste, il faut que les gens s’emparent de ce genre de problématique pour lutter aussi contre le sentiment d’abandon. «Quand les services publics se dégradent et disparaissent, les populations ont le sentiment d’abandon. Donc nous CGT, on occupe le terrain et nous répéterons cette action autant que besoin, en coordination avec nos camarades des autres gares… Notre objectif c’est le maintien des services publics.».
Pour la CGT, une fois de plus la logique comptable l’emporte sur l’intérêt général.
«En supprimant la présence humaine et la vente de billets physiques, la filiale de la SNCF SVBO et la région coupent littéralement le train à toute une frange de la population : personnes âgées, personnes éloignées du numérique ou tout simplement les usagers désireux d’obtenir un conseil ou un tarif adapté auprès d’un agent…». Aussi les syndicalistes n’accepteront pas ce plan de liquidation et exigent le maintien de l’intégralité des guichets physiques, le retour du personnel en gare, ainsi qu’un plan d’urgence pour la rénovation des quais et la mise en accessibilité PMR immédiate de la gare du Creusot. «Le conseil régional a fait un appel d’offres, SNCF voyageurs s’est placée comme toutes autres entreprises et a remporté le marché mais pas avec l’ancienne entité « SNCF Voyageurs ». Elle a placé la filiale SVBO qu’elle a créée et qui aujourd’hui n’existe pas encore officiellement. Elle sera officialisée le 13 décembre prochain avec la mise en application de la fermeture des guichets. Les voyageurs demain devront se débrouiller. C’est une casse sociale…» a expliqué Mickaêl Chevalot agent voie à la brigade voie Montchanin LGV, venu en soutien des syndicalistes qui vont être filialisés à SVBO.
Usager, Rémi Finance (Dijon) : C’est insupportable !
« Je trouve ce projet débile, je pense que les guichets aident de nombreuses personnes. il faudra prendre uniquement son billet sur le site internet ou sur des applications… C’est finalement dépendre de la technologie et des applications, et quand l’application ou les sites internet ne marcheront pas, ce sera très embêtant. Pour les personnes âgées qui n’ont pas l’habitude des technologies numériques comme internet, c’est encore une connerie de la SNCF. Quand je vois tous les problèmes de trains, les retards, les trains pas propres et les prix des billets… Avec un service comme ça, on s’attend à avoir de la qualité… et au final, quand je vois tout ça c’est insupportable…».
J-C.P



