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> Vie locale > LE CREUSOT
06/09/2024 15:00
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LE CREUSOT : Du début de la guerre à la libération, l’expo événement à voir absolument

Elle se tient à l’ALTO et elle a été inaugurée vendredi soir. Une expo événement qu’il ne faut pas rater. «Aujourd'hui, il faut que les jeunes puissent intégrer que Le Creusot a tout fait pour résister et vaincre l'ennemi», a lancé le Maire David Marti.
Bravo ! Oui Bravo aux Nouvelles Editions du Creusot, à la Baraque TV, à la ville du Creusot en premier lieu, mais aussi à l’Académie François Bourdon, au Photo Club et évidemment à toutes celles et tous ceux qui ont permis la création d’une exposition événement. Oui, car c’est un formidable voyage dans l’histoire du Creusot que l’on peut effectuer à l’ALTO, à l’occasion du 80ème anniversaire de la libération de la ville.
Les Nouvelles Editions du Creusot ont eu la bonne idée de décider de profiter de cet anniversaire pour montrer évidemment la Libération du Creusot telle qu’elle a été vécue et immortalisée ; Mais aussi de proposer une forme d’immersion dans les terribles années du Creusot en guerre.
Très clairement, le visiteur pourra découvrir tout ce qu’il ne savait pas sur la seconde guerre au Creusot, l’occupation de la ville, les bombardements cruellement subis, mais aussi ce qu’a été la résistance jusqu’à la libération de la ville.
Pour bien vivre le présent et mieux affronter l’avenir, il faut connaitre son histoire. Et c’est en ce sens que cette exposition va faire date. Il faut espérer qu’un maximum de personnes vont la découvrir. Que les parents vont emmener leurs enfants. Pour leur montrer. Leur expliquer. Mettre en perspective ces heures sombres qui ne peuvent pas laisser indifférent.
La guerre, l’horreur de la guerre, cela n’est pas toujours ailleurs. Cela peut être chez nous. Il faut l’avoir à l’esprit.
L’exposition est à découvrir tous les jours, à l’ALTO, à partir de 15 heures, jusqu’à 19 heures.
Alain BOLLERY

Ils ont dit


Michel Bouillon
Président des Nouvelles Editions du Creusot
«Cette exposition qui a lieu grâce à la mairie du Creusot, a été réalisée par les Nouvelles Editions du Creusot et par la Baraque TV avec l'aide documentaire de l'Académie François Bourdon et du Photoclub du Creusot.
Nous sommes réunis pour célébrer le 80ème anniversaire de la Libération. Au Creusot, il n'y a pas eu de véritables combats pour libérer la ville, le 7 septembre 1944, mais plusieurs événements importants se sont produits lors de cette première semaine de septembre, soit au Creusot-même soit dans la périphérie de la ville.
Parmi ces événements, nous pouvons citer malheureusement les trois dernières exactions allemandes. Des accrochages ont lieu à Marmagne et à Granges avec des soldats allemands en repli, au cours desquels une douzaine de résistants et de civils perdent la vie. Il ne faut pas confondre cet accrochage de Marmagne du 4 septembre qui fait 8 morts avec les exécutions des 6 résistants à Visigneux qui avaient eu lieu 2 mois plus tôt. Au Creusot, dans la nuit du 6 au 7 sept., les troupes d'occupation font exploser tous les points vitaux des usines Schneider en abandonnant la ville.
Deux raids de l'aviation américaine, à ½ heure d'intervalle, sur un train de munitions à Perreuil puis sur un train ouvrier à Broye font une dizaine de morts supplémentaires.
On retient également la prise spectaculaire par un détachement de la 1ère armée de libération, à Saint-Bérain-Sur-Dheune, du train blindé qui avait été caréné dans les usines du Creusot.
Mais ce qu'il faut aussi souligner au cours de ces journées si particulières de ce début septembre 1944, c'est le retour de l'espoir après 4 années d'angoisse passées sous la botte allemande. La population creusotine manifeste son enthousiasme au passage d'un détachement de la 1ère armée au Creusot, le 7 septembre 1944. Ces démonstrations de joie se poursuivent avec l'organisation d'un bal populaire par les habitants de la rue Wendel, aux 4-Chemins, avant la grande célébration officielle de la Libération du Creusot qui aura lieu quelques jours plus tard.
Tous ces sujets en relation avec la Libération du Creusot sont traités dans la dernière partie de l'exposition. Mais il nous a paru nécessaire, à la Baraque TV et aux Nouvelles Editions du Creusot, fort de leur implication respective dans l'histoire locale et fort de leurs réalisations passées sur cette période, d'étendre cette exposition à l'ensemble de la Seconde Guerre mondiale au Creusot.
Alors que les rangs des témoins directs s'éclaircissent inexorablement, il nous a en effet paru important de rappeler ce qu'il s'est passé pendant cette période, en particulier pour les jeunes générations. La forte implication des écoles de la ville dans ce projet prouve l'intérêt suscité par ce sujet.
L'exposition est organisée en 5 espaces traités de façon chronologique entre les tonnelles de la Baraque TV où sont diffusés les témoignages du vécu des Creusotins, alors très jeunes au moment des faits, témoignages que La Baraque TV a enregistré au cours de ces dernières années. Sa présidente, Madame Anne Mallet, vous en dira plus après mon intervention sur le travail réalisé et les projets de son association dans le cadre de cette exposition.
Vous découvrirez les nombreux thèmes relatifs à cette période qui ont été traités et réalisés par les Nouvelles Editions tout au long des 5 espaces. Plus de 200 panneaux explicatifs illustrés de nombreuses photographies souvent inédites ainsi que d'innombrables objets et documents originaux de cette période, vous replongeront plus de 80 ans en arrière.
Le Creusot a été durement touché pendant ces années noires. La ville et ses usines sont mises sous le joug de l'occupant dès juin 1940. Une collaboration économique forcée s'installe, ce qui vaudra au Creusot de subir 2 bombardements anglais, en octobre 1942 et juin 1943, qui détruisent une grande partie de la ville et causent la mort de 350 de ses habitants. Plus de 2 000 travailleurs locaux sont déportés du travail en Allemagne au titre de la Relève et du STO à partir d'octobre 1942.
Plusieurs centaines d'entre eux ne rentreront qu'en 1945, c'est-à-dire plusieurs mois après la libération du Creusot.
Les conditions de vie au Creusot sont alors précaires en raison des rationnements de toutes sortes et des difficultés de déplacement. C'est le temps de la débrouillardise et du système D pour se procurer la nourriture dans les fermes environnantes, pour remplacer les produits qu'on ne trouve plus ou pour fabriquer des ustensiles de la vie quotidienne.
La résistance se développe, favorisée par l'afflux des réfractaires au STO dans les maquis qui entourent le Creusot et au-delà, mais la répression allemande est terrible comme vous le verrez dans l'espace 4 de l'exposition. La résistance passive s'installe aussi dans l'usine où le personnel renâcle à exécuter les commandes du Reich. Les Allemands perdent patience et font arrêter des dizaines de travailleurs et le directeur, Monsieur Stroh. Ils sont pour la plupart déportés dans les camps de concentration d'où beaucoup d'entre eux ne reviendront pas.
L'exposition se termine par un épisode assez méconnu. C'est l'un des revirements que l'Histoire avec un grand H, nous réserve. Alors que plus de 2 000 Creusotins avaient été contraints d'aller travailler en Allemagne pendant la guerre au titre de la Relève et du STO, à leur tour, plus de 2 000 soldats allemands prisonniers de guerre, sont venus travailler au Creusot entre 1944 et 1948 où ils participent à la reconstruction de la ville ou sont employés dans les usines Schneider.
Je voudrais conclure en soulignant et en mettant en avant le travail considérable fourni par les Nouvelles Editions du Creusot et la Baraque TV pour organiser cette exposition. Je remercie chaleureusement tous les bénévoles de nos associations qui ont consacré, pour ce qui concerne les membres des Nouvelles Editions, plus de 3 000 h à sa réalisation. Merci à Pierre Henri Guillet qui s'est chargé de la muséographie pour rendre cette exposition la plus intéressante possible pour le grand public. Merci aussi à nos sponsors pour leur aide en matière de communication. Enfin, j'adresse tous nos remerciements et notre reconnaissance à la municipalité du Creusot et aux services de la ville, en particulier à Monsieur Flèche, pour leurs aides logistique, matérielle et financière ainsi que leur implication sans faille sans lesquelles rien n'aurait été possible.


Anne Mallet

Président de la Baraque TV
«Je voudrais tout d'abord renouveler les remerciements à la municipalité du Creusot et aux services de la ville, en particulier à Monsieur Puzenat et à Monsieur Flèche pour leur écoute, leur aide et leur capacité à répondre à nos nombreuse demandes.
Je remercie également Monsieur Le Président des NEC pour sa présentation du travail réalisé par les associations qui participent à cette belle exposition commémorative et je serai brève pour vous présenter le travail que nous vous proposons de découvrir.
La devise de la Baraque TV est de filmer les talents là où ils sont, La star c'est notre territoire, les acteurs ce sont ses habitants
Au cœur de ce territoire et au centre de l'histoire il y toujours des enfants, des femmes, des hommes qui la subissent, qui l'écrivent ou qui en inventent la suite.
Depuis de nombreuses années le travail de notre association est de capter les témoignages, les souvenirs de ces acteurs du quotidien souvent anonymes.
Nous vous proposons de découvrir cinq espaces de projections scénographiés pour évoquer grâce à l'aide de nos partenaires l'ambiance de ces années terribles de l'occupation et les épreuves subies par la population.
Car si une minorité est auteure des crises et des conflits, la majorité silencieuse en est souvent la victime.
Les histoires sont extraites du film Le Creusot une ville en guerre mémoire de ses enfants que nous avons réalisé en 2016, les témoignages ont été retravaillés, remontés, augmentés d'archives d'époque
L'occasion de participer à cette magnifique exposition nous permet de convoquer à nouveau la mémoire de ces jeunes creusotins pour que l'on se souvienne de leurs années de guerre, de leurs destins liés à celui de la ville et bien évidement à celui des usines.
Alors à travers ces images nous vous proposons de retrouver ces gamins, ces gamines, ces adolescents de 1940,Camille, Marthe, Luce, Geneviève, Louis, Paulette, Renée, Andrée, Geneviève, André, François, Jacques, André, Guy, Michelle Beaucoup d'entre eux nous ont quitté ces dernières années, alors écoutons les et souvenons nous.
Durant le temps de l'exposition nous nous proposons d'enregistrer les témoignages de celles et ceux qui voudraient encore témoigner de leurs souvenirs ou des histoires transmises par leurs familles, les témoins s'éteignent petit à petit et avec eux leurs chemins de vie, n'hésitez pas à venir nous voir pour transmettre votre mémoire aux futures générations, nous sommes là pour vous écouter».


David Marti

Maire du Creusot
«Cette exposition est le fruit d'un gros travail collectif. On l'a voulu car ce sont des événements particuliers. Nous avons voulu faire le maximum pour que cette exposition soit marquante.
Au Creusot, il y a toujours de la pudeur par rapport à cette époque. Et pourtant il y a eu une résistance. J'ai senti que cette pudeur se levait quand il y a eu l'exposition sur les bombardements.. Car il y avait le poids des Schneider, pas si noir et pas si blanc.
Je le répète, car c'est trop méconnu, il y a eu la résistance. Une vraie. Nous l'avions peut-être oublié. Une injustice a douc été brisée, car oui dans cette ville il y avait une pudeur par rapport à la famille Schneider qui pourtant a eu aussi un rôle de résistance. Le Creusot bombardé par les alliés n'a jamais trop parlé de cette résistance. André Billardon m'a fait remarquer un jour qu'il n'y avait pas au Creusot une rue des Martyrs de la Résistance, comme dans d'autres villes. Mais une rue des Martyrs de la Libération.
Le Creusot a été labellisé ville martyr et pas ville résistante !
Alors aujourd'hui, il faut que les jeunes puissent intégrer que Le Creusot a tout fait pour résister et vaincre l'ennemi. Et au regard de ce que l'on sait, de ce que l'on peut découvrir, je le dis, «qu'est ce que ça doit être dur d'être privé de liberté !»
Nous avons la chance, ici, de ne pas connaitre cette période. Quelle épreuve de ne pas pouvoir faire ce que l'on veut.
Pendant la crise COVID, il fallait demander la permission de sortir et j'ai imaginé ce que certains ont pu ressentir quand ils étaient privés de liberté. Le COVID ce n'était rien comme privation de liberté.
Nous sommes un pays de valeurs. C'est pour cela qu'il faut rendre hommage à ceux qui nous ont permis d'être là aujourd'hui, de toujours parler français».


Rui Fernandes a réalisé cette fresque gigantesque pour les besoins de l'exposition

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