
«Difficile de commencer un dialogue serein par une procédure d’expulsion», a accusé Jérémy Pinto… «Vous resterez comme le Maire qui aura perdu le siège de la Communauté», a lancé Evelyne Couillerot… «Libérer des bureaux, ce n’est pas expulser la Communauté Urbaine… …La Présidente prend en otage la CUCM», a répliqué Charles Landre.

Ainsi que nous l’avons écrit dès lundi soir, c’est donc à l’unanimité que les élus de la majorité de droite et de l’opposition de gauche au conseil municipal du Creusot, ont voté «contre» le transfert du siège de la Communauté Urbaine à Montceau les Mines
(lire notre article).
Mais avant le vote, les élus d’opposition ont développé leurs arguments pour déplorer la situation et en attribuer la responsabilité à Charles Landre accusé, en quelque sorte, d’avoir mis le feu en demandant de récupérer l’ensemble des locaux occupés par les services de la CUCM au Château de la Verrerie, non sans avoir souligné à l’époque que la ville du Creusot n’a jamais touché un centime d’euro de loyer.
Le Maire du Creusot l’avait fait quand il avait été interrogé par creusot-infos, après un conseil municipal (
lire notre article).
Depuis, de l’eau a coulé dans la Bourbince et Isabelle Louis, maire de Montceau et Présidente de la Communauté Urbaine, avait contre-attaqué en proposant aux élus de la Communauté Urbaine, de transférer le siège de celle-ci à Montceau les Mines.
Une proposition approuvée par les élus communautaires, mais pas à l’unanimité. Un vote que les communes de la CUCM doivent valider à leur tour, avec une obligation que les votes favorables des communes représentent 66,67% des habitants concernés. Par contre si 12 communes, représentant 33,34% des populations s'y opposent, alors le siège de la communauté urbaine ne sera pas transféré à Montceau les Mines !
Jérémy Pinto
«Difficile de commencer un dialogue serein par une procédure d’expulsion»

Le leader de l’opposition Jérémy Pinto, a demandé la parole pour, d’abord, avoir une pensée pour Serge Chevalier et évoquer sa mémoire. «Il a été l'élu de cette ville pendant tant d'années, un premier adjoint qui s'est engagé ardemment pour le développement du Creusot. Ce conseil municipal doit bien lui rendre hommage».
Cela avant d’entrer dans le sujet du jour, pour lancer : «Monsieur Landre, tout de même, après avoir entamé une procédure d’expulsion de la communauté urbaine du château de la Verrerie, par préavis de 6 mois, nous en sommes aujourd'hui aux conséquences…
Car oui, le départ si précipité du siège de la CUCM est d’abord de votre responsabilité Monsieur le Maire. Ce n’est pas la CUCM qui l’a voulu ou qui a exprimé son souhait de partir. Je rappelle que le 29 avril dernier, c'est vous M. le Maire, par voie de
Presse, qui demandiez à la Communauté Urbaine «de quitter et de déménager d’ici 6 mois». Et bien malheureusement nous y sommes…
Je dis bien malheureusement car, avec l’ensemble des élus de mon groupe, nous ne pouvons nous-mêmes que regretter le départ du Creusot du siège de la communauté urbaine. Bien entendu nous ne voterons pas ce départ.
Nous pensons que Le Creusot ne peut pas se construire sans la communauté urbaine, et réciproquement que la communauté urbaine ne peut pas se construire sans Le Creusot. Mais pour se faire cela n’est possible que dans le cadre d’un dialogue sérieux. Je pense qu'il y avait une autre manière de faire que la vôtre et vos communications par voies de presse. Difficile de commencer un dialogue serein par une telle procédure d’expulsion, reconnaissez-le…
Notre vœu c’est que la localisation au Creusot se travaille sereinement et dans la durée. Je ne prends pour exemple que les questions économiques. Pensez-vous, que la renaissance industrielle du Creusot aurait été possible sans la communauté urbaine ? Même question sur la présence de notre campus si dynamique ?
Le départ du siège n’est pas que symbolique. Votre délibération ce soir est très succincte... à peine une page pour une décision qui est pourtant lourde de conséquences pour la ville du Creusot, malheureusement !»
Charles Landre
«Libérer des bureaux, ce n’est pas expulser la Communauté Urbaine… …La Présidente prend en otage la CUCM»

Le Maire Charles Landre ne manqua pas de répondre à Jérémy Pinto : «Puisque vous parlez de méthode, je veux rappeler que j’ai exprimé depuis de nombreuses années, mon désir de voir que le patrimoine soit mieux valorisé. Je l’ai écrit dans mes documents de campagne. Je ne fais que retranscrire ce que j’ai dit et annoncé.
Libérer des bureaux, ce n’est pas expulser la Communauté Urbaine. 15 millions d’euros ont été engagés à Hub&Go. La CUCM possède d’autres locaux, comme les locaux dédiés à l’Hospitalisation à Domicile et qui avant accueillaient le service informatique communautaire.
Il y a notre volonté d’ouvrir, de faire du château un lieu culturel, vivant et de rencontres.
Le transfert du siège, c’est une décision politique et ce sont deux sujets différents.
Oui il y a un retour industriel qui s’organise au Creusot, même s’il faut attendre que les entreprises embauchent. Le Creusot et ses entreprises vont devenir les locomotives de la Communauté Urbaine.
C’est une intercommunalité, pour mieux porter les politiques. Elle ne doit pas être l’objet d’un combat entre les communes. La Présidente prend en otage la CUCM.
Je rappelle qu’il y a quelques années, la première pierre d’un hôpital communautaire avait été posée à Montchanin. Il ne s’est pas fait. Et on en paye les conséquences.
Oui je suis intervenu dans la presse ; Et j’interviens quand il n’y a pas de réponse ou des blocages. Des exemples :
Concernant le Château de la Verrerie, on a répondu cet été que l’on était prêt à étudier que les bureaux restent plus longtemps. On nous a demandé jusqu’à la rentrée. Aujourd’hui on n’a aucun retour concret.
Sur le Château on avait demandé d’explorer la place des archives dans les sous-sol… aucune réponse.
On a aussi proposé, à deux reprises, à ce que l’on travaille pour relocaliser les bureaux au Creusot. On n’a aucun retour.
Deux autres exemples : Les jardins des terrasses. Cela reste un plateau dangereux interdit, alors que la rentrée universitaire a eu lieu.
Ce matin, j’ai rouvert la rue Condé, en faisant couvrir le trou ; En faisant poser des plaques de métal.
Nous avons une communauté urbaine qui dysfonctionne. Le Creusot est une ville centre, animée d’une énergie et d’un dynamisme économique, je pense à tous nos collègues qui souffrent de la situation depuis six mois.
Oui ce n’est pas ma décision de faire déménager le siège. Le dire c’est un peu fort.
La seule réponse que l’on a de la CUCM c’’est de déménager le siège. Je ne doute pas que les communes autour seront guidées par la voie de la sagesse. J’ai la certitude d’une unanimité sur le sujet au Creusot».
Laëtitia Martinez
«Si vous aviez agi différemment, on n’en serait pas là»
«Vous avez exprimé avoir un projet sur le Château. On attend de le connaitre. La question n’est pas le sujet. Si vous aviez agi différemment, on n’en serait pas là.
Parler de prise d’otage c’est un peu fort de café. Vous l’avez exprimé dans la presse ; Il faut construire et travailler dans l’intérêt du territoire».
La rue Condé s’invite dans le débat…
Florence Pauchard : «L’intervention de la CUCM, rue Condé, devait être faite ce mardi. Je ne comprends pas votre précipitation».
Charles Landre : «Je suis surpris. Cela fait six mois et on n’a aucune réponse ; Personne pour avancer sur le dossier. Le trou est toujours là. La CUCM nous a fait un mail après avoir découvert nos engins de chantier.
Que faut-il que je fasse ? Que je mette des engins de chantier rue de Chanzy pur que les travaux soient lancés ?
J’ai fait x courriers sur la rue Condé et la rue de Chanzy, sans réponse.
Madame Pauchard, on a eu une rencontre mercredi avec le Directeur de la Communauté. Il devait revenir vers nous avant vendredi. On n’a pas eu de retour.
Pour les jardins de terrasses faut-il que l’on mette du ciment, pour qu’on nous annonce les travaux ?
Rue Condé on a fait des travaux d’urgence. J’attends que le trou soit bouché. Donc j’attends que ce soit mardi matin. J’attends de voir».
Evelyn Couillerot
«Vous resterez comme le Maire qui aura perdu le siège de la Communauté»

«Nous ne sommes pas sur la même conception des relations. Vous parlez de courriers. Dans cette intercommunalité, ce sont les rencontres, les échanges. Vous avez décalé un rdv pour le caler plus tard. Vous dites courriers, on dit travail.
Je ne peux pas laisser dire que la communauté urbaine dysfonctionne. D’ailleurs vous le répéter tellement souvent. Oui il faut parler des problèmes.
Je connais les difficultés techniques de la rue de Chanzy.
Oui il y a la propreté, mais il n’y a pas que ça, il y a les grandes politiques publiques, économie, université.
Je suis triste des blocages qui existent, deviennent compliqués et nuisent au Creusot.
Aujourd’hui la situation est bloquée. Le changement de siège, n’a rien à voir avec le Château. C’est dommageable. Vous resterez comme le Maire qui aura perdu le siège de la Communauté. On a eu, avant, des Présidents au Sud et ce n’était pas le cas».
Charles Landre
«Il n’y a pas besoin de coconstruire pour boucher un trou»

«Je suis heureux Madame Couillerot que vous faites mon oraison funèbre ! La voirie, les petites choses, Madame, ça compte dans la vie des gens. Je vous invite à m’accompagner dans mes rdv. Il n’y a pas besoin de coconstruire pour boucher un trou.
Aujourd’hui, oui la Communauté Urbaine dysfonctionne. Je précise qu’on a des réunions de qualité, comme sur le logement. Par contre pour des trous, personne n’est là pour signer un bon de commande.
Si la Présidence dysfonctionne, ce n’est quand même pas à cause d’un recours.
Je demande à ce que l’on revienne à l’esprit communautaire. Un outil pour la mutualisation et un outil pour les communes ; Mais certainement pas un leu d’affrontement politique. J’espère que nous aurons les résultats des recours rapidement».
Alain BOLLERY