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> Vie locale > LE CREUSOT
30/06/2020 03:17
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LE CREUSOT : Charles Landre et David Marti en opposition frontale sur le vote du budget 2020

Le Maire et le leader de l'opposition se sont affrontés sur le vote du budget. Arguments contre arguments. Pierre-Etienne Graffard a demandé plus de vert dans les politiques.

Evelyne Couillerot

«Ce Conseil Municipal se tient au lendemain du 2ème tour des élections municipales et il est intéressant de regarder quelle analyse nous pouvons en faire afin d’étayer nos choix politiques sur notre ville.
Les résultats obtenus hier soir sur nombre de grandes villes ont valeur de symbole. Certes, Le Creusot, ce n’est ni Lyon, ni Bordeaux ou Strasbourg et pas Paris non plus. Mais nos villes moyennes ont également à répondre à leur échelle et en fonction des réalités locales aux aspirations et préoccupations qui s’expriment dans les urnes.
Au-delà des résultats partisans et des analyses d’appareils, je constate surtout que 2 grands thèmes sortent gagnants : l’écologie et les solidarités.
Et de fait pour notre équipe municipale, cela conforte notre victoire dès le 1er tour des élections municipales : « pour un projet social, écologiste, humaniste et de progrès »
Nous avons fait des propositions volontaristes dans ces domaines à nos concitoyens afin d’accélérer la transition énergétique et écologique tout en étant attentifs aux plus fragiles et à notre capacité de vivre ensemble.
La préparation budgétaire qui aboutit aujourd’hui au vote du budget 2020 est un acte fort de mise en musique de nos engagements que nous voulons lisible dans une démarche pluri annuelle.
1)    Au Creusot nous ne partons pas de rien
Beaucoup a été fait même s’il reste beaucoup à faire
Vote d’une charte développement durable en 2007, présentation d’un rapport état des lieux en 2017
Quelques exemples des mises en œuvre qui ne sont pas exhaustifs :
-    Restauration scolaire : accessibilité sociale (tarifs maintenus depuis de nombreuses années), menus végétariens + part locale et/ou bio dans les menus proposés (40%)
-    Epicerie solidaire (Hirondelle) + installation de ruches et production de miel vendu par l’épicerie solidaire
-    Changement de nos chaudières pour des chaudières gaz à basse consommation afin de limiter notre empreinte énergétique
-    Changement des ampoules classiques en LED : le but est de réduire les puissances installées tout en éclairant conformément aux normes (respect des valeurs d’éclairement en fonction de la classification de la voie)
En terme budgétaire : économie moyenne par an de 15 500€ depuis 2016 début de la démarche, et qui s’additionne chaque année ; pour au total un peu plus de 100 000€ économisés sur 4 ans
-    Installation de panneaux photo voltaïques sur le nouveau bâtiment du service des sports à Jean Garnier afin de non seulement économiser de l’énergie mais aussi en produire
-    Serres municipales : récupération des eaux de pluie et d’arrosage ; protection biologique intégrée ; suppression de l’utilisation de produits phytosanitaires
-    Adhésion à la démarche « communes éco engagées » portée par la CUCM
2)    Budget 2020 = budget de transition entre 2 mandats
Poursuite des actions engagées :
-    Subventions aux particuliers pour l’achat de Vélo à Assistance Electrique (VAE)
2018 : 40 dossiers pour un total de 11 699€
2019 : 61 dossiers pour un total de 17 350€
2020 : 21 dossiers au 26 juin pour 6 280€ (17 depuis mai et la sortie du confinement)
Coût moyen du VAE légèrement supérieur à 1000€
La montée en puissance des demandes nous conforte dans l’intérêt de poursuivre cette démarche.
-    Chaudières qui seront remplacées en 2020 (suppression utilisation du fuel pour un passage au gaz) : club house COCB et bâtiments relais rue Anatole France. Sur notre ville, il ne restera plus qu’une seule chaudière gaz sur l’aile gauche des salles St Henri
-    LED :
Un marché est lancé pour remplacer sur 3 ans l’ensemble des ampoules d’éclairage public par du LED = inscription budgétaire sur les 3 ans à venir de 650 000€
Dans nos bâtiments : remplacement des éclairages de la grande salle de l’Alto (18 400€), remplacement des éclairages du bâtiment B de l’école Marie Curie (5 600€), remplacement des éclairages salle des Acacias (45 500€)
-    L’Isolation thermique de nos bâtiments se poursuit : atelier mécanique (19 856€)
-    Les serres municipales sont très engagées sur la récupération des eaux de pluie et d’arrosage. La protection biologique intégrée, la suppression de l’utilisation de produits phytosanitaires et l’adaptation aux évolutions climatiques dans le choix des essences et variétés à planter.
3)    Tracer des perspectives pour les 6 ans à venir : amplifier et structurer notre action pour une ville en transition en concertation avec les habitants et les associations
Exemples d’axes de travail :
-    Mobilités actives (marche, vélo…) : travailler à un système global en lien avec le schéma cyclable adopté par la CUCM pour une ville apaisée où chacun peut trouver sa place et respecte l’autre. Réflexion présente dans tous nos futurs aménagements urbains, vitesse de circulation, stationnements vélo (2 nouveaux abris à vélo en 2020 pour un montant de 17 000€), animations autour du vélo en lien avec les écoles, l’Escale….
-    Trame verte / paysages : avec nos services gestion diversifiée des espaces verts pour protéger la biodiversité, adaptation au changement climatique (choix des espèces, eau)
Arbres : plan de préservation, de renouvellement et de renforcement de leur présence en ville
-    Lien avec la CUCM, partenaire : habitat (écoquartier Jean Jaurès)
La transition écologique se fait et se fera également par l’engagement humain des agents du service public : espaces verts, centre de loisirs, péri scolaire, sport, culture….
Les budgets successifs ont progressivement intégré les objectifs prioritaires de la ville que ce soit en termes d’énergie et d’eau, de gestion des déchets et d’utilisation de produits, de modernisation de l’administration (dématérialisation, mise en place du paiement en ligne, d’achats comme le papier recyclable).
C’est une démarche, un effort constant et une action transversale, conjointe et coordonnée de l’ensemble de nos services que nous devons encourager et valoriser.
En fonctionnement les dépenses de personnel s’élèvent à 14,239 M€. Derrière ce chiffre, il y a un engagement fort de femmes et d’hommes que je tiens à remercier. Ils portent des actions qu’il conviendra de mieux mettre en lumière à travers des outils de suivis, d’évaluation et notamment l’exercice budgétaire.
Nous nous fixerons des objectifs ambitieux qui jalonneront les 6 ans à venir et dont nous évaluerons la mise en œuvre tout au long du mandat.
Notre ville doit être exemplaire. Ainsi notre collectivité aura également un rôle de sensibilisation, d’information, d’entrainement et d’accompagnement de nos concitoyens.
Vous l’aurez compris, M. le maire et chers collègues, nous nous inscrivons fortement pour la durée du mandat dans une transition écologique raisonnée et efficace.
Dans ce sens, lors d’un prochain conseil, nous vous proposerons de signer la Charte villes et territoires « sans perturbateurs endocriniens » avec le réseau environnement santé (RES) afin d’amplifier notre action et de mieux la structurer pour une ville en transition».


Pierre-Etienne Graffard

«Le budget c’est le concret, la réalité de la politique menée sur la ville. Pour faire court, je n’aborderai que deux aspects de ce budget.
En premier, Je reviendrai sur ce qui avait fondé mon intervention lors de l’installation du conseil, la nécessité de la hiérarchie sociale au niveau des services publiques de la ville, c’est à dire la valorisation salariale des bas salaires des agents pour le dire plus simplement.
Et en deuxième et Ne souhaitant décevoir personne, j’aborderai aussi, le volet écologique de ce budget.
La crise sanitaire que nous traversons a produit différents consensus.?La hiérarchie sociale et son impératif de revalorisation sont apparus nécessaires pour agir sur tous les secteurs d’activités du privé et surtout publics.?Nous devrions trouver dans ce premier budget, alors que nous ne sommes pas sortie de cette pandémie, des premiers éléments de transformation en ce qui concerne, non pas les charges comme il est stipulé dans le rapport mais ce qui vaudrait mieux nommer, les ressources en personnel.?Comment s’étonner du désintérêt, de la perte de confiance si les paroles répandues avec insistance durant ces derniers mois ne se concrétisent pas par des actes.?Un budget ressources humaines est en très légère augmentation de 1,07% due à des dispositifs légaux mais qui traduit en fait une diminution des effectifs ce que confirme le rapport.
Vous indiquez la rationalisation, la limitation des recrutements au strict nécessaire et vous conditionnez certains postes à des recettes. Il n’est jamais question dans ce budget de revalorisation, de charge de travail, d’adéquation avec les besoins, de réduction du travail partiel subi, de l’égalité femme-homme. Vous n’avez pas pourtant manqué de vanter ces dernières semaines la nécessité du service public, de la nécessaire médiation entre les citoyens et les services et donc de la nécessité de développer les ressources humaines de la ville.
Non, mise à part des primes sans présentation de critères d’attribution, vous gardez la même politique des ressources humaines c’est à dire une réduction des effectifs compensée par l’intérim, la flexisécurité, les opportunités subventionnées. Pourtant le virement de la section fonctionnement vers la section investissement atteste, cette année encore, que la ville a des marges de manoeuvre suffisantes dans le domaine des resources humaines.
Le monde d’après, c’est l’humain, la relation aux autres.?Le budget présenté répond aux priorités que vous décidez.?Vous en avez la légitimité, bien sûr, mais la limitation au strict nécessaire telle que vous l’inscrivez dans votre budget, marque une politique et des engagements qui ne prennent pas en compte les besoins humains de nos services pour répondre à la fragmentation sociale, numérique, culturelle de notre société.
L’écologie dans le budget de la ville.
Dois-je rappeler que l’écologie était présentée lors de la campagne comme un des piliers de votre projet municipal.
L’énergie. dépenses globales des Consommations constatées en 2019, 1 Million 971 €. Prévision budgété en 2020, 1 Million 618 €.?Soit une réduction de 18 % ce qui correspond comme le rapport l’indique à la fermeture partielle des services lors de la période de confinement. Mais en aucun cas aux résultats de la politique antérieure de réduction d’énergie puisque que ce calcul s’appuie sur 2019 et non sur une année antérieure de référence qui aurait pu mesurer les effets des investissements dans ce domaine.
En clair pour le budget 2020, on ne retrouve pas la traduction en objectif chiffré d’une réduction significative de l’empreinte carbone et de la facture de la consommation avec la mise en place d’indicateurs.
Cela se confirme sur la partie investissement.?Un budget de 208 500 pour l’éclairage et 19 856 pour l’isolation, sans doute inclus dans une enveloppe de 138 096 de divers, le qualitatif divers n’étant pas approprié à une politique ambitieuse en matière d’économie d’énergie surtout quand il s’agit d’un axe majeur du projet municipal.
Le budget 2020 présente pour les investissements Développement durable - économie d’énergie, 9,6% du budget travaux. Aucun investissement dans la production d’énergie renouvelable alors que c’est un objectif clairement posé dans le PLUI pour l’intercommunalité mais aussi pour les communes.
Face à l’ampleur de la crise climatique, et malgré la promesse écologique de votre majorité, Le Creusot consacre que 9,6% de son budget d’investissement travaux aux économies d’énergies sur la ville, l’équivalent par exemple à la moitié de la ligne budgétaire pour la poursuite de l’aménagement de Jouffroy ou toujours pour exemple, la ligne budgétaire pour la rénovation de la piste d’athlétisme.
Ces comparaisons pour indiquer la place et les efforts budgétaires consentis dans les priorités de la ville alors que devrions agir significativement face à l’urgence climatique. Il est décidément regrettable et préjudiciable de ne pas voir les apports en qualité de vie que ses actions-climat induisent.
Je pourrai faire le même exercice sur les mobilités. Ce sera plus simple, car mis à part l’aide à l’acquisition de vélos à assistance électrique citée à maintes reprises, on ne trouve rien.
Pour l’alimentation, c’est encore plus rapide, le mot n’apparaît pas dans le rapport. Tout comme, qualité de l’air, santé, biodiversité.
Les villes qui s’inscrivent dans la modernité, dans le sens et la nécessité de l’histoire, placent dans leur exécutif un poste d’adjoint dédié à l’écologie, aux mobilités, à l’environnement. Malheureusement, pas au Creusot.?A la vue du budget que vous nous présentez, un tel poste d’adjoint n’avait effectivement guère sa place dans l’équipe en regard de l’importance que vous accordez à ces problématiques environnementales hormis un intitulé perdu dans la longue liste des attributions de la première adjointe.
En une phrase, difficile de retrouver la promesse écologique faite aux habitants de la ville.
Bien évidemment, il y a bien d’autres choses à relever dans ce premier budget du nouveau mandat. Je le ferai à l’occasion des prochains conseils et des votes successifs à venir.
Pour l’heure et parce que le budget est l’outil indispensable au fonctionnement de notre collectivité, à la gestion de notre ville, aux services publics rendus aux habitants, aux soutiens du tissus associatif, je voterai le budget.?Lors du premier conseil, j’ai déclaré mon soutien conditionné pour ce mandat.?Comme vous m’en aviez fait réponse sur la question des délégations de services publics, je saurai m’expliquer sur mes choix au fur et à mesure des décisions prises par votre majorité et inscrit dans le budget présenté».


Charles Landre

«Cette présentation budgétaire intervient dans la traversée d’une crise sanitaire, qui est aussi économique et sociale, avec des gens qui pour certains n’ont pas pu se soigner correctement. Je pense qu’il faut tenir compte de cette situation, car les conséquences sur lesquelles la puissance publique peut intervenir directement sont en train de voir le jour, jusqu’à des commerces qui ferment.
Lorsqu’il y a crise, la mobilisation est nécessaire au service de la vie collective et du territoire. Ces dix dernières années ont été lourdes à supporter pour les habitants, avec l’augmentation des bases fiscales et donc des impôts. Et puis les ressources de la collectivité, notamment au travers de la DSU ne présentent pas le signe d’une bonne santé sociale d’une ville. A plusieurs reprises vous avez parlé de relance, mais je n’ai rien trouvé dans le budget, si ce n’est les travaux, des mesures pour les commerces comme dans pratiquement toutes les villes. Les collectivités doivent avoir un rôle contre la fracture digitale, notamment des commerces.
Vous mettez en avant les activités culturelles pour la relance. C’est bien qu’une collectivité le fasse.
Oui les travaux dans les écoles sont indispensables. Mais il y a les grands investissements. Quid de la salle de combats ? Ou encore l’esplanade Simone Veil, où les travaux ne sont toujours terminés.
Concernant la transition écologique, il va falloir faire preuve de cohérence. Il y a un décalage, avec une poursuite des constructions, alors que des quartiers se dégradent.
Vous avez aussi évoqué des investissements sur le parc des Combes. Il serait bien qu’un jour on nous présente un plan de développement qui ne dépende pas de la ville.
Il faut une ville qui se préoccupe de l’environnement, avec une vraie politique d’entretien. Quand je vois l’état de l’esplanade en face de l’Hôtel-Dieu, vous abandonnez une partie des habitants. Comme quand on voit toujours les décorations de Noël. On n’est pas dans des facteurs d’attractivité.
Un effort conséquent a été réalisé par des propriétaires qui ont entamé des mécanismes de rénovation. Malheureusement c’est dans des rues à l’abandon.
Il faut inscrire des moyens pour faire plus socialement, car des personnes se retrouvent dans une situation de précarité totale.
Concernant la sécurité, hormis deux caméras, il n’y a rien dans ce budget. Une partie de la population a peur. Il y a eu des agressions. Il n’y a pas de ligne pour développer une vraie police municipale avec des moyens d’agir.
La crise aurait pu vous encourager sur des mécanismes nouveaux. Le 1er message du 2ème tour, c’est la rupture entre les électeurs et leurs élus. Il faudrait donc que le budget porte des mécanismes de dialogue, de participation».


Sébastien Gane

Le budget 2020 vient d’être exposé par l’adjoint aux finances et illustré par certains adjoints à travers quelques exemples précis.
Je ne vais donc pas à mon tour revenir sur les chiffres mais plutôt sur ce que traduit ce budget.
Il ne faut jamais cesser de dire que le budget est avant tout la traduction de choix politiques. Ces choix sont contraints par des réalités budgétaires qui nous échappent en partie et qui relèvent des choix de l’Etat sur les modalités d’octroi des dotations par exemple.
Mais une partie de cette marge de manœuvre nous appartient encore et elle se construit d’abord par le sérieux des choix budgétaires des années précédentes qui permettent aujourd’hui à notre Ville d’être dans une situation financière saine et de dégager des capacités de financement.
Ce budget 2020 est évidemment particulier, il est adopté tardivement du fait de la crise sanitaire que nous avons traversée et qui n’est pas totalement terminée il faut le rappeler.
Le confinement, la maladie auront sans doute laissés des traces durables chez certaines personnes et surtout nous allons devoir affronter désormais des difficultés économiques qui auront malheureusement des conséquences sociales.
Je pense bien entendu aux artisans et commerçants dont l’activité a été stoppée nette mais aussi aux entreprises et à leurs salariés. Certaines n’envisagent pas de retour à une activité d’équilibre avant plusieurs mois voire même avant plusieurs années. Le dispositif de l’activité partielle devrait être installé de façon durable dans certaines entreprises rognant sur le pouvoir d’achat et la consommation.
Mais cet outil ne sauvera pas tout le monde, certaines entreprises fragiles n’y résisteront pas. Le gouvernement prévoit la suppression de 800 000 emplois dans les prochains mois, soit 2,8% de l’emploi total.
Quand on parle d’emploi, ne pensons pas qu’aux seuls salariés en CDI, pensons aussi aux intérimaires (à fin mars l’emploi intérimaire avait reculé de 40%), CDD, travailleurs indépendants, intermittents…
Je pense aussi aux plus jeunes dont les difficultés scolaires auront été aggravées par le confinement et qui pourraient aujourd’hui complétement décrocher au point de décider d’arrêter leurs études.
Pour tous ceux-là, le monde d’après n’est pas pour tout de suite ou alors il présentera beaucoup de similitudes avec l’ancien.
Mais cette crise a parfaitement illustré l’état d’esprit de notre ville : le courage, la solidarité. Ces valeurs ne se décrètent pas.
D’abord, elles s’inscrivent dans la culture sociale de la Ville, dans le sens de l’engagement au service des autres sous toutes ses formes : syndical, politique, associatif, ou tout simplement le soutien anonyme à l’autre. J’en profite ici pour remercier les couturières et l’ensemble des bénévoles pour leur engagement fort et spontané dans ce défi de la production et de la distribution de masques pour la population.
Ensuite, ces valeurs s’inscrivent dans la programmation budgétaire municipale. N’en déplaise à certains, ce budget, comme les précédents, traduit concrètement des engagements forts en ce sens.
Que seraient ces valeurs de solidarité :
?    Sans la mise en place et le soutien accordé à l’épicerie sociale qui a joué un rôle si important pendant le confinement ?

?    Sans le soutien aux associations (pas de baisse des subventions ces dernières années, maintien à 100% malgré le COVID) qui sont le terreau d’apprentissage du bénévolat et de l’engagement auprès des autres

?    Sans une politique forte en direction de nos écoles qui ont pu ré ouvrir dès que cela a été possible

?    Sans une politique qui n’oublie personne, du plus jeune au plus ancien

?    Et surtout sans le service public local qui a démontré de façon éclatante toute sa force et sa nécessité à travers l’engagement total des agents municipaux pendant cette période, nombreux à rester sur le terrain. Ils doivent être salués pour leur sens de l’engagement au quotidien tout comme les personnels des établissements de santé, tous ceux qui sont restés aux côtés des plus fragiles pendant cette période.
Mais ce budget, il traduit également une capacité de rebond et d’adaptation aux circonstances difficiles. Malgré les contraintes, la Ville du Creusot proposera de nombreuses animations cet été : ALSH décentralisé, vacances apprenantes, chantiers jeunes, Beaux Bagages, ouverture du Complexe aquatique du Parc… à nouveau le service public et les bénévoles seront sur le pont pour proposer des animations, pour aider à sortir de l’isolement, pour tendre la main.
Qui peut prétendre sérieusement que ceci serait possible après deux mois de confinement d’un coup de baguette magique ? Encore une fois, cette capacité de rebond est le fruit de choix politiques assumés sur lesquels aujourd’hui nous pouvons nous appuyer.
Cela démontre s’il en était besoin qu’un budget, bien que proposant une lecture annuelle, est une petite tranche d’un mandat de 6 ans qui doit proposer une politique cohérente. S’adapter aux évènements, ce n’est pas se contenter d’être uniquement dans la réaction et de commenter l’actualité, c’est s’appuyer sur ses forces pour agir sur les difficultés.
Si je prenais une métaphore sportive, je dirais que nous sommes solides sur nos bases ou sur nos fondamentaux. Bien ancré dans « le monde d’aujourd’hui » pour affronter les difficultés de demain, avec réalisme et lucidité.
Cette force collective, les Creusotines et les Creusotins en aurons encore besoin dans les prochains mois pour relever les nombreux défis qui nous attendent.


Philippe Priet

Si le choix des entreprises locales a toujours été une volonté de la ville, le code des marchés implique des règles strictes. 75% des marchés attribués jusqu’à la fin du confinement l’ont été à des entreprises de Saône-et-Loire, dont 90% à moins de 30 kilomètres. 25% des entreprises sont implantées sur Le Creusot.


Sylvestre Coniau

Grâce aux bons d’achat, plus 185.000 euros ont été injectés dans l’économie du Creusot. Et c’est la ville du Creusot qui a proposé ce dispositif qui a été salué par les commerçants.


David Marti

«Je tiens à réagir sur certains points.
A Pierre-Etienne Graffard, je dis que oui on peut adhérer à certains propos. Je suis un des rares maires en France à avoir interpellé le Président de la République sur la revalorisation des indices, dans le cadre du grand débat. Nous sommes dans une démarche de revalorisation des salaires et nous sommes présents sur leur protection sociale. Nous sommes dans cette logique. Mais nous avons un budget à maintenir. La baisse des effectifs se fait quand elle est justifiée.  Oui il y a des postes subventionnés, mais pour la plupart nous avons gardé les agents.
Concernant le développement durable, vous donnez des informations tronquées ! Vous oubliez de dire sur les économies d’énergie que c’est pluriannuel. On ne peut pas opposer le développement durable aux habitants. Nous avons un projet qui est différent du vôtre et qui a eu la majorité.
Sur le budget je vous trouve sévère sur notre volonté d’aller vers plus de solidarité et de justice sociale. Vous avons travaillé un mandat avec nous. Et nous avons toujours agi en ce sens.
Monsieur Landre, il y a quelque chose qui ressort toujours : Rien ne trouve grâce à vos yeux, en mettant toujours en avant ce qui ne va pas. Avec des éléments qui sont faux. Il faut des choses précises et pas seulement des grandes théories. Travaillez vos sujets.
Quand vous évoquez les collectivités qui touchent la DSU, vous dites ce sont des villes pauvres. Levallois Perret touche la DSU et je ne crois pas que c’est une ville pauvre.
Vous parlez d’investissements pas réalisés. Concernant le club house de la JOC nous avons pris la décision ensemble pour ce qu’il soit refait entièrement. Pour la salle de boxe, on n’a jamais annoncé 2019. Pour la piste d’athlétisme, la dépense supplémentaire c’est une dépense en plus pour des sanitaires, pour un montant de 70.000 euros.
Vous nous parlez des décorations de Noël, du manque d’entretien devant l’hôpital, nous avons traversé le COVID avec un nombre d’agent limité à cause des règles sanitaires… Les agents de la ville ont été mis sur des missions essentielles.
Vous dites que des personnes n’ont pas à manger. De la misère il y en a partout. Au Creusot personne ne dort dehors à moins qu’il le souhaite.
Vous dites que la fiscalité n’arrête pas d’augmenter. Oui les bases augmentent. Mais c’est de l’inflation. Vous dites qu’il faut baisser, mais vous pendant votre campagne vous avez expliqué qu’il fallait recruter, embaucher. Si on fait des additions, soit on augmente, soit on enlève. Avec vous on additionne et on règle tous les problèmes.
Pour l’économie, la Communauté Urbaine a été la première à mettre en place une cellule pour les entreprises. Moi j’entends des commerçants dire «vous nous avez aidé». Et ce n’est pas fini.
En conseil de communauté on a annoncé une aide 1,8 million d’euros, pour les petites entreprises.
Les assises ce sera pour dire, pour les dix ans qui viennent, quels seront les moyens d’intervention et comment.
Scrutin après scrutin, vous parlez de la représentation. Mais vous faites quoi pour inciter les Creusotins à voter. Si nous ne sommes pas légtimes, vous l’êtes encore moins. En terme de démocratie participative, Le Creusot n’est pas à la traine. Oui nous faisons en sorte collectivement que les gens viennent voter. Mais c’est peut être avec des arguments plus crédibles, plutôt que la critique systématique.
Au travers de ne budget nous confortons le service public, avec les moyens dont nous disposons. Ce budget là préserve un service public de qualité».

Les élus de la majorité et Pierre-Etienne Graffard ont voté pour le budget. Les élus d'opposition ont voté contre.

Alain BOLLERY