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> Vie locale > LE CREUSOT
03/02/2020 03:15
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Julien Espinosa : «Ce qui doit compter à l’Elan Chalon c’est l’effort pour les autres et pour l’équipe»

Nous avons suivi à la loupe Julien Espinosa pour son premier match comme entraîneur de l’Elan Chalon. Notre reportage photos témoigne d’un rôle très très actif.
Moins de 24 heures après la victoire Julien Espinosa se confie dans une interview vérité. Il explique ce qu’il attend et pourquoi.
Il a terminé le match en nage. Pour son premier match à la tête de l’Elan Chalon, Julien Espinosa a montré une activité au bord du terrain, une proximité avec ses joueurs en leur parlant souvent, qui ont interpellé favorablement les supporters. Dans un match fou quant à son dénouement, le coach de l’Elan Chalon a su trouver les mots pour faire monter ses joueurs en régime. Même quand l’Elan a été mené de près de 20 points, ils n’ont jamais abdiqué. Sans doute parce que Julien Espinosa a su leur parler et les convaincre.


Après ce scénario incroyable et la victoire au bout, avez-vous réussi à vous endormir facilement ?
JULIEN ESPINOSA : «En règle générale je dors toujours bien, y compris après les matches. Et là j’étais tellement fatigué par les heures de travail accumulées depuis mon arrivée à Chalon que oui je me suis vite endormi et j’ai passé une bonne nuit…»

Au-delà du dernier tir victorieux signé Armand, votre perception et analyse de la rencontre auraient-elles été les mêmes ?
«La clef de ce match, vous avez raison, ce n’est pas le dernier tir. Mais ce sont les nombreuses tentatives de joueurs pour revenir. En première période, c’est vrai nous avons été dominés, avec beaucoup de paniers à trois points. Certains sur des tirs ouverts, d’autres malgré notre défense. On se dit qu’à un moment ça va bien s’arrêter. On a fait preuve de persévérance. Il en a fallu de la détermination pour aller chercher le score et on l’a fait dans la solidarité. Il y a eu des efforts défensifs manifestes pour le bien de l’équipe…»

Vous y voyez la renaissance d’un groupe ?
«Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Il y a encore des étapes à passer. Mais très clairement les joueurs ont accepté de faire l’effort en deuxième mi-temps. C’est bien, mais il faut persévérer et faire beaucoup mieux».

C’est-à-dire ?
«Dès le prochain match à Boulazac, il faudra mettre tous les ingrédients tout de suite, dès les premières secondes. Il faut remettre le couvert en terme de caractère et de détermination. Autrement il n’y a pas d’équipe et s’il n’y a pas d’équipe il n’y a pas de victoires. Samedi contre Le Mans il était important de prouver que les joueurs sont capables. On a fait un bon premier pas».

Vous aviez rêvé de ce match, de ce résultat ?
«Non je n’avais pas rêvé. Mais j’avais insisté auprès des joueurs. Pour leur dire que ce qui compte, ce qui doit compter à l’Elan Chalon c’est l’effort pour les autres et pour l’équipe. En ce sens, j’ai pris des engagements auprès des joueurs».

Lesquels ?
«Celle de distribuer des responsabilités demandant des efforts en direction de l’équipe. Si c’est le cas, les efforts seront valorisés et mis en-avant. Les gars gagnent en confiance. Mon travail c’est de faire le tri sur l’intérêt ou non des joueurs pour l’équipe. Ceux qui ont eu du mal, on va leur redonner leur chance».

Vous pensez à qui ?
«Thornton a joué seulement un peu plus de 3 minutes. A lui de montrer qu’il a envie de joueur plus. A côté, il y a des joueurs qui ont joué plus qu’à leur habitude, jusqu’à dix minutes de suite, parce qu’il donnaient satisfaction. Chacun doit comprendre qu’il est impératif de jouer au service du collectif et de l’équipe» ?

On vous a vu beaucoup, beaucoup parler aux joueurs. C’est dans vos habitudes, ou bien c’est parce que le contexte était particulier ?
«Pour moi, parler c’est la base de mon travail. J’observe, j’écoute, je questionne, je distribue des conseils, je corrige. Il faut cette application. Les joueurs il faut les soutenir, les encourager et apporter des corrections. Je pense que quand on se sent soutenu on réagir mieux».

On a senti Justin Robinson se métamorphoser au fil des minutes. Comment l’expliquer ,alors qu’il était le plus souvent à la rue les derniers matches…
«D’abord il est important de dire qu’à la mi-temps il y a eu des échanges de qualité dans le vestiaire. Ils ont parlé, ils voulaient construire des solutions. Justin Robinson, il a besoin d’avoir de l’importance dans le groupe et dans le jeu. Et aussi d’être le relai du coach. Il a besoin d’être valorisé. Et il s’est comporté de façon active quand il a fallu chercher des solutions. Lui et d’autres joueurs doivent tenir ce rôle très important dans les moments difficiles ou importants d’un match».

Dans le dernier temps, on a vu Gelabale prendre la parole en premier, avant vous. Pourquoi ?
«J’ai pris trois temps-morts en seconde période. Il y a 40 possessions environ sur une mi-temps. Je sollicite les joueurs pour qu’ils échangent et partagent des solutions. Je dirige, mais j’invite aussi. Il faut que les joueurs soient convaincus. En deuxième mi-temps, Mike a été très entreprenant pour apporter des solutions à l’équipe. C’est ce Mike que j’espère avoir sur le parquet…»
Recueilli par Alain BOLLERY
(Photos Manon BOLLERY et Alain BOLLERY)