Recherche
Pour votre publicité sur
Creusot-infos, un seul numéro
06 62 80 46 68
POUR JOINDRE CREUSOT-INFOS
alain.bollery@orange.fr (à privilégier)
SMS et MMS au 06 98 82 18 88
> Vie locale > LE CREUSOT
25/01/2021 03:17
4524 lectures

Interview : Philibert Chazette, artiste désengagé, chante les maux de la société

«Je suis un artiste désengagé...», « Il faut respecter la nature car elle était là avant et sera là après nous...» dit le Creusotin d'origine. Dans une interview à creusot-infos il parle de «Demain peut être», son dernier titre avec un très beau clip. A découvrir.

Qui êtes-vous ?
«Je suis le petit Fils du Docteur Chazette. J’habite actuellement entre la Bretagne et Genève depuis une dizaine d’années mais ma famille habite au Creusot. Depuis 5 ans je fais de la musique mon métier, je suis auteur-compositeur-interprète. Je fais environ 80 dates sur toute l’année. La plus grosse période c’est surtout l’été où je pars en tournée dans une quinzaine de départements avec mes musiciens.
Le restant de l’année je fais moins de dates mais pour pouvoir vivre de la musique je fais des concerts acoustiques dans les résidences pour personnes âgées. J’ai déjà joué à Montcenis et au Creusot. Je profite de cette période (automne-hiver) pour travailler sur mon prochain album qui va sortir d’ici l’automne 2021. En parallèle je suis sur un projet d’écriture de recueil de nouvelles basé sur des souvenirs d’enfances et d’adolescence. Ces périodes d’hiver me servent à créer, à produire des clips. 
Cette chanson sera sur mon prochain album, je l’ai écrite durant le premier confinement. Elle est comme une chronique factuelle sur la période que l’on est en train de vivre». 
« Si l’on change aujourd’hui demain sera peut-être enclin à nous pardonner. », vous prononcer cette phrase dans cette chanson. Quel sens lui donneriez vous?
«L’idée de cette chanson ce n’est surtout pas d’être moralisateur. Je ne me considère pas du tout comme un artiste engagé, je suis plutôt désengagé. C’est une constatation que l’on vit dans un monde qui tourne probablement trop vite pour nous, petit être humain que nous sommes sur cette planète.
J’essaye de rester optimiste pour cette année mais j’ai l’impression que l’être humain repart dans les mêmes bêtises que l’on faisait avant. Nous avons bien vu lors du premier confinement que lorsque tout était à l’arrêt, la nature se régénérait. Par exemple les poissons revenaient à Venise, c’était magnifique. La faune et la flore reprenaient le dessus. La Terre et sa biodiversité existaient avant l’espèce humaine et elle existera aussi après elle, alors ça serait bien de la respecter. Encore une fois je ne veux pas être moralisateur et je ne suis pas écolo du tout. 
Cette chanson je l’ai écrite en une nuit tellement cela me paraissait naturel de l’écrire alors que d’habitude j’ai du mal à poser mes mots».

Les images du clip sont d’une très grande qualité, comment a-t-il été réalisé ?
«Le clip a été réalisé par Romain Froge. C’est un jeune réalisateur qui vit à Saint-Malo et avec qui je travaille depuis plusieurs années maintenant. Il a réalisé la majorité de mes clips. Pour le clip de  « Demain sera peut-être » nous avons sélectionné tout un tas d’images de différents voyages que l’on a pu faire ensemble ou bien de ses différents projets. Il y a des images tournées en Bretagne, dans les Alpes, en Suisse, en Italie... C’est un regroupement de plusieurs reportages». 

En tant qu’artiste, comment vivez-vous cette pandémie?
«Cette crise sanitaire je ne la vis pas très bien. On a hâte de pouvoir refaire des concerts, pouvoir à nouveau rencontrer notre public. Je ne suis pas à plaindre, j’essaye d’utiliser ce temps pour écrire et avancer sur mes projets». 

La morosité ambiante que l’on connaît depuis plusieurs mois est-elle un frein ou un accélérateur  pour la création artistique ?
Cette morosité ambiante est inspirante. Au début de la pandémie elle était inspirante dans le mauvais sens du terme. Ce côté pessimiste prenait beaucoup le dessus. Mais maintenant il faut essayer d’écrire des chansons optimistes, voir l’avenir d’un bon œil et se dire que ça ira mieux demain. La période est difficile pour tout le monde. 
Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec tous ceux qui se plaignent en disant « On n’a pas le droit de faire ci, on n’a pas le droit de faire ça ».
J’ai beaucoup d’amis infirmiers qui eux sont complètement au front et n’ont pas le choix que de se lever le matin pour aller sauver des vies en mettant la leur en danger. Alors que nous, certes nous ne pouvons plus vivre comme avant mais on a juste à rester enfermé chez nous en attendant que le monde aille mieux. Je ne pense donc pas que l’on ait vraiment à se plaindre...
Je tiens à remercier Eric Hostettler et Serge Folie qui m’ont aidé à enregistrer cet album à Lyon».
Recueilli par Manon Bollery


Retrouvez l'artiste sur les réseaux sociaux pour découvrir son travail