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> Vie locale > LE CREUSOT
21/01/2021 03:17
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EDITO : Rendez-vous avec l’histoire

Lancer, suspendre, reprendre… Le CORONAVIRUS aura finalement provoqué bien plus de dégâts qu’on ne l’avait imaginé. La suspension des prises de rendez-vous en apporte une preuve supplémentaire.

Les acteurs de terrain ont les nerfs à fleur de peau. Mais à cela rien d’exceptionnel. Le lancement de la campagne de vaccinations à hystérisé le débat autant que les commentaires. Longtemps décrié, montré du doigt pour ne pas dire stigmatisé depuis l’annonce de son arrivée, le vaccin contre la COVID-19 enlève un peu beaucoup de raison dans les propos. Pas seulement ceux des élus d’ailleurs.
On sait que l’univers de la politique est cruel. Ce n’est pas le Gouvernement qui fabrique les vaccins, mais il est quand même accusé de ne pas en distribuer assez. Peut être parce qu’il n’a pas passé suffisamment des commandes, ce qui reste à démontrer quand on regarde ce qui se passe autour de l’hexagone.
La vérité, c’est que ce sont bien les mêmes qui à un moment donné appuyaient sur le frein qui aujourd’hui appuient à fond sur le champignon. Il est vrai qu’il est de bon ton envers ses électrices et ses électeurs de dénoncer sans vraiment être capable de proposer une solution. Alors que nos concitoyens sont déboussolés par les propos contradictoires qui se déversent sur les plateaux télé et à la radio, ou par l’opportunisme de certains médias voulant aussi surfer sur la vague, on assiste donc à ce que quelques un de nos anciens ont vécu. On se croirait revenu au début de la première guerre mondiale, ainsi que nos professeurs d’histoire nous l’ont expliqué.
Il fallait engager la bataille vaccinale coûte que coûte, mais les soldats se sont heurtés au fait que les vaccins ne se multiplient pas comme les petits pains. Il faut les fabriquer et quand tout le monde en veut, on finit par en manquer.
C’est un peu comme les masques. Il a été un temps, dans le quinquennat précédent, où il a été jugé qu’il n’était pas nécessaire d’avoir des stocks importants. Et puis quand on s’est rendu compte qu’il en fallait, il étaient devenus rares sur le marché.
C’est un peu aussi comme la neige. On n’a pas besoin de sel tant qu’elle ne tombe pas. Et comme elle tombe de moins en moins, alors on constitue moins de stock. Et quand elle revient et durablement, alors c’est la panique. Comme le matin c’est la panique quand nos concitoyens considèrent que toutes les routes devraient être déneigées en même temps et surtout celle devant leur domicile.
Alors sur le champ de bataille impitoyable de la guerre engagée contre le COVID, il suffit d’une étincelle pour assister à un début d’un gros incendie plutôt qu’un embrasement général.
On fait mine de découvrir que non toutes les doses de vaccins ne peuvent pas être disponibles aussi vite que toute le monde le voudrait. Un peu comme les fraises en début de saison. Il faut être patient. Nos anciens ont le sens de cette mesure et ceux qui ont vécu les restrictions encore plus que nous.
Reste qu’on leur a martelé dans tous les médias qu’il fallait se faire vacciner. Alors finalement les demandeurs ont été plus nombreux qu’il ne l’avait été imaginé par les technocrates scrutateurs permanents des sondages.
Normal, puisque les anciens se soient majoritairement portés volontaires puisqu'on leur a dit que c’était une question de vie ou de mort, à une période de la vie où chaque jour compte.
La machine s’est donc emballée. Les plannings ont été remplis jusqu’à l’overdose, pour les créneaux disponibles et calculés en fonction des espoirs d’arrivée des vaccins… Les plus chanceux ont pu s’inscrire, quand d’autres vont devoir patienter. Mais ça sera moins long que ce que l’on nous disait il y a encore six mois, quand on expliquait que le vaccin arriverait au plus tôt la fin 2021 ou 2022.
Alors aujourd’hui tout le monde en veut ou presque et les frustrations grandissent. Ca grogne fort, le ton monte. Et c’est évidemment jackpot pour les extrémistes qui se frottent les mains et pour qui la pandémie aura, à ce jour, été une bonne affaire.
Sans compter les partisans de la décroissance qui eux, comme par magie, ont perdu la parole, puisque le Premier Ministre, mué en Père Fouettard, abonde dans leur sens. Il est interdit de se regrouper. Sauf là où tout le monde se regroupe, le porte monnaie ou la carte bancaire à la main.
Au fait, des centres de vaccination ont fermé dans d’autres pays, faute de vaccins, mais qu’importe, là n’est pas le problème. La France se doit d’être meilleure que les autres et si possible avant tout le monde.
 Il ne manque plus qu’une commission parlementaire pour établir des responsabilités et tout le monde sera content. Oui, mais avant et après, on fait quoi ? On croise les doigts et on prend rendez-vous avec l’histoire. Car dans un an, deux ans et même plus on en reparlera de ces épisodes qui finissent par donner le bourdon aux plus optimistes. Enfin pas tous. Car certains résistent à l’hystérie du moment. Non tout le monde n'annonce pas chaque semaine ou presque un troisième confinement, même s'il viendra peut-être. Non tout le monde n'a pas envie de crier avec les loups, pour le plaisir de crier.
Alain BOLLERY