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> Vie locale > LE CREUSOT
15/01/2021 03:18
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EDITO : Le virus du téléphone a fait ses premières victimes

Appeler c’est facile. Répondre à toute le monde, en même temps, beaucoup moins. Alors évidemment on a le droit de râler. Mais faut savoir : Il ne faudrait pas que ceux qui trouvaient que les vaccins ont été fabriqués trop vite, trouvent maintenant que ça ne va pas assez vite…

C’était à prévoir : A partir du moment où vous donnez une date pour prendre des rendez-vous, tout le monde se précipite. Et c’est ainsi que ce jeudi 14 janvier au matin, les téléphones de la Préfecture ont chauffé grave. Comme s’ils avaient été victime d’un virus.
Oui il y avait bien un virus, mais il était du côté des appelants qui, bien légitimement, espéraient tous pouvoir avoir la date et l’heure de leur rendez-vous pour se faire vacciner. Et si possible avant midi.
Reconnaissons que quand on a 75 ans ou plus, il est quand même beaucoup plus simple de passer un coup de fil, que de s’inscrire sur internet.
Il ne faut donc pas s’étonner d’avoir vu de l’agacement se propager plus vite que le CORONAVIRUS. Les cases se sont remplies à la vitesse du TGV, si bien que jeudi soir, la Préfecture a donc annoncé déjà près de 4000 inscriptions enregistrées, pour une vaccination, en une journée.
Il est évidemment facile d’avoir accusé la Préfecture de Saône-et-Loire et l’organisation mis en place par l’Etat de tous les maux. Et on comprend la colère de celles et ceux qui appelaient et qui n’avaient pas de réponse.Mais dans notre beau département de Saône-et-Loire ont-ils oublié les galères pour avoir un rendez-vous chez un ophtalmologiste et même un rendez-vous chez un médecin généraliste, même si avec le centre départemental de santé les choses se sont améliorées.
En fait comme d’habitude, les Français veulent tout, tout de suite. Mais c’est vrai que quand on a 75 ans et plus, et que l’on ne peut plus embrasser ses enfants et petits-enfants comme avant, on comprend que l’on puisse être impatient.
On remarquera qu’après les sondages à la noix qui annonçaient que beaucoup de personnes ne voulaient se faire vacciner, aujourd’hui les tendances s’inversent. C’est un peu comme les sondages pour les élections, ça fait des débats à la télévision et à la radio, mais le soir de l’élection, tout le monde est d’accord pour dire qu’une fois de plus les sondeurs se sont trompés.
Il n’empêche, sans doute que la phase des inscriptions a sans doute été mal évaluée quant à l’élan qu’elle allait générer dès lors que le feu vert était donné. En fait, il aurait sans doute fallu s’en remettre à l’expertise des pompiers qui, par exemple, savent monter en régime pour répondre à tous les appels, en cas de fortes intempéries, d'orages dévastateurs, ou de tempêtes...
Au moins les appels qui n’ont pas eu de réponse ce jeudi 14 janvier, auront-ils permis à quelques uns de trouver une nouvelle occasion de râler et ainsi d’alimenter la machine médiatique en mal de polémiques.
Pour les Saône-et-Loiriens qui sont restés sur leur faim ce 14 janvier, on fera remarquer que la Préfecture de Saône et Loire a ouvert les inscriptions jeudi matin, quand la Préfecture de la Nièvre a elle attendu l’après-midi. On ajoutera que dans une vraie transparence et dans un devoir d’information, la même Préfecture de Saône-et-Loire a annoncé jeudi soir le nombre d’inscrits, ce qui n’a pas été fait dans tous les départements.
Bref au soir de ce 14 janvier, s’il fallait attribuer des notes, de toute évidence et de façon objective, la Saône-et-Loire ne méritait pas la plus mauvaise.
Reste quand même une donnée importante : Le nombre de vaccins disponibles et le nombre de personnes susceptibles de vacciner. Le Sénateur Fabien Genet s’est offert une belle tribune au Palais du Luxembourg en reprochant au Ministre de la Santé que ça n’allait pas assez vite.
« Au lieu de chercher à convaincre les incertains, commençons déjà par vacciner les volontaires. Ils sont très nombreux et très impatients», a lancé l’ancien Maire de Digoin qui a aussi demandé qu’autorisation soit donnée aux pharmaciens de piquer.
En fait dans la guerre des mots, qui est aussi une guerre politique à un peu plus d’un an des Présidentielles, il ne faut évidemment pas s’attendre à une union nationale. Mais qu’est-ce qui est finalement important ? Les mots ? Les actes ? Ou la situation sanitaire de notre pays ?
Et force est de reconnaître que la France n’a rien à envier à un certain nombre de pays qui nous entourent. Et si on en trouvera toujours où c’est mieux, il y en a tellement d’autres où c’est moins bien. En fait tout dépend du côté où on se trouve. C’est comme pour le téléphone. Il y a celui qui appelle d’un côté. Et celui qui de l’autre ne peut pas répondre à tout le monde en même temps. Dans ces cas là il faut savoir se montrer non seulement patient, mais compréhensif. Question d'éducation (un peu) quand même.
Alain BOLLERY