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> Vie locale > LE CREUSOT
01/10/2020 03:17
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EDITO : Comment un groupe de santé peut-il ainsi mépriser des cancéreux…

Dans quel monde vivons nous pour que l’on assiste à un chantage financier sur le dos de personnes malades d’un cancer ? Comment un groupe de santé, le groupe Ramsay, a-t-il pu en arriver là ? Comment un hôpital public peut-il secrètement se frotter les mains ? Comment une Agence Régionale de Santé peut-elle se montrer incapable de taper du poing sur la table ? On attend des réponses. Vite. Très très vite.
On ne sait pas ce qu’il adviendra dans les jours et les semaines à venir de ce qui est désormais le dossier chaud brûlant de la chimiothérapie au Creusot. Mais ce que l’on a compris c’est que le groupe Ramsay a franchi la ligne rouge et que cela n’est pas acceptable.
Oui le groupe SOS Santé qui a repris l’Hôtel-Dieu du Creusot alors qu’il était au bord du gouffre avant de le relancer, a eu raison de ne pas céder au chantage financier exercé par le groupe Ramsay au travers de la Clinique Sainte-Marie de Chalon sur Saône. Oui Mickaël Munier a eu raison de ne pas accepter une augmentation de 80% des préparations pour les chimiothérapies.
On se doute que la décision n’a pas été prise de gaieté de cœur. Car la suspension de l’activité à l’Hôtel-Dieu veut dire que les patients atteints d’un cancer vont devoir prendre la route pour avoir le droit à des séances de chimiothérapie dont on sait qu’elles se succèdent dans le temps.
Le groupe Ramsay et Sainte-Marie seraient bien inspirés de se ressaisir au plus vite. Car les gens ont de la mémoire et il n’est pas certain que dans le temps l’Hôpital Privé Sainte-Marie, qui est à but lucratif ce qui n’est pas le cas du groupe SOS, tire des bénéfices de l’odieux chantage qu’il a voulu exercer.
Comment en effet espérer récupérer des patients pour d’autres spécialités quand on a été ainsi capable de vouloir se faire du fric sur le dos de cancéreux ? Poser la question, c’est déjà avoir la réponse.
Mais dans un monde de concurrence exacerbée, on peut aussi se poser la question de savoir pourquoi l’Hôpital Public de Chalon sur Saône n’a pas répondu à l’Hôtel-Dieu. Qu’espère cet hôpital tête de pont d’un groupement public avec Montceau et Autun ? Qu’espère t-il ? Récupérer des patients cancéreux et ainsi quelques maigres bénéfices d’un système de T2A mis en place sous Sarkozy, contesté par la gauche mais que Hollande n’a jamais remis en cause ? Si c’est le cas, ce n’est pas très glorieux non plus.
On sait bien que beaucoup ont spéculé sur la mort de l’Hôtel-Dieu du Creusot pour pouvoir réduire leurs propres déficits. On sait bien que l’univers de la santé n’est pas un monde de bisounours. On sait bien que les investissements réalisés à l’Hôtel-Dieu du Creusot, avec l’acquisition d’un robot chirurgical, ont provoqué des aigreurs d’estomac, que quelques cuillères de miel et de raison, peuvent facilement dissiper. Mais quand même, comment des dirigeants en responsabilité peuvent-ils ainsi tourner le dos à des cancéreux… Cela fait froid dans le dos.
Une fois ces constats effectués, reste la position de l’Agence Régionale de Santé. Soit elle ferme les yeux, ce qui serait coupable. Soit elle agit. Pierre Pribile, son directeur, très en pointe sur le dossier du CORONAVIRUS, y compris médiatiquement, risque de se retrouver très vite au pied du mur.
Il n’a pas 40 solutions, ni 10, ni 5… Il en a véritablement 3.
La première est de sommer le groupe Ramsay et Sainte-Marie de prolonger sa convention avec l’Hôtel-Dieu du Creusot et le groupe SOS, dans des conditions acceptables. Ou bien alors de retirer l’autorisation qui a été accordée à l’Hôpital Sainte-Marie pour l’oncologie.
La seconde est de demander expressément à l’Hôpital public de Chalon sur Saône de passer une convention avec l’Hôtel-Dieu, au nom du service public de santé, ce qui semble bien le moins. En ce sens, nous ne saurions que trop recommander à Monsieur Pribile de regarder attentivement le dossier avec Fabien Sudry, le Préfet de Région, qui connaît très bien la carte sanitaire de la Saône-et-Loire.
La troisième solution, faute d’avoir retenu la première ou la seconde, serait tout simplement d’accorder une autorisation à l’Hôtel-Dieu. Ce qui au regard de la situation présente éviterait des transports sanitaires qui peuvent devenir très coûteux dans le temps, et ainsi gonfler un peu plus le déficit de la sécurité sociale… On veut naïvement croire que ce n’est pas un objectif !
Voici donc quels sont l’état des lieux, la situation, les perspectives en ce début du mois d’octobre. Il serait bien que ce dossier soit traité rapidement. Il en va d’un minimum de bienveillance qu’il convient d’avoir pour des patients cancéreux, autant que de l’intérêt général. Cela avant que cette affaire prenne des proportions plus importantes…
Quand il y a le feu, il vaut mieux l’éteindre rapidement. Et en l’occurrence, ce ne sont ni l’Hôtel-Dieu ni le groupe SOS Santé qui ont allumé la mèche. Et il ne faudrait pas que le feu s’étende jusqu’à la gare TGV comme cela avait été le cas en 1984.
Alain BOLLERY