Recherche
Pour nous joindre
alain.bollery@orange.fr
SMS au 06.98.82.18.88
Pour votre publicité sur
Creusot-infos, un seul numéro
06 62 80 46 68
> Vie locale > LE CREUSOT
16/11/2021 03:16
2601 lectures

David Marti : «Vouloir réduire la part du nucléaire à 50% c’est irréaliste»

Le Maire du Creusot réagit à l’échec de la COP26. Pour lui, plus que jamais le nucléaire civil est le meilleur rempart contre le réchauffement climatique et «les annonces d’Emmanuel Macron de constructions de nouveaux EPR vont dans le bon sens».
Avant de réagir aux annonces du Président de la République sur la construction de nouveaux EPR et donc la relance assumée du nucléaire civil, David Marti avait souhaité attendre les résultats de la COP26 à Glasgow. Aujourd’hui il se livre sur le nucléaire et l’industrie dans une interview à creusot-infos.

Comment avez-vous accueilli l’annonce d’Emmanuel Macron sur la construction de nouveaux EPR ?
DAVID MARTI : «Ce n’est pas une surprise pour moi. Lors de sa venue à la Forge du Creusot chez Framatome, le 8 décembre 2020, il avait clairement dit qu’il n’y aurait pas de remise en cause du nucléaire. C’est d’autant moins surprenant que le nucléaire revient sur le devant de la scène et encore plus depuis que la COP 26 à Glasgow a accouché d’une souris».


Elle est un échec pour vous ?
«Oui, puisqu’elle n’a pas réussi, dans sa résolution finale, à dire «plus de charbon». L’Inde a dit «moins de charbon». C’est donc un échec, car il y a urgence face à la crise énergétique. Si on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il faut produire une électricité, une énergie décarbonée, et tout le monde le sait, elle est d’abord nucléaire. Il faut du nucléaire. Chez nous en France dire qu’il faut arriver à moins de 50% d’électricité nucléaire c’est impossible, c’est irréaliste».

Vous ne croyez pas aux autres énergies ?
«Soyons clair, l’éolien personne n’en veut et il ne produit pas toujours. L’éolien offshore est en panne et le terrestre est contesté. Le solaire, on ne peut pas en mettre partout en surfaces suffisantes. La vérité c’est que même des écologistes modérées se rendent compte et reconnaissent que le nucléaire est indispensable. Il faut sortir de l’hypocrisie et de l’idéologie. La première énergie décarbonée, c’est le nucléaire. Mais il faut aussi travailler sur l’hydrogène. C’est pour cela que je souscris à ce qu’a dit le Président de la République. Mais il faut baliser les choses».

C’est-à-dire ?
«Il faut développer le parc nucléaire français. Les petits centrales voulues et annoncées par le Président de la République, c’est dans 10 ans. Alors il ne faut pas trainer et annoncer un calendrier avec les sites où les nouveaux EPR seront implantés. Les enjeux sont énormes».

Quels sont-ils à vos yeux ?
«Au delà de notre indépendance énergétique, il y a d’abord une urgence sur les prix, pour nos concitoyens. Regardons ce qui se passe ailleurs. En Espagne, le prix de l’électricité est 30% plus cher qu’en France. C’est aussi vrai en Allemagne qui a fermé des centrales nucléaires. Et on le sait quand on ferme une centrale nucléaire, il faut trois centrales à charbon pour compenser. Mais il y a aussi la ligne des plus extrémistes qui sont dans l’idée de la décroissance. Moi je n’en veux pas, on peut avoir une énergie abordable et décarbonée. Et puis le nucléaire va évoluer,  il y a le projet ITER qui arrive à maturation. Les premiers essais devraient être en 2025. La production industrielle arrivera, c’est une question de temps. Nos entreprises industrielles sont directement impliquées et seront directement bénéficiaires des stratégies arrêtées. Les productions plus vertes sont en route au Creusot…»

Vous pensez à qui ?
«Thermodyn a mis au point le premier compresseur vert… Industeel groupe ArcelorMittal est engagé dans des productions d’aciers décarbonés. Tout comme Michelin si on regarde à l’échelle communautaire. Et puis, il y a bien entendu Framatome qui a besoin qu’Industeel le fournisse en acier. Donc les dernières sont annonces présidentielles sont une bonne nouvelle pour Le Creusot et notre territoire».

Il est important que le plan de relance soit de la partie ?
«Oui. Les entreprises, nos entreprises industrielles ont été intégrées dans le renouvelable pour lutter contre les gaz à effet de serre. Et c’est donc forcément très bien que le plan de relance intègre le nucléaire».

L’activité d’Alstom c’est aussi cela ?
«Oui, les transports collectifs sont une réponse. Et on voit bien avec la dernière commande de 990 bogies pour le Métro du Caire que l’on est dans une reconnaissance industrielle de l’établissement Alstom du Creusot. Alstom est un fleuron industriel. Et puis c’est aussi l’approche ferroviaire de notre territoire qui est confortée, avec le Mecateam, avec Alstom donc, mais aussi avec la VFCEA pour laquelle il faut continuer de travailler. Mais j’ai un petit regret…»

Lequel ?
«Avec François Hollande, comme avec Emmanuel Macron, l’industrie est soutenue. Mais je pense que la France ne se donne pas encore assez les moyens de redevenir un grand pays industriel. On a pris du retard par exemple sur l’Italie. Il faudrait que la France soit à 30% de production industrielle. On est deux fois moins. Sur le bassin du Creusot, l’industrie pèse pour 40%. C’est 35% au niveau de la communauté urbaine. Ces chiffres doivent servir d’objectif».
Recueilli par Alain BOLLERY


Emmanuel Macron et David Marti, lors de la visite présidentielle à Framatome le 8 décembre 2020 (photo Alain BOLLERY)