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12/11/2025 03:17
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David Marti : «Aucun accord de paix n'est durable s'il n'est pas défini avec l'exigence absolue du pardon, du respect et de l'intégrité des peuples»

Le Maire du Creusot a aussi profité de son discours pour rendre un hommage appuyé à la Classe Défense du Lycée Léon Blum. Ce n’était pas vraiment anodin.
Comme le veut la tradition, c’est à l’ALTO que, mardi à la mi-journée, s’est poursuivie et terminée la cérémonie du 11 novembre. Le Maire David Marti a lu le discours de la Ministre. Il a ajouté des propos plus personnels. 
Il a prolongé son propos avec un message très fort à l’adresse de la Classe Défense du Lycée Léon Blum. Il a salué «des jeunes qui s’engagent» et qui demain perpétueront «le devoir de mémoire».
Son message à la Classe défense n’était pas anodin. Pourquoi ? Tout simplement parce que certains esprits mal placés tentent de jouer une petite musique sur l’intérêt de cette classe autant que sur son nom, laissant même entendre qu’elle serait proche des extrêmes, entendez l’extrême droite. Rien que ça !
Nous osons l’écrire : 
Quelle honte de faire entendre sournoisement cette petite musique. 
Quelle honte de jeter le discrédit sur des jeunes qui ont raison de vouloir porter le devoir de mémoire. 
Quelle honte de vouloir jouer sur les amalgames avec des mots et des noms, lourds de sous-entendus. 
Tout le monde devrait se féliciter de voir des jeunes s’engager au nom de l’histoire et de la mémoire. C’est d’autant plus important que la guerre est à deux heures d’avion de Paris et de chez nous. Important aussi parce qu’à la fin de la seconde guerre mondiale certains assuraient, la main sur le coeur, que c’était la dernière guerre.
Les anti-militaristes ont ceci de commun avec les «anti-tout» ou «anti presque tout», qu’ils ne reculent devant rien.
Mais si lors de la seconde guerre mondiale, il n’y avait pas eu des gens pour combattre, pour résister… S’il n’y avait pas eu des forces alliées, que serait devenu notre beau pays…
Alors oui, dans une société devenue trop individualiste, le Maire du Creusot a eu raison de mettre en relief le sens de la Classe Défense du Lycée Léon Blum ainsi que celles et ceux l’animent et portent la flamme de la mémoire et du souvenir.
Notre société souffre plus de manque d’engagements que de trop d’engagements !
Notons, pour conclure que le Maire du Creusot, évidemment, a aussi salué les engagements des JSP des jeunes sapeurs pompiers et des jeunes dans la Police ou la Gendarmerie.
Alain BOLLERY

Le discours de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants

Le discours de David Marti
«Alors qu'il ne reste plus de témoins vivants de la « Grande Guerre » comme nous la qualifions, il nous appartient à nous que cette triste page de notre histoire ne soit pas oubliée.
D'ailleurs, est-ce qu'une guerre est plus grande qu'une autre ?
Oui ! si l'on considère le nombre de pays concernés par le conflit et le nombre de morts ou de victimes.
Non ! si l'on considère que chaque guerre ne mesure pas la force des armes, mais la faiblesse des hommes à dialoguer et qu'elle détruit ce que des siècles ont bâti.
Il y a maintenant 107 ans, au milieu des champs de ruines et de désolation, la lumière de l'espoir apparaissait à ceux qui avaient échappé au fracas de la guerre.
La possibilité d'un recommencement pour réinventer un monde meilleur empreint de compréhension, de pardon et réconciliation entre les peuples.
Vaine utopie puisque 20 ans plus tard, une autre guerre éclatait nourri par l'humiliation et l'esprit de revanche des vaincus.
Conséquence d'un traité qualifié de paix à Versailles le 28 juin 1919, qui en réalité n'avait de paix que le nom et qui dessinait déjà les contours de la deuxième guerre mondiale.
L'humiliation engendre toujours la haine et la haine mène irrémédiablement à la guerre.
Si nous prêtons un regard attentif aux raisons des conflits actuels, le constat est implacable et le terreau qui nourrit ces guerres est le même.
Aucun accord de paix n'est durable s'il n'est pas défini avec l'exigence absolue du pardon, du respect et de l'intégrité de tous les peuples.
Les chefs d'Etat actuels qui détiennent le pouvoir d'agir, feraient bien de s'inspirer d'autres dirigeants, qui en leur temps, avaient compris cela pour enfin rétablir un ordre mondial pacifié et respectueux de tous les peuples.
En sont-ils capables ? j'en doute mais je garde espoir.
L'histoire est souvent ambiguë, nuancée et parfois hermétique. Pour certains elle ouvre des portes alors que d'autres restent sur le seuil.
Puisse, ce 11 novembre, non seulement être un acte de mémoire mais aussi un rassemblement qui nous permettent d'attiser les consciences sur la nécessité de tirer les leçons du passé et de tracer durablement le chemin de la paix.
Car, « Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d'amour et d'espoir » nous rappelle cette citation du peintre Marc Chagall.
Vivre la République
Vive la France»