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> Vie locale > LE CREUSOT
30/04/2021 03:16
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Charles Landre : «On est dans la continuité du mandat précédent alors Le Creusot mérite de retrouver des projets politiques ambitieux»

Un an après les municipales, Charles Landre se confie dans une interview à creusot-infos. Il évoque l’année 2022. De toute évidence il se prépare pour les législatives, même s’il ne le dit pas. Il critique la politique de la ville, de la communauté urbaine et stigmatique le Député Rémy Rebeyrotte.
Vous n’êtes pas candidat aux départementales, le serez-vous aux régionales ?
CHARLES LANDRE : «Oui, je ne suis pas candidat aux départementales car je ne le suis pas à toutes les élections. Personnellement j’étais opposé à ce que les départementales se déroulent en juin. La bonne solution aurait été de les faire en septembre. Car là, il n’y aura pour ainsi dire pas de débat. Le choix sera assez simple. Soit reconduire les candidats de gauche qui s’inscrivent dans un système local qui a montré ses limites. C’est peu efficace, car ces candidats n’ont jamais fait de propositions y compris sur la santé. Il y aura les candidats des extrêmes que l’on voit fleurir à chaque élection. Et il y aura les candidats que je soutiens et qui connaissent bien les réalités de ce territoire. Avec des idées claires, dans une démarche que l’on porte depuis six ans. On veut s’inscrire dans le cadre de la majorité sortante.
Concernant les Régionales, je ne suis pas candidat, mais je souhaite que la 3ème circonscription soit mieux représentée qu’elle ne l’a été, pour ce qui concerne l’Autunois et la Communauté Urbaine !»

Vous avez été candidat et élu comme délégué de circonscription pour Les Républicains. Pensez-vous aux législatives ?
«J’ai des contacts sur l’ensemble de la circonscription. Ma première ambition de délégué sera, pendant tout l’été, de reconstituer une équipe. C’est pour cela que j’ai lancé le mouvement d’idées «Ensemble», pour mieux rassembler celles et ceux qui se sont engagés et veulent contribuer à un changement. Car il faut être clair : L’activité du Député Rémy Rebeyrotte a été inefficace. Elle a été marquée par un soutien aveugle à sa majorité, sans aucune distance critique. On a pu le voir sur deux sujets».

Lesquels ?
«Sur la question du revenu agricole, déjà. Une loi a fixé des coûts de revient et de transformation. On attend. Les agriculteurs ont besoin d’une action efficace. Comme a pu le faire Monsieur Chassaigne, un député communiste, sur la question des retraites.
Deuxième sujet : Les questions de sécurité et des moyens pour la Police. Les annonces ne manquent pas, surtout pour des remplacements. Mais il n’y pas aucune augmentation d’effectifs sur le Nord-Ouest du département. Notre territoire doit être entendu et défendu à Paris. Il faut un Député au travail et qui sache être critique et pas être seulement dans des apparitions médiatiques. Alors oui, je reste engagé sur la 3ème circonscription».

Qu’escomptez-vous pour Les Républicains votre parti ?
«Tous les partis sont exsangues. Il faut par tous les moyens rassembler autour d’idées, de valeurs et de projets. Il faut plus de propositions réalistes venant du terrain, de nos territoires. Sur le revenu agricole, j’y reviens, l’Etat français doit prendre ses responsabilités et imposer des prix d’achat, fixés par lui. C’est quelques centimes pour le litre de lait et 30 centimes au kilos pour la viande charolaise».

Et localement, quel est votre regard, un an après les élections municipales ?
«La période a été difficile sur le plan sanitaire, les restrictions de libertés et a laissé des traces, avec le besoin d’être engagés pour ceux qui connaissent des difficultés. Dans les échanges, au conseil municipal, comme à la communauté urbaine, le niveau s’est dégradé. Le Maire et Président n’hésite pas à mentir, comme sa démonstration sur les chiffres du chômage. Nous avons le taux le plus important de Bourgogne et le troisième de Bourgogne – Franche-Comté.
Concernant Le Creusot, il y a de grands enjeux auxquels il faut répondre. Sur la sécurité on est face à une position dogmatique qui est de ne pas vouloir se doter d’une vraie police municipale. On ne peut pas continuer de se cacher derrière des politiques de médiation et d’insertion qui demeurent des politiques de mauvais assistanat et de clientélisme. Cela avec l’attribution des logements et une inaction absolue à l’égard d’incivilités et d’actes de délinquance, comme à la Molette, ou dans le secteur Laperouse Harfleur. Et puis, au Creusot, on n’anticipe pas assez l’avenir…»

C’est-à-dire ?
«Oui on n’a pas profité de cette période pour anticiper l’avenir des associations. On n’engage de mécanisme de soutien à l’égard des commerçants ; on réfléchit à un énième plan commerce… Pas de réponse non plus aux difficultés démographiques, alors que c’est un grand enjeu. La fermeture de l’école Pierre Curie le montre. La ville va privilégier un projet immobilier, alors qu’elle pourrait lancer des projets pédagogiques innovants. Le Creusot est une belle ville qui reste enfermée sur elle même. En fait, on est dans la continuité du mandat précédent alors Le Creusot mérite de retrouver des projets politiques ambitieux !»

La ville a-t-elle eu raison de maintenir les Beaux Bagages sur l’ensemble de l’été ?
«Déjà sur le plan culturel, j’aurai aimé que L’arc propose des spectacles filmés. Dès que possible, il faudra proposer des rencontres culturelles.
Concernant les Beaux Bagages, je suis pour des programmations estivales. Mais je continue à penser que Le Creusot mérite un grand festival. Il faut un rendez-vous important, de portée nationale».

Vous n’avez pas voté la création de la taxe foncière à la communauté urbaine. C’était une position de principe ?
«La ville et la Communauté Urbaine ont été sur l’augmentation des impôts. Créer une nouvelle taxe communautaire, cela ne se justifiait pas car l’Etat a surcompensé les baisses. En période de COVID, actionner le levier des impôts était irresponsable et scandaleux. On ne peut pas demander aux habitants de faire plus d’efforts sur l’impôt. Et je l’ai dit à Madame Jarrot qui a voté pour. Je suis en accord avec mes idées. La Communauté Urbaine doit être un lien où on construit le développement communautaire.
Ainsi je maintiens que concernant la question des ordures ménagères il faut tendre vers la création d’une unité de production d’énergie avec un incinérateur. Car aujourd’hui 40% des déchets partent en enfouissement et son coût est en train d’exploser. Ce n’est pas pour cela qu’il faut aller vers une réduction du service public avec des suppressions de tournées de collecte des déchets ménagers au profit de bac enterrés. Des habitants à Saint-Pierre de Varennes devront faire jusqu’à plus de 4 kilomètres. En agissant ainsi, la communauté urbaine va abandonner une partie du service public. Il faut maintenir les tournées. Sur ce sujet il faut du courage. Et je le dis, la taxe sur les ordures ménagères n’augmentera pas si on est capable de faire autrement en réalisant des économies».
Recueilli par Alain BOLLERY

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