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> Vie locale > LE CREUSOT
04/09/2023 03:17
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Charles Landre : «Ma conviction est que le Marché couvert ne se fera pas place Schneider»

Le leader de l’opposition au conseil municipal au Creusot a effectué sa rentrée politique dimanche à la salle des Italiens. Il se confie dans une interview sur la politique nationale, mais aussi au sujet de la Communauté Urbaine et du Creusot.

Comment abordez-vous cette rentrée ?
CHARLES LANDRE : «J’ai annoncé dimanche, à mes amis, comment on va repartir la fin du mois de septembre. On a lancé un site internet, on va avoir une série de conférences, pas uniquement sur Le Creusot. La 1ère sera le 19 septembre, salle de la Mouillelongue, avec Eric Michoux pour invité.
Ensuite il y aura une série de rencontres communautaires, dont la première aura lieu à Blanzy début octobre.
Des rencontres de quartier que j’ai effectué au Creusot, on a tiré un bilan.
Notre objectif est de nous adresser directement aux habitants. A ceux qui n’ont pas forcément accès à l’information et à tous les habitants en général. Au Creusot on va faire un bilan sur la ville, avec une consultation, sous forme de questionnaires à la population. Mais aussi des rencontres avec les forces vives du territoire. Avec la volonté d’écouter pour travailler le fond et les idées. Il y a des grandes valeurs que l’on a toujours défendes. De septembre à décembre, on va interroger et écouter. L’année sera extrêmement intéressante».

 
Pourquoi ?
«Les élections européennes vont permettre à la fois de conclure la grande crise que traverse tous les partis. C’est une crise idéologique. On a besoin de se repositionner sur des socles de valeurs. Il y a une crise de séparation entre les dirigeants et les Français. On l’a vu avec la conférence des partis convoquée par Emmanuel Macron. En fait il faut essaye de trouver des moyens de décider, mais la vérité c’est que le pouvoir ne décide jamais avec les Français.
Il y a une crise de l’utilisation des outils démocratiques. On hésite le référendum, à dissoudre et simplement à consulter sur des sujets locaux».
 
Vous soutenez Laurent Wauquiez ?
«Je suis attentif à tous ceux qui aujourd’hui essayent de faire bouger le débat d’idées. Laurent Wauquiuez va bientôt s’exprimer. Davis Lisnard aussi et d’autres. Il est prématuré de se prononcer pour un candidat à la présidentielle. Nous ne sommes qu’en 2023. La droite a d’abord besoin de clarifier les valeurs qu’elle défend et son positionnement. C’est-à-dire la défense de la liberté, du respect de l’autorité de l’Etat, de la promotion sociale par l’éducation et le mérite, et de la rémunération juste du travail.
 
C’est ce que dit Gérald Darmanin, à Cuisery, sur la rémunération du travail…
«A ce sujet, la loi sur le partage de la valeur, on veut faire croire à des salariés que leur rémunération nette va augmenter, alors qu’on favorise la prime au détriment du salaire. Et la prime ne compte pas pour les droits à la retraite. Et on voudrait imposer aux très petites entreprises de faire de la participation et de l’intéressement, alors même que cela va créer des inégalités extrêmement fortes, entre les grandes entreprises et ceux des TPE qui n’auront jamais droit à l’intéressement et à la participation. Aujourd’hui il y a un vrai sujet sur la hausse des salaires. Elle ne peut ni passer par les délires insoumis qui consiste à augmenter le SMIC de 30% tout en maintenant les charges, ni par l’ultralibéralisme qui consisterait à ne pas augmenter les salaires en transformant tout cela en primes. Je suis favorable à la baisse des charges et ou la hausse du salaire net. Le partage de la valeur c’est aussi ce qui reste après impôt et on est le pays de l’OCDE avant le taux le plus haut. Je me bats contre les hausses d’impôts qui sont votées dans les assemblées, y compris par la gauche, les marcheurs et parfois la droite».
 
Vous n’êtes pas d’accord avec une partie de la droite à la Communauté Urbaine ?
«En dépit des promesses de campagne, David Marti a augmenté les impôts et taxes sur lesquelles il avait un levier. Au Creusot, la taxe foncière va augmenter. A la Communauté Urbaine, on a été six à ne pas voter la hausse des taxes foncières et deux élus du Creusot à ne pas voter les augmentations de toutes les autres taxes. La taxe sur les surfaces commerciale, ou la création de la taxe sur les friches commerciales, qui va impacter tous les propriétaires des commerces vides. On n’a été que deux à voter contre. Tous les autres n’ont pas tenu leurs engagements de campagne pour ceux qui s’étaient engagés à ne pas les augmenter.. Comme à Montceau où ils avaient pris cet engagement.
Je note d’ailleurs, sur la hausse de la taxe foncière, quelques élus montcelliens ont voté contre».
 
Quelles sont les urgences pour vous à la Communaiuté Urbaine ?
«La première des compétences, c’est le développement économique. Sur la CCM et notamment sur Le Creusot on a perdu plus de 40% de notre population, alors que nous sommes situés à 40 minutes de Lyon, 1h20 de Paris, qu’on a une gare TGV, qu’on est à proximité de l’A6 et qu’avec l’Hôpital, la scène culturelle, l’écomusée, on avait tous les atouts. Et on a un socle industriel extrêmement fort. On a un aveuglement complet sur l’urbanisme qui ne suis absolument aucune ligne. Et sur l’animation de la ville, pour que Le Creusot donne envie d’y rester. Il y a aussi le sujet de la diversification économique. On a un socle industriel, c’est très bien, mais pour qu’une ville se développe, il faut que des familles puissent s’y fonder et donc trouver un tissu économique. La diversification n’a jamais été engagée. Quand je vois que l’on revend des bouts de la zone CORIOLIS, sans aucune réflexion sur le type d’entreprise que l’on veut, je me dis qu’il n’y a aucune stratégie et, c’est pire, aucune réflexion du territoire sur les 10 prochaines années. Je rappelle que la Communauté Urbaine a le pire taux de chômage en Bourgogne.
Je le répète, on a tout pour réussir. Je dis, allons y. Il faut faire plus. Il faut que la CCM arrête le saupoudrage des subventions, sans aucune stratégie politique. Il n’y pas de ligne à la Communauté et à la ville».
 
Justement, au sujet du Creusot, quel est votre sentiment ?
«David Marti a récupéré l’équipe et le programme d’André Billardon, au cours du mandat précédent. C’était sans doute structuré. Depuis 2020, il s’est passé 3 ans et on voit bien que l’on ne sait pas où va la politique municipale. Des travaux sont effectués sans qu’en comprenne, ni le sens ni l’utilité. Il y a eu une tentative, heureusement avorté, de vente en catimini, d’une partie de la place»…
 
Parce qu’elle n’aura pas lieu ?
«Ma conviction est qu’elle ne peut pas avoir lieu et que le marché couvert ne se fera pas plce Schneider. D’abord parce que je l’ai dit, car je ferai un recours au tribunal administratif, et la vente serait cassée, car la délibération qui a été prise ne l’a pas été dans les règles. On ne peut pas vendre le domaine public ainsi. Et puis ce projet est absurde, n’a aucun sens, n’aura jamais l’assentiment de la population. Je ne croise pas un Creusotin qui y est favorable. Créer une nouvelle zone commerciale et supprimer de facto la place où on peut organiser des événements, n’a aucun sens. Je m’engage à ce que cela ne se produise jamais. Il y a aussi la question de la sécurité».
 
C’est-dire ?
«L’effectif de la Police Municipale, dont la majorité a dit en juin, qu’il avait été renforcé, va en réalité être porté à trois agents, contre cinq au début de mandat, et sans chef de Police Municipale à ce jour ; Il y a un refus de la mairie de régler des problèmes simples. Du déchet sauvage, aux rodéos urbains, en passant par tous les trafics, dont le trafic de drogue»…
 
Les trafics de drogue sont partout, non ?
«Oui mais dans certaines villes les Maires s’expriment. Il faut un discours très ferme».
 
Que peut un Maire contre les trafics de drogue ?
«Il faut soutenir l’action de la Police Nationale. Ensuite mettre en place une police nationale et la décharge d’un certain nombre d’actions. Il peut mettre en place une brigade canine spécialisée dans les stupéfiants. Et on peut agir sur l’abandon des quartiers. Je l’ai dénoncé. On ne traite malheureusement pas les sujets, comme la dégradation des abords de la rue Foch, et hier de la Molette et Harfleur Lapérouse.
Autre sujet, on va avoir l’achèvement des travaux du collège Jouffroy. C’est un scandale en terme de destruction du patrimoine creusotin».
 
Vous auriez fait quoi ?
«Déjà préserver le bâtiment. La salle de sports de combat, qui a généré l’avancée béton devant le bâtiment, c’est une ineptie ; J’étais favorable à ce que l’on crée les grandes aires de sport au Creusot. Pour que l’on regroupe les pratiques sportives autour d’une maison des sports d’ailleurs. Je pensais qu’il y aurait une aire autour du stade Jean Garnier, que l’on préserve le foncier autour du Parc des Sports. Je défends un projet de désenclavement de l’espace sportif où il y a les tennis couverts.
Enfin quel devenir pour le quartier Schneider / Saint-Laurent. Si on veut une ville vivante, il faut un cœur ; Les pistes que j’entends pour la place Schneider, c’est la suppression de la place, en vendant une partie ou en plantant des arbres. Le plateau des hauts fourneaux est devenu un espace dangereux car il est à l’abandon. On n’a rien sur la site du Château, avec un écomusée vivant. Le parc de la Verrerie, il n’y a toujours pas de ligne directrice. C’est un espace où la Mairie va vouloir engager des millions d’euros, sans savoir ce qu’elle fait».
 
Recueilli par Alain BOLLERY