
Il parle de deux arbres récemment abattus au Creusot.
Communiqué :Billet d’humeur
C’est une histoire de deux arbres qui n’existent plus
Ce communiqué est un billet d’humeur d’un écologiste qui a la conviction que l’écologie s’adresse au bien commun. Un billet (de mauvaise) humeur pour dénoncer soit une inconséquence idiote soit une provocation inutile et inquiétante. C’est l’histoire de deux arbres coupés ce mercredi en ville dans la période actuelle de canicule et de fortes chaleurs que nous traversons.
Deux arbres en bonne santé et qui ne présentent aucun risque pour les passants et les usagers qui profitent d’un espace fraîcheur en pleine ville. Deux arbres coupés, cela mérite-t-il un billet d’humeur ? Assurément, car c’est un contre sens alors que la végétalisation de nos villes s’impose.
Comment ne pas s’insurger contre une chaîne de décision qui rend tout le monde non responsable, contre des arbitrages insensés qui privilégient l’intérêt d’un particulier à l’intérêt général, contre un excès de précaution car tout arbre sous l’effet d’un coup de vent peut voir l’une de ses branches tomber.
Alors les arbres sont coupés, ici au square Foch-Victor Hugo, comme ceux tombés sur l’aménagement Foch-Verdun il n’y a pas si longtemps et partout ailleurs parce que des personnes ont peur, parce qu’un arbre perturbe les aménagements discutables, par bêtise et inconséquence.
On peut dire ou faire croire que les jeunes arbres replantés ont un rendement CO2 bien supérieur aux arbres de plusieurs décennies. On se moque de nous, de vous. En attendant que les arbres plantés en file indienne fassent de l’ombre, d’autres qui appartiennent à tous, tombent. Ça suffit.
Ce n’étaient que deux arbres. Mais c’est aussi en seulement trois mois des décisions plus que dommageables, comme pour sauver une classe d’école en autorisant des lotissements nouveaux, pour sauver une pharmacie l’impérieuse nécessité, nous explique t’on sans vergogne d’y adjoindre une surface commerciale supplémentaire, un terrain de foot en plastique pour sauver je ne sais quoi.
Allez comprendre.
L’urgence est tellement ailleurs : sauver nos conditions de viabilité dans notre environnement (et oui en 2026, on est amené à écrire cela), sauver la biodiversité pour les écosystèmes dont dépendent notre agriculture, sauver les personnes en fragilité du fait de l’isolement, de l’habitat, de la santé.
Franchement, la peur de voir tomber une branche sur sa façade semble bien dérisoire voir indécente. Et on peut aussi ajouter ce qui ne se fait pas : La collectivité va engager beaucoup d’argent public dans un déménagement et une réorganisation de la Communauté Urbaine sans que cela n’améliore en rien la vie et les besoins des concitoyens de ce territoire. Cet argent sera autant de moyens non engagés dans d’autres domaines comme par exemple la ressource en eau, autre bien commun en difficulté : traitement des eaux usées pour une nouvelle utilisation, accès aux espaces de baignades sécurisées dans nos étangs avec traitement des eaux de pluie en entrée, etc. Il y a de quoi être en colère, non ?
Serait-ce la peur qui permet des décisions radicales ? Ok si cela doit être notre moteur (quelle tristesse) alors ayons peur collectivement, vraiment peur pour décider de préserver le vivant, pour investir dans la ville de maintenant et de demain, pour nous tous, mais aussi pour nos enfants et nos petits-enfants. Alors dans l’intérêt de tous agissons radicalement comme pour faire tomber les arbres en quelques minutes et on verra les effets sur le mieux vivre, l’anxiété atténuée avec une projection sur l’avenir réaliste, possible et désirable. On verra surtout que la peur mauvaise conseillère, n’est jamais le bon moteur pour avancer et pour agir (on peut ajouter aussi pour voter). Tous les problèmes, les manques, les renoncements, les forces économiques qui n’ont aucun intérêt à ce que cela change, tout est connu, documenté. L’inaction coûte deux fois plus cher que l’action. Toutes les solutions sont sur la table. Il suffit juste la volonté d’agir dans l’intérêt général.
Ça commence par une chose toute simple, arrêtons de couper nos arbres. Dès maintenant. Ils nous appartiennent et nous avons besoin d’eux.
Pierre-Etienne GRAFFARD
Europe Ecologie Les Verts
Je joins une photo d’un cèdre magnifique (quartier mouillelongue). Lui aussi nous appartient, nous habitants du Creusot et qui du fait d’un absurde découpage de lots pour de futures constructions et parce qu’un arbre ne compte pas, se trouve en sursis de la décision du futur acquéreur de la parcelle. Voilà un arbre magnifique qui risque de disparaître car ni l’OPAC, ni la ville, ni la CUCM se dit responsable. Certainement que l’acquéreur craindra aussi qu’une branche tombe sur sa nouvelle maison. Pour ce cèdre, il suffit de redessiner les parcelles et d’en extraire cet arbre ainsi il sera sauvé. Mais pour nos décideurs, c’est un non sujet.


