
L'ancien Maire répond sur les chiffres avancés par le nouveau Maire.
Droit de réponseÉcuisses mérite un débat à la hauteur de ses enjeux : sérieux, transparent et tourné vers l’avenir.
Depuis plusieurs jours, les habitants d’Écuisses sont exposés à une communication alarmiste et orientée, reposant sur des comparaisons approximatives et des interprétations contestables.
Derrière cette mise en scène chiffrée, une réalité s’impose : l’absence de cap clairement assumé.
Les chiffres avancés reposent sur une moyenne de communes comprises entre 500 et 2 000 habitants et non sur des communes similaires. Ecuisses avec ses 1650 habitants assume des services publics essentiels que beaucoup de communes ne portent pas : école, restauration, accueil périscolaire, bibliothèque, agence postale, France Services, etc…
Ces choix ont été faits en responsabilité, avec une ambition claire : maintenir l’attractivité de la commune et accompagner son développement. Les présenter comme des erreurs revient à ignorer délibérément les réalités du terrain.
Comparer l’encours total de dette de la commune (1,536 M€), contracté sur plusieurs années, au budget annuel de fonctionnement (1,75 M€), qui correspond aux recettes et dépenses d’une seule année, n’a aucun sens. C’est comme comparer un crédit immobilier avec un salaire sur un an.
Dire « 21 ans » cela peut impressionner, mais ce ratio dépend directement de l’épargne brute (recettes – dépenses). Par ailleurs nous n’avons pas utilisé la solution de facilité des impôts locaux, mais celle de rationaliser des dépenses de fonctionnement et de travailler sur des projets permettant des recettes supplémentaires, comme cela sera le cas pour les années à venir avec notamment la centrale photovoltaïque, le développement de l’habitat avec 2 lotissements entre autres.
Si l’épargne est temporairement faible, comme c’est le cas en raison des travaux, de l’emprunt contracté et du décalage dans le versement des subventions attendues, la capacité de désendettement augmente mécaniquement.
Ce n’est donc pas un indicateur absolu, surtout pris isolément. Oui, la commune a une dette. Mais elle correspond à des investissements visibles et utiles pour le maintien d’une dynamique de la ville, et annoncer « 1 million d’intérêts » sur plusieurs décennies n’ont rien d’exceptionnel : c’est le principe même d’un emprunt long.
Une lecture sérieuse des finances communales suppose de considérer les équilibres dans la durée, le rôle des investissements et les mécanismes de financement. Sortir des chiffres de leur contexte ne permet pas d’éclairer le débat — cela le brouille.
La mise sous tutelle évoquée est présentée comme une menace imminente, alors qu’il ne s’agit que d’un scénario théorique, dépendant d’une dégradation durable de la situation financière.
À ce jour, cette situation n’est ni caractérisée, ni constatée, notamment lors de notre dernier échange avec le percepteur en février 2026. Enfin, nous réaffirmons notre respect des institutions de l’État.
L’autorité préfectorale n’a pas vocation à être instrumentalisée dans un discours politique. Transformer une hypothèse administrative en certitude relève d’une instrumentalisation politique.
Certaines décisions récentes interrogent d’ailleurs la cohérence du discours tenu. Présenter une situation comme fortement dégradée tout en augmentant de 8 % l’enveloppe des indemnités des élus appelle des explications claires…
Plusieurs éléments relayés sont également inexacts : la place de la mairie n’a jamais été « vendue » : il s’agit d’une rétrocession dans le cadre des compétences communautaires ; les montants annoncés ignorent volontairement les cofinancements, dont notamment 260 000 € apportés par la Communauté Urbaine, 28 700 € par la DETR de plus le projet ne s’élève pas à 400 000 € mais à 358 400 €.
À ce niveau, il ne s’agit plus d’imprécisions mais d’une présentation orientée, destinée à induire les écuissois en erreur. Face aux propos inexacts, aux insinuations répétées et aux atteintes portées à l’intégrité des décisions passées, nous nous réservons la possibilité d’engager des poursuites pour diffamation.
Enfin, au-delà des critiques répétées et des attaques sur la gestion passée, aucune orientation concrète n’est aujourd’hui proposée aux habitants : ni stratégie de développement, ni projet structurant, ni vision à moyen terme.
Gérer une commune ne consiste pas à commenter des tableaux et à multiplier les insinuations. Cela exige de la rigueur, de la cohérence et une capacité à construire l’avenir.
Au-delà des chiffres, une question essentielle demeure : quelle vision pour Ecuisses ?
Eric Jannot