
Cette dernière saison mais aussi pendant de très nombreuses années, ils ont porté hautes les couleurs du Creusot. Une page se tourne, mais le COCB est bien toujours vivant. La saison prochaine, même s’il on lui propose d’être repêché financièrement, Le Creusot évoluera en Fédérale 3.

Une page s’est tournée en ce dernier dimanche d’avril. Le Club Olympique Creusot Bourgogne a disputé son dernier match de la saison. C’était un derby bourguignon. Avec la réception d’Auxerre et une défaite. Pas grave.
Le plus important c’est que l’équipe, les joueurs, l’encadrement, ont tenu toute la saison. Ils savaient que ce serait une saison galère et ils n’ont pas abdiqué.
Ils ont conservé la tête haute toute la saison. Ils ont serré les dents. Ils ont laissé ricaner ceux à qui cela faisait plaisir.
Qu’on se le dise, pour les tauliers du COCB, ceux qui ont porté le maillot «bleu et rouge» si longtemps, il était évidemment plus facile de gagner de nombreux matches au cours de la saison 2024-2025, que d’en perdre beaucoup au cours de la saison qui vient de s’écouler.
A l’issue de la précédente saison, comme celle d’avant, Le Creusot n’était pas monté… Comme d’autres clubs ne sont pas montés cette saison.
Pour des raisons diverses et variées, il y a un an, des joueurs se sont envolés comme des moineaux. Certains sont partis avec classe. D’autres pas. Certains ont visé plus haut. D’autres ont cru réussir plus bas.
Tout cela c’est la nature humaine. Chacun était évidemment libre et on ne peut pas en vouloir à des joueurs d’avoir voulu trouver de l’herbe qu’on leur promettait plus verte. Mais entre les promesses et la réalité, il y a parfois un monde. Ainsi va le rugby dans une région Bourgogne où il s’affaiblit au fil des saisons.
Nevers, malgré les millions, a effectué une saison bien moyenne en Pro D2. Mâcon, comme tous les ans, est en mode alternatif. Et puis il y a tous les autres. Montceau rêvait de Fédérale 2, mais se contentera encore de l’étage inférieur. Montchanin, Couches ont fait de leur mieux.
Autun a beaucoup rêvé, mais la saison n’était pas à sa moitié que les rêves étaient déjà envolés. Malgré les promesses…
Alors il reste Dijon et Louhans qui montent en Fédérale 3. Pour Dijon ce n’est qu’une étape, mais dans la capitale régionale, on vit de cycles, avec des montées, des descentes et plein d’autres choses, y compris des chutes brutales. Pour Louhans, dans une Bresse où la grandeur du foot a laissé place à des concerts au mois de juillet, le rugby va être une nouvelle fierté. Tant mieux.
Dans cet univers, Le Creusot jouera en Fédérale 3 la saison prochaine. Car même si on lui offre la possibilité d’être repêché financièrement, comme cela avait le cas pour Chalon, il refusera.
La saison 2026-2027 sera donc celle d’autres derbies. Pour Le Creusot, elle sera sans quatre joueurs qui, dimanche, ont joué leur dernier match. Le dernier match de leur carrière.
A l’instar de leurs partenaires, Sébastien Pourprix, Julien Deleplanque, Kévin Bourillot et Mathieu Labrosse ont été des Seigneurs avec un grand S. Ils auraient pu tout lâcher. Mais ils se sont conduits en Seigneurs. Ils n’ont pas lâché leur club de coeur. Ils se sont battus jusqu’au bout sur le terrain.
Bravo Messieurs. Merci Messieurs. Vous avez fait honneur au maillot bleu et rouge que vous avez porté si souvent. Vous avez fait honneur au rugby. Vous avez démontré à d’autres qui se reconnaitront que vous avez des valeurs. Ces valeurs qui sont les vertus cardinales du rugby.
Dans un championnat, tout le monde ne peut pas être premier, tout le monde ne peut pas monter, tout le monde ne peut pas se qualifier. C’est le sport. Eh oui parfois on descend. Et alors ? Oui et alors où est le problème ?
Certains, quelques uns, ont voulu cette situation, ont rêvé de cette descente du Creusot. En cette fin avril, ils sont peut être heureux. Mais on n’est pas certain qu’ils peuvent se regarder dans une glace.
Qu’on se le dise, le Club Olympique Creusot Bourgogne n’est pas mort. Il a passé cette saison galère en se structufant, pour commencer à bâtir un nouveau projet, avec de nouvelles fondations, dans un monde de l’ovalie où les vents peuvent être forts et parfois contraires.
Qu’on se le dise aussi, l’école de rugby du COCB n’est pas la plus mauvaise de Bourgogne. Elle est même dans le peloton de tête. Certes tous les jeunes ne poursuivront pas et tous ne porteront pas un jour le maillot de l’équipe première. Mais les meilleurs si. Et certains joueront même à un niveau plus élevé. C’est la loi du terrain qui en décidera.
En attendant de voir la suite, bravo et mille fois merci à ceux qui cette saison ont su tenir dans la difficulté et dans l’adversité. Bravo et mille fois merci à Sébastien, Julien, Kévin et Mathieu. Vous avez été des exemples. Pour le rugby et pour Le Creusot. Bonne retraite rugbystique. Vous l’avez bien méritée.
Alain BOLLERY
(Photos Rui FERNANDES)











