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> Sport > RUGBY
27/12/2021 03:16
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Eric Catinot : «Sans rigueur, il n’y aura pas de salut pour Le Creusot»

L’entraîneur du COCB se confie dans une interview vérité accordée à creusot-infos. Il s'exprime ans langue de bois. Il attend non seulement que les joueurs affichent une nécessaire rigueur. Mais il attend de la rigueur à tous les niveaux si Le Creusot a l’ambition de monter en Fédérale 1.
Quand on avale deux ou trois fois près de 200 kilomètres aller-retour, avec beaucoup d'heures passées à rouler dans la nuit, c'est forcément que l'on a encore la foi autant que l'envie. Eric Catinot, qui n'a plus rien à prouver, considère que la terre de rugby du Creusot est fertile.
Mais comme un bon jardinier, il sait qu'il y a des fondamentaux à respecter.
Dans une interview vérité accordée à creusot-infos, l'entraîneur général du Club Olympique Creusot Bourgogne appelle à une prise de conscience générale. Avec un maitre mot en étendard : Rigueur. Chez les joueurs et les dirigeants. Partout dans le club.



Dans quel état d’esprit êtes-vous après une première partie de championnat qui a laissé un goût amer ?
ERIC CATINOT : «J’ai encore du mal à comprendre comment on a pu enchainer quatre défaites de suite à la maison. Comprendre comment contre Metz on menait 41-20 et finir par perdre…»

Et alors ?
«C’est une question d’état d’esprit. Il y avait des signes. Comme la défaite à la dernière seconde contre Nantua, ou encore notre large défaite contre Villefranche, toujours en match de préparation. C’était annonciateur. La vérité c’est qu’il y avait beaucoup trop d’absents au mois d’août, trop de joueurs en vacances, quand on était dans la période la plus cruciale de la préparation de la saison. On a fait un stage de cohésion en juillet, mais il n’a pas porté ses fruits.
Il n’y a pas eu beaucoup d’arrivées non plus et nous avons un effectif serré avec pas beaucoup d’avants. Et puis la saison dernière ne s’est pas faite et peut-être sommes nous trop restés sur nos bons résultats d’avant l’arrêt de la compétition pour cause de COVID. Tout cela ajouté est sans doute une des explications de ce début de saison catastrophique à domicile. Mais aujourd’hui ça va mieux, même si la défaite à Dole nous fait mal».

La 6ème place, vous la voyez compromise ou possible ?
«Soyons francs, pragmatique et critique. Dole c’était un match qui comptait double.  A 13-7, on va deux fois sur leur ligne et on est pénalisé les deux fois pour de l’indiscipline. Et derrière, avec la victoire de Dole contre le PUC, ça change complètement la donne…»

C’est-à-dire .
«Il faudra non seulement tout gagner à la maison, mais aussi décrocher trois victoires à l’extérieur, c’est-à-dire réaliser trois perfs. Voilà les données du problème».

Ne pas terminer sixième ou dans les six premiers, ce serait grave ?
«Ce serait une déception, mais cela ne serait pas grave. Cette place dans les six premiers, qui était l’objectif du début de saison, il faut la voir dans le projet global. Et je ne veux tromper personne : Tout ce qui doit être dans projet n’est pas en place».

Vous voulez dire qu'il reste à construire ?
«Oui ! C’est vrai qu’il y a eu une opportunité d’aller vite en Fédérale 1. La saison dernière, qui a été interrompue, il fallait bien figurer en phases finales.
Cette saison, on le sait, la donne est différente. Moi je dis qu’il faut analyser la situation. Savoir où on veut vraiment aller et surtout avec qui ! Il va falloir unifier tout cela. Le Creusot a envie, mais n’a pas son projet bien établi. Il n’y a pas que l’équipe 1 et il ne faut pas qu’il y ait seulement la victoire du dimanche suivant. J’ai passé ma carrière d’entraîneur à construire. Pour moi, c’est tout ce qu’il y a autour qu’il faut déjà penser à pérenniser».

Pour vous, la priorité des priorités c’est quoi ?
«Le rugby c’est la rigueur. Alors je le dis à tout le monde, joueurs et dirigeants, il faut des règles et de la rigueur. Sans rigueur il n’y a pas de résultats, pas d’avenir. J’attends de la rigueur de la part de tous les joueurs. Il ne suffit pas de le dire. Il faut le montrer et le démontrer. Sans rigueur il n'y aura pas de salut pour Le Creusot !
Contre Metz, j’y reviens, sur le terrain, personne n’a dit «la victoire on va la préserver. Ce groupe n’est pas assez étoffé. Il n’y a pas assez de concurrence en 2ème ligne et en 3ème ligne. La concurrence crée de l’émulation. Il y a des joueurs qui ne s’engagent pas assez. C’est juste un constat pour que chacun comprenne qu’il va falloir élever le niveau si on veut atteindre l’objectif fixé en début de saison. Mais cela ne se pas suffisant. Il ne suffit pas d’avoir pour seul objectif de gagner le match d’après pour progresser…»

…Que voulez-vous dire ?
«Je dis et répète qu’il faut de la rigueur, je dis aussi que la défaite enregistrée à Dole n’est pas un coup d’arrêt.
Maintenant, si le COCB veut avancer, il faut un cadre avec un projet. Le tout écrit noir sur blanc, pour que tout le monde en prenne conscience et tire dans le même sens. Je veux rester positif. Le projet de club passe aussi par une structure médicale. Il faut que le staff et les joueurs sachent vers qui se tourner.
Je peux vous assurer que nous les entraîneurs on a envie de se battre ; mais il faut que tout le monde se batte pour faire grandir Le Creusot».

Après une carrière bien remplie, qu’est-ce qui vous motive encore aujourd’hui ?
«J’en suis convaincu, il y a un truc à construire ici au Creusot. Moi j’ai toujours été dans la construction, dans l’élaboration de projets. Au Creusot, on est sur une terre de rugby. Il y a la place pour un club de Fédérale 1 ici. Il faut pour cela grandir et structurer. Pour cela, il faut baliser à tous les niveaux».

La reprise sera vite là, comment la voyez-vous ?
«Au PUC, franchement, on n’aura pas grand chose à perdre. Il faudra essayer de ramener un point. Ensuite, il faudra évidemment gagner à Metz, pourquoi pas à Orléans. Mais on doit tous être convaincus que cela ne suffira pas et qu’il faudra batailler jusqu’à la dernière journée. Une des question aussi que l’on doit se poser : C’est avec quel effectif. Peut-être faudra-t-il lancer plus de jeunes. Je reste optimiste car ces dernières semaines, au-delà de la défaite à Dole, l’équipe est montée en régime. Il faut continuer sur cette voie. Mais je le répète, le projet ne peut pas être le match du dimanche prochain. J’espère être clair».
Recueilli par Alain BOLLERY 
avec Christophe BOUILLET