
Les Creusotins devaient gagner à Montceau pour composter le billet de la montée en R2, les Montcelliens devaient eux-aussi gagner pour se maintenir, il aura fallu attendre la 93e minute pour connaître les sentences.

On va être francs, à la connaissance des convocations de Montceau, ce matin sur « radio moquette », en voyant les joueurs qui allaient jouer ce match couperet contre le leader, la JOC, on se doutait bien de l’issue finale. Montceau, sa réserve, a joué avec Hugo Large, De Marauld Biniakounou, Noah Sarnin, Tiemoko Konaté, Pierre-Yves Letienne, David Obarogie : des joueurs qui n’ont pas grand-chose à faire en R3. De bonne guerre.
Il fallait sauver la réserve qui avait accompli une saison médiocre, l’une des plus mauvaises attaques, la défense qui a encaissé 2,3 buts par match. Elle se sauve grâce au coup de main des joueurs de la A. De bonne guerre. La A, qui jouait en même temps, qui perdait, à la maison, contre Saint-Marcel, (0-4) deux victoires en une année sportive. De bonne guerre. Vraiment ?
De bonne guerre aussi, ne pas mettre un second jaune à De Marauld Biniakounou, parce qu’il avait déjà un jaune… De bonne guerre.
Ce qu’on retient, c’est l’abnégation des Creusotins, malgré tous les éléments contre, ils ont tenu la confrontation, mis en difficulté des joueurs qui évoluent normalement bien plus haut, certains, bien plus haut, Tiemoko Konaté a été international avec sa sélection, la Côte d’Ivoire. Les Jocistes ont mené, dès le début de match, ont tenu la réaction locale, même repris, et menés à leur tour, ils sont revenus, ont eu la balle du bonheur dans les arrêts de jeu et il aura fallu attendre le bout du bout pour s’incliner. Après Gueugnon, Chalon ACF et Joux, les Bleus ont encore tenu tête à une grosse équipe. S’ils avaient joué le Montceau (B) vu toute la saison à une autre période, celui qui a peiné, subi tant de buts, nous pensons vraiment que le score et la conclusion de ce championnat auraient été bien différents. C’est de bonne guerre, mais on n’aime pas. On a le droit.
Le match s’est joué sur le terrain synthétique, transformé assez rapidement en fournaise, alors que l’équipe A de Montceau recevait sur le terrain honneur, Saint-Marcel. La blessure quasi-immédiate de Seydou Koné, leader d’attaque creusotin, n’a pas remis en doute le plan initial de coach Serpry : jouer bas, laisser la balle, trouver les espaces (nombreux) derrière les tours locales. Bingo, première alerte sur une balle pour Riyad Brigeme, jugé hors-jeu, et bis repetita à la 6e : Hugo Rat lançait entre les deux défenseurs montcelliens une offrande transformée en un face-à-face que l’attaquant ne gâcha pas. 0-1.
Montceau réagissait avec des mouvements bien contrôlés par la défense creusotine, elle tenait bien Tiemoko Konaté. Mieux, passé l’orage de la réaction, stérile, ce sont bien les visiteurs qui auront les ballons du 0-2. D’abord sur un contre de Riyad Brigeme, qui trouva Romain Parizon, son tir est parfait, dévié par Chamseddine Otmani (23e). C’est Hugo Rat qui eut la meilleure occasion pour doubler le score, le gardien montcellien se déployait pour éviter le pire.
La première période se termina sur une belle tête d’Abdel Mansouri, non cadrée. 0-1 à la pause.
Montceau, comme il était assez prévisible, ne pouvait se contenter de ce score. Le temps d’arrêter un face-à-face Riyad Brigeme, jugé hors-jeu, mais longuement contesté, et Montceau revenait dans la partie. Passe millimétrée pour le remuant Noah Sarnin, qui trouvait la lucarne opposée et l’égalise (54e). Le match monta en intensité et sur un beau triangle creusotin, Romain Parizon, idéalement placé, se faisait couper par De Marauld Biniakounou. Faute qui méritait le second jaune pour le milieu de terrain, mais au grand dam de coach Serpry et des nombreux supporters creusotins, l’arbitre gracia.
Montceau allait prendre l’avantage grâce à son international Ivoirien, Tiemoko Konaté récupérait un ballon entre deux lignes suite à un coup-franc, et trompait, froidement, Théo Bérard, le portier creusotin. 2-1 (76e).
La JOC devait à présent marquer deux fois pour obtenir le succès et donc monter. L’espoir arriva à la fin du match, un coup-franc de Riyad Brigeme, que la défense locale laissa passer et qui trompa le gardien. Un but gague, un but quand même. 2-2 (90e).
Pour Montceau, tout était à refaire, il fallait gagner. C’est la JOC qui aura la balle de match, avant Montceau : contre d’Enzo Ciufici, laissé complètement seul sur son flanc gauche, son tir est puissant et fera même croire au but. La balle passa à deux millimètres de la transversale (on a mesuré…). Balle de match perdue, c’est Monceau qui en profita. Contre de David Obarogie, qui centra fort pour Allaieldine Farid qui marqua le troisième but pour les siens. Un but cher, un but qui permet à Montceau B de se sauver.
La JOC méritait plus, mais jouera en R3 la saison prochaine, comme Montceau. Mellecey/Mercurey va connaître la R2, Cluny et La Clayette, eux, risquent le District. C’est là aussi injuste, mais « ils » disent que c’est de bonne guerre. On a le droit de ne pas aimer. C’est Julien Serpry qui a la formule de la fin : « On avait tout pour vivre le foot qu’on aime…Les dés étaient pipés ». Malheureusement, on a eu le contraire.
A Montceau, stade synthétique des Alouettes, Montceau (B) bat la JO Creusot 3 à 2 (0-1)
- Arbitre : Alexis Marinier
- Montceau (b) : Otmani, Jozwiak, Mahrez, Large, Olivier©, Biniakounou, Sarnin, Dachę, Konaté, Letienne, Farid, Plusquellec, Mansouri et Obarogie
- JO Creusot : Bérard, Grenot, Ciufici, Chimm, Sadiki, Rat, kiné, Semaine©, Brigeme, Chachoue, Parizon, Rond, Sahin et Akhrif
Julien Serpry, coach de la JO Creusot :
« C’est une énorme frustration, je n’ai même pas regardé le résultat de Mellecey (vainqueur 3-0 à La Machine). On avait le match en main, on marque, on était plutôt bien organisé face à cette belle équipe, on a eu les situations en première pour mieux gérer l’avantage et marquer le deuxième. Le plan était parfait, on savait qu’il y aurait des transitions. Le face-à-face sifflé hors-jeu en début de deuxième nous coupe les jambes, c’était le but de la gagne. Et puis ils égalisent, Konaté est un super joueur, mais on ne doit pas prendre ce but, cette passe à l’intérieur. Il y a, selon moi, un énorme fait de jeu, le second carton jaune à leur milieu (Bibiakounou), ce n’est plus le même match, l’arbitre me l’a avoué d’ailleurs, si c’était un autre, il lui mettait. Pourquoi il ne l’a pas mis ? Des détails, des hors-jeu sifflés, dans des matchs importants comme ça, ça pèse lourd. On aurait pu avoir une fin magique (le contre d’Enzo Ciufici), sur le contre, ils marquent. On avait tout pour vivre le foot qu’on aime. Le foot est bizarre, on était cuit, on manque ce but qui aurait marqué tous les esprits. On bascule de l’autre côté. Avec les joueurs qu’ils ont alignés, les dés étaient pipés, c’est le foot, le règlement. Mais quelque part, même avec tous ces joueurs, on pouvait gagner. Je suis fier de la saison de mes joueurs. » Vincent Brucci































































