
A 12 points du leader Sanvignes juste avant Pâques, la «JOC» se retrouve, à deux journées de la fin du championnat, en tête du championnat, après sa victoire à Cluny.

Un scénario hitchcockien, digne d’un film à suspense. Une course à trois, Sanvignes qui a fait la course en tête depuis le début de saison, Mellecey-Mercurey qui l’a destitué la semaine dernière à la faveur d’un match en retard, et la JO Creusot qui était à l’affût. Bien cachée à vrai dire, puisque qu’avec 12 points de retard avant Pâques, il n’y avait que son coach, Julien Serpry, qui pouvait encore croire à (nous le citons), "rendre la fin de saison intéressante, jouer quelque chose". Peut-être pas la montée, mais titiller les principaux acteurs.
Avec la victoire de Mellecey-Mercurey à Cluny, semaine dernière, en match en retard, le championnat s’était retrouvé un leader en solo, trois points d’avance sur le duo de dauphins, la « JOC » et Sanvignes, les deux anciens pensionnaires de la R2.
Et puis il y a eu cette journée ubuesque. Mellecey se déplaçait à Decize, Sanvignes à Bourbon-Lancy et la « JOC » à Cluny. Les hommes de Julien Serpry ont eu un match difficile : « Jamais facile de jouer une équipe qui lutte pour le maintien. Nous ne sommes pas bien rentrés dans le match, nous faisions de mauvais choix, nous étions endormis. » Pas le genre de comportements d’une équipe qui joue la montée, toujours le coach : « J’ai été obligé d’effectuer des changements à la demi-heure de jeu et de pousser une gueulante au vestiaire. » Résultats immédiats. A peine rentrés, les Creusotins ont pris l’avantage sur une tête d’Enes Grenot. Et puis patatrac.
« Radio-moquette », envoyait de mauvaises nouvelles aux Creusotins, Mellecey menait 2-0 à Decize, Sanvignes 1-0 à Bourbon et, comme les nouvelles n’arrivent jamais seules, Cluny obtenait un penalty à la 83e mm pour l’égalisation et la fin des rêves. « Ils tapent le poteau, à peine deux minutes après, Erkan Sahin marque le but libérateur. » La « JOC » repartait de Cluny avec la victoire, 2-0. L’ascenseur émotionnel ! Mieux, la « JOC » allait subir un « Space Moutain » gratuit.
Mellecey s’était fait reprendre et venait de subir le troisième but, synonyme de défaite, à la 95e mm. Idem pour Sanvignes, renversé en fin de match et défait 2-1 par Bourbon.
D’un moins quatre sur Mellecey, la « JOC » venait de coiffer le leader. Space Moutain !
Il reste deux journées aux acteurs de ce film incroyable, la « JOC » reçoit La Machine avant de finir à Montceau pour un derby communautaire palpitant. Julien Serpry calme l’optimisme ambiant : « Si on a le malheur de penser à Montceau avant de jouer notre match contre La Machine, c’est fini. » C’est clair ? Il y a un point que le coach répète à souhait : « Jusqu’ici, tous les leaders sont tombés, même avec les faveurs de l’agenda, même avec 12 points d’avance. Ce soir (dimanche), nous sommes les nouveaux leaders, jusqu’ici, il a toujours été destitué ! » C’est clair ?
Quoiqu’il arrive, le club du Pilon aura réussi une sacrée saison, l’équipe fanion joue la montée, la réserve, elle aussi leader de son groupe après sa victoire face à Saint-Sernin, jouera sa finale à Palinges, le deuxième : « Palinges est fort, il n’a perdu sur le terrain qu’un match (le second, sur tapis vert), j’aurais vraiment voulu être là pour assister à ce match. Un nul nous suffira mais Palinges est costaud. Pour finir le tableau complet, la troisième équipe a toutes les cartes en main pour monter elle aussi.
Rien n’est joué, la « JOC » peut très bien tout perdre à la dernière journée. « Il ne faut pas crier victoire, loin de là. On a le mérite de rien lâcher, nos groupes sont concernés. » Même sans victoire finale, sans montée, les trois équipes nous auront fait vivre un fou scénario, et ça, c’est déjà une victoire.
Un point de règlement. Mellecey-Mercurey est à égalité de points avec la « JOC », mais il faut prendre comme critère de départage d’ex aequo le fairplay. Avec 90 points, Mellecey a 50 points de plus que la « JOC » qui est donc première au classement.
Vincent Brucci
(Photos d'archive
www.creusot-infos)