
Les Espagnoles ont dû attendre la 106ᵉ minute de jeu, avec le but de Ferran Torres, pour venir à bout d’une équipe d’Argentine dominée sur l’intégralité de la rencontre. Sur les 120 minutes disputées, la Roja a tiré au but 20 fois et réalisé 755 passes, lorsque l’Albicéleste n’a tenté que deux petits tirs pour 354 passes échangées.


Les quarante-cinq premières minutes sont à mettre au crédit des Espagnols. La Roja rentre parfaitement dans sa finale en mettant rapidement sous pression le bloc argentin. Les hommes de De la Fuente enchaînent les phases de possession, en faisant la démonstration de leur maitrise technique, afin de trouver des décalages dans la défense adverse. Lamine Yamal se montre dangereux dès la cinquième minute de jeu, mais l’ailier du Barça manque de tranchant dans sa finition.
Comme face aux Bleus, les champions d’Europe 2024 défendent en avançant et leur contre-pressing, à la perte du ballon, leur offre la possibilité de récupérer un très grand nombre de ballons dans la moitié de terrain adverse. Le trio Ruiz/Rodri/Olmo règne en maître au milieu de terrain et permet aux Ibériques de se montrer constamment menaçants dans les trente derniers mètres argentins.
Face à la puissance collective adverse, l’Albicéleste se retrouve muselée et rencontre d’énormes difficultés à se montrer dangereuse balle au pied. Les coéquipiers de Leo Messi n’ont eu que 35 % de possession en première période en étant incapables de tenter le moindre tir sur la cage d’Unai Simon. La seule satisfaction pour les champions du monde 2022 réside dans le fait qu’ils sont parvenus à résister avec efficacité aux assauts espagnols sans que leur portier Martinez soit véritablement inquiété.
Au retour des vestiaires, la domination de la Roja s’intensifie. Les hommes de De la Fuente donnent l’impression de léviter sur le terrain en multipliant les combinaisons en une touche de balle pour déborder un bloc argentin complètement dépassé par la maitrise technique et tactique des Ibériques. Les doubles champions du monde sont proches de la rupture, mais ces derniers continuent de résister en démontrant leur combativité. La grinta des Argentins commence à atteindre ses limites lorsque Olmo et Torres alertent successivement Martinez juste avant la pause fraîcheur. Alors qu’il reste une vingtaine de minutes à jouer, l’Argentine a concédé 8 tirs (dont 5 cadrés) alors qu’elle en a tenté aucun.
Le scénario à sens unique se poursuit dans les dernières minutes du temps réglementaire. Les Espagnols accentuent davantage la pression devant la surface adverse. Les frappes lointaines se multiplient à l’image des tentatives de Pedri et Cubarsi, poussant Martinez à la parade. L’Albicéleste a de plus en plus de mal à contenir les percussions balles au pied de Lamine Yamal et Nico Williams dans les couloirs qui enchaînent les centres dangereux devant le but argentin.
La situation devient d’autant plus critique pour les Sud-Américains lorsque ces derniers se retrouvent contraints de terminer la rencontre à dix après le deuxième carton jaune écopé par Enzo Fernández lors du temps additionnel. La Roja ne veut pas passer par la case prolongation, mais la sublime parade de Martinez sur l’ultime tentative de Lamine Yamal sur coup franc direct contraint les deux formations à repartir pour trente minutes supplémentaires.
Lors des prolongations, l’attaque-défense en faveur des Ibériques se poursuit. Les hommes de De la Fuente multiplient les vagues dans la surface adverse en s’appuyant sur la vista d’un Nico Willimans très en jambe depuis son entrée en jeu. Pour autant, dominer n’est pas gagner et la Roja ne parvient pas à faire sauter le verrou de l’Albicéleste. Les doubles champions du monde puisent dans leurs ultimes ressources pour espérer arracher la séance de penalty, mais ces derniers finissent par craquer.
Juste après la reprise de la deuxième mi-temps, l’Espagne accélère côté droit avec la doublette infernale Yamal/Porro qui envoie un centre fuyant au second poteau. Nico Williams s’élève pour remiser de la tête en retrait devant le but de Martinez. Ferran Torres sent le coup et surprend tout le monde afin de catapulter une demi-volée puissante au fond des filets. L’attaquant du Barça marque sans aucun doute le but le plus important de toute sa vie et permet à la Roja de décrocher sa deuxième étoile au bout du suspense.
Benjamin Lemousy
(Photos Agence REUTERS)
































































