
Le Creusotin de Chalon, Alexis Guérin, sauve les siens d’une lourde désillusion à trois minutes de la fin du match. Les Creusotins peuvent s’en vouloir, la transversale, puis le poteau, ont nié une qualification qui, pourtant, était méritée.

C’est la Coupe, diront les supporters, cruelle et impitoyable : les Creusotins ont eu les meilleures occasions, ont globalement dominé la seconde période, mais ont oublié le principal, marquer ce petit but qui, à coup sûr, les aurait emmenés au tour suivant.
Ce but aurait définitivement coupé tout espoir chalonnais, eux qui ne se seront créé aucune occasion en seconde période, pire, ils ont été malmenés par une bande de gamins pas encore habitués à jouer en régionale. Sur un double renvoi de la défense locale, un premier tir détourné, une reprise superbement placée par l’ex-professionnel du Servette Genève, Alexis Guérin, et Chalon marque ce but inespéré. Cruel et impitoyable pour les Creusotins.
Montporcher affichait son visage festif, beaucoup de monde, pratiquement plus de place le long de la main courante, les supporters chalonnais venus, eux aussi, en masse : l’affiche avait le goût de la Coupe et aussi, celui d’une certaine nostalgie où les deux clubs avaient l’habitude de s’affronter en élite régionale.
Après une première alerte de l’avant-centre jociste, Seydou Koné, non cadrée, c’est Chalon qui imposa sa force physique. Un duel de costauds gagné entre deux défenseurs creusotins, Boris Mathis se donna la chance de frapper, mais son tir ne trouva pas le cadre (6e). Plus dangereux encore, le tir de l’ailier chalonnais, Lilian Déruytère, qui chercha le second poteau, le ballon est magnifiquement détourné du bout des doigts par Yannis Baverel, le gardien creusotin.
Cependant, la « JOC » aura, elle aussi, deux énormes occasions d’ouvrir le score. Sékou Kanté centrait sur Seydou Koné, idéalement placé aux 6 mètres, son tir n'est pas assez appuyé pour inquiéter Jules Bosne (27e). La seconde occasion est spectaculaire : lourde reprise de volée de plus de 20 mètres du jeune Youssef Chekroune, Jules Bosne est obligé de claquer en corner un ballon qui prenait la route des filets (41e). 0-0 à la pause.
Les Creusotins sont revenus des vestiaires avec la conviction que l’exploit ressemblait de plus en plus à une évidence. Le cafouillage incompréhensible d’un défenseur chalonnais qui laissait le ballon à Seykou Kanté en pleine surface, en est la démonstration. Encore une fois, Jules Bosne est présent pour sauver les siens (56e).
Chalon prenait l’eau. Il ne manquait plus qu’il boive la tasse. Lancé sur le flanc droit, Seydou Koné dribblait son défenseur et se retrouvait en face à face avec le gardien saônois : le choix de tirer ne sera pas le bon, au grand dam de son coéquipier, seul au centre (63e). Ça faisait beaucoup ; mais ce n’était pas fini.
Car la « JOC » aura une occasion bien plus évidente. Solomon Obarogie, rentré en seconde période, avait pris la mesure de son flanc gauche et, sur une énième échappée, décocha un magnifique tir qui trouva le « 7 » de Jules Bosne (la transversale et le poteau, qui tremblent encore d'ailleurs), sur le renvoi, Mohamed Condé trouva lui aussi le bois, le poteau cette fois-ci (69e).
On connaît le théorème du foot, occasions vendangées, but encaissé. C’est le Creusotin du « FCC », Alexis Guérin, qui s’est rappelé au bon souvenir. L’exploitation d’un renvoi de la défense locale et le tir consécutif du milieu de terrain valent le but de la victoire et la qualification. Cruel et impitoyable, on l’a dit.
A la fin du match, coach Serpry nous l’avouera, la saison de la « JOC » va enfin commencer. Il a raison, son équipe, vue en championnat, ne peut pas être celle qu’on a vue contre Avalon (R2), Chalon ACF (R3) et les Nationaux du FC Chalon.
Les joueurs de Chalon ont offert, très sportivement, une haie d’honneur aux locaux.
Au Creusot, stade du Montporcher, Chalon FC bat la JO Creusot 1-0 (0-0)
- Arbitre, Yann Schwab (Dôle)
- JO Creusot : Baverel, Grenot, Chekroune, Perianayagom, Sadiki, Semane©, Dridi, Khedir, Koné, Brigeme, Kanté, Obarogie, Condé, Lagrange, Messoussa et Mas
- FC Chalon : Bosne Vialet, Besini, Pillet, Carriez, Nyemeck, Kibouka, Le Bras, Guérin, Ait Fana, Mathis©, Déruytère, Momoh, Otmani, Alexandre, Ouchem Amir et Ouchem Dalil
Mickael Mendez Rabade, coach du FC Chalon : « C’est un vrai match de Coupe de France sur un terrain compliqué, une équipe vaillante. On n’avait pas marqué depuis le début de saison en championnat, on a été sérieux, on a dominé. On aurait pu être mis en difficulté sur une action venant de nulle part, mais on a fait le boulot, l’essentiel est là. Cette victoire nous fait du bien, on respire un peu, place au championnat et notre prochain match à Vesoul. Il est important. »
Julien Serpry, coach de la JO Creusot : « On ne peut pas dire que notre match est positif parce qu’on perd, peu importe la manière, on est éliminé. Par contre, par rapport au non-match de la semaine dernière, j’ai constaté une vraie réaction, et je n’ai rien à reprocher aux joueurs aujourd’hui. Si on s’amuse à faire les « Expected Goal » (xG), les claires occasions de buts, on est devant eux. Je l’avais dit au vestiaire, on devait faire un gros match et avoir un brin de réussite et pour ça, il fallait le provoquer, on a tout fait pour. Je pense que si on marque, on remportait le match. Ceci dit, je ressens beaucoup de fierté envers mes joueurs, mais beaucoup de déception également. La Coupe, c’est fini, maintenant oui, notre saison va commencer, on a deux défaites en championnat, il est urgent de gagner et pas seulement d’être bons comme aujourd’hui.»
Alexis Guérin, joueur du FC Chalon : « Effectivement, revenir au Montporcher, là où j’ai commencé, cela m’a fait quelque chose. Mes amis, mes parents, mes proches étaient là, alors oui, les souvenirs reviennent. Et puis je marque en fin de match, on se dirigeait objectivement vers les tirs au but, une libération. J’espère que cette victoire va être un déclic pour notre saison, on avait besoin de ça. Mainteant, il va falloir gagner à Vesoul, un autre contexte. Même si on gagne sur le plus petit score, cette qualification nous fait du bien, peu importe la manière. La « JOC » est une très belle équipe, soudée, ils n’ont rien lâché, la preuve, on ne met qu’un seul but. »
Vincent Brucci















































