
Sur la route du Mont d'Or, le Nivernais Lenny Martinez a conquis un maillot à pois qui vaut de l'or... Il est devenu le plus jeune meilleur grimpeur de France ! Simon Yates s'est imposé en solitaire et l'Irlandais Ben Healy a redonné le vert de l'espérance à son peuple en prenant le maillot jaune à Pogacar. Quelle étape !

Ce n'est pas de la haute montagne, mais c'était une étape toboggan. Il fallait être costaud. Le Nivernais Lenny Martinez l'a été suffisamment pour s'offrir le maillot de meilleur grimpeur. Il a ensuite décroché, mais a terminé avec Pogacar qui perd le maillot jaune au profit de l'Irlandais Ben Healy... Simone Yates a lui montré les muscles en s'imposant tout seul, comme un grand... Mais il l'est car c'est sa troisième victoire d'étape sur la grande boucle...
A.B. avec ASO
(Photos ASO)
Le film de l'étape.
Pour la première étape de montagne du Tour 2025, la question de savoir si l’échappée du jour avait une chance de réussite occupait les esprits. Les 29 coureurs qui ont tenté leur chance ont eu bien raison de ne pas tergiverser, puisque leur initiative a été couronnée de succès, en tout cas pour trois d’entre eux. Le Britannique Simon Yates avait su s’économiser jusqu’à la montée au Mont Dore et a pu atteindre le sommet en solitaire pour décrocher une troisième étape du Tour de France, après Foix-Prat d’Albis et Bagnères-de-Bigorre en 2019. Son compagnon de route Ben Healy a profité de la situation pour aller chercher le Maillot Jaune : il devient le 4e coureur irlandais à occuper la tête du classement général après Seamus Eliott, Sean Kelly et Stephen Roche. Quant à Lenny Martinez, à défaut de remporter une étape le 14 juillet, il est parvenu à s’habiller du maillot à pois, comme son grand-père Mariano l’avait fait en 1978.
Après les forfaits de Georg Zimmermann (Intermarché-Wanty) et de Marijn Van den Berg (EF Education-Easypost), il reste 173 coureurs dans le peloton. Les volontaires sont nombreux pour tenter l’échappée du jour, à commencer par Julian Alaphilippe, qui participe à la formation d’un groupe d’attaque très vite rejoint, puis insiste au km 4. Après quelques kilomètres en solitaire, l’ancien champion du monde est accompagné dans la côte de Loubeyrat par une meute de contre-attaquants, dont Lenny Martinez qui passe en tête et entame une chasse aux pois.
29 coureurs dans l’échappée
Le groupe d’attaque continue de gonfler, atteignant 29 coureurs au km 31, avec Victor Campenaerts, Simon Yates (Visma-Lease a Bike), Valentin Paret Peintre, Ilan van Wilder (Soudal-Quick Step), Ben Healy, Neilson Powless, Alex Baudin, Harry Sweeny (EF Education-EasyPost), Lenny Martinez (Bahrain Victorious), Thymen Arensman (Ineos Grenadiers), Quinn Simmons (Lidl-Trek), Quentin Pacher (Groupama-FDJ), Julian Alaphilippe, Michael Storer (Tudor), Ben O’Connor, Luke Plapp, Mauro Schmid (Jayco-AlUla), Raul Garcia Pierna (Arkéa-B&B Hotels), Ivan Romeo, Pablo Castrillo (Movistar Team), Bruno Armirail, Aurélien Paret Peintre (Decathlon-Ag2r La Mondiale), Clément Champoussin, Simone Velasco (XDS-Astana), Steff Cras (TotalEnergies), Michael Woods, Joe Blackmore y Alexey Lutsenko (Israel-Premier Tech) et Anders Johannessen (Uno-X).
Ben O’Connor lance la sélection
L’échappée passe au sprint intermédiaire avec deux minutes d’avance (km 44,4) et garde cette configuration jusqu’à la côte de Charade, où Ben O’Connor attaque au km 63 et provoque une première sélection, suivie de nouveaux regroupements. Le groupe a diminué de moitié en passant avec 5 minutes d’avance au col de Guéry (km 115,4), où Lenny Martinez s’assure le maillot à pois. Il reste alors en tête Victor Campenaerts, Simon Yates (Visma-Lease a Bike), Valentin Paret Peintre (Soudal-Quick Step), Ben Healy, Alex Baudin (EF Education-EasyPost), Lenny Martinez (Bahrain Victorious), Thymen Arensman (Ineos Grenadiers), Quinn Simmons (Lidl-Trek), Quentin Pacher (Groupama-FDJ), Michael Storer (Tudor), Ben O’Connor (Jayco-AlUla), Pablo Castrillo (Movistar Team), Michael Woods, Joe Blackmore (Israel-Premier Tech) et Anders Johannessen (Uno-X).
Healy vise le Maillot Jaune
Le groupe de tête est majoritairement emmené par les EF, qui visent le Maillot Jaune pour leur leader Ben Healy avec un écart maximal de 5’55’’ au col de la Croix-Morand (km 124,1). C’est un peu plus loin, à 31 km de l’arrivée, que O’Connor met un nouveau coup d’accélérateur et continue d’essorer l’échappée. A 15 km du but, il n’est plus accompagné que de Healy, Blackmore, S.Yates, Storer et Johannessen. Parmi eux, Simon Yates place une attaque immédiatement avant de rentrer dans la montée finale. Durant ces trois kilomètres, il est suivi de près par Thymen Arensman mais résiste à sa pression. En léger retrait Ben Healy roule avec O’Connor et arrive suffisamment tôt pour prendre la tête du classement général.
Vauquelin lâché du groupe des favoris
Dans le peloton des favoris, c’est la formation Visma-Lease a Bike qui se place en entrant dans les 25 derniers kilomètres des attaques à répétition, par Sepp Kuss et Matteo Jorgenson. Le rythme imposé réduit le groupe Maillot Jaune à environ 25 coureurs. Dans l’ascension finale, c’est notamment le 3e du classement général Kevin Vauquelin qui cède du terrain. Mais à 1,5 km de l’arrivée, une accélération de Pogacar lâche tous ses rivaux à l’exception de Jonas Vingegaard, sans réelle conséquence puisque l’élite se reforme juste avant la ligne.
Petits + et grand + ...
2 185 : YATES IS BACK !Simon Yates lève les bras pour la 3e fois sur le Tour après les deux succès obtenus en 2019, à Bagnères-de-Bigorre (étape 12) et Foix - Prat d'Albis (étape 15). Cette dernière victoire avait eu lieu il y a 2 185 jours. Le vainqueur du Giro d'Italia 2025 décroche aussi son 36e succès professionnel.
1987 : HEALY MET L'IRLANDE AU SOMMETBen Healy prend le Maillot Jaune à Tadej Pogacar pour 29". Un Irlandais est en tête du classement général pour la première fois depuis le Tour 1987, lorsque Stephen Roche s'était imposé à l'arrivée aux Champs-Élysées il y a 37 ans, 11 mois et 18 jours.
4 : UN CLUB TRÈS FERMÉMaillot Jaune pour la première fois, Ben Healy n'est que le 4e Irlandais à rêvetir la tunique après Seamus Elliot (4 étapes in 1963), Sean Kelly (une étape en 1983) et Stephen Roche (3 étapes en 1987). Ce n'est aussi que le 3e Irlandais à mener le classement du meilleur jeune après Sean Kelly en 1978, et Stephen Roche en 1983.
22 : LE PLUS JEUNE MAILLOT À POIS FRANÇAISÂgé de 22 ans et 3 jours, Lenny Martinez est le plus jeune Français à revêtir le maillot à pois. Il devance à ce registre Richard Virenque, qui avait pris le tunique à 22 ans, 7 mois et 17 jours (étape 2 du Tour 1992 à Pau). René Vietto a remporté le classement de la montagne à 20 ans, 5 mois et 12 jours en 1934, mais le maillot n'existait pas.
2 : LENNY COMME SON GRAND-PÈRELenny et Mariano Martinez sont les premiers grand-père/petit-fils à avoir porté tous deux le maillot à pois. Mariano l'a eu à 16 reprises, gagnant notamment le classement de la montagne en 1987.
12 : LA VISMA (RE)GAGNE ENFINLa formation Visma - Lease A Bike remporte son 73e succès sur le Tour, le premier depuis Jonas Vingegaard au Lioran l'an dernier. Depuis lors, l'équipe avait accumulé pas moins de 12 podiums d'étapes – dont 9 places de deuxième ! Ces podiums étaient revenus à Vingegaard (7), Wout van Aert (3), Matteo Jorgenson (1) et Edoardo Affini (1).
5x10 : UN MAILLOT JAUNE QUI CIRCULEPour la première fois depuis 2010, on recense 5 changements de Maillot Jaune lors des 10 premières étapes. À l'époque, Fabian Cancellara l'avait porté après le prologue et l'étape 1, Sylvain Chavanel lors de l'étape 2, Cancellara à nouveau des étapes 3 à 6, Chavanel après la 7, Cadel Evans à l'issue de la 8 et Andy Schleck à partir de la 9. Pour 2025, Jasper Philipsen a ouvert le bal (étape 1), Mathieu Van der Poel a pris le relais (étapes 2 à 4), Tadej Pogacar s'en est emparé à l'étape 5, Van der Poel l'a repris le lendemain, puis Pogacar en a été le détenteur des étapes 7 à 9, avant que Ben Healy ne le lui subtilise aujourd'hui.
4 : POIS NATIONAUXÀ l'attaque en ce jour de fête nationale, Lenny Martinez est le 4e Français à s'emparer du maillot à pois un 14 juillet. Les trois précédents étaient Pascal Hervé en 1998, Richard Virenque en 2004 et Jérôme Pineau en 2010. Le dernier Français en tête du classement du meilleur grimpeur un 14 juillet était Warren Barguil en 2017. Classé 8e du jour, Martinez signe aussi son meilleur résultat sur le Tour.
22 : LA FRANCE ATTEND SON HEUREVoilà 22 étapes que la France n'a plus gagné, un chiffre symbolique puisqu'il dépasse les 21 étapes que dure aujourd'hui un Tour de France. C'est la 4e plus longue période de disette du pays. Encore loin des 39 étapes sans victoire entre Pau 1998 et Tours 2000. Le dernier succès d'un Français remonte à celui d'Anthony Turgis l'an dernier, sur la 9e étape qui partait et arrivait à Troyes.
8 : SUR LES PENTES DU MASSIF CENTRALL'étape comportait 8 ascensions répertoriées, presque un record sur le Tour. La journée avec le plus de montées recensées (9) est l'étape 15 du Tour 1993, disputée entre Perpignan et Andorre. C'est aussi la première fois qu'un parcours comprend pas moins de 7 ascensions de 2e catégorie. Deux de plus que lors de l'étape 8 du Tour 2019 entre Mâcon et Saint-Étienne.
2/5 : BEN LE BRAVERécompensé du prix de la combativité lors de l'étape 6, Ben Healy reçoit à nouveau le prix ce lundi. Il est le premier coureur récompensé deux fois dans un espace de cinq jours depuis Victor Campenaerts, lors des étapes 18 et 19 du Tour 2023.
2 : LES AUSTRALIENS DANS LE COUPBen O'Connor (4e) et Michael Storer (5e) manquent la victoire, mais c'est la première fois que deux Australiens terminent dans le top-5 depuis l'étape 1 du Tour 2021 (Michael Matthews 2e, Jack Haig 4e). La dernière victoire australienne remonte à celle de Jai Hindley à Laruns en 2023 (étape 5).











































































