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> Sport > CYCLISME
04/05/2025 03:17
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CYCLISME (Train Hard Classic, souvenir Antonin Landré, Le Creusot - Le Creusot) : Gabriel Salon (Villefranche-Beaujolais) remporte la 1ère étape

Première victoire de la vie pour le Caladois qui arrive avec une poignée de secondes devant un groupe en chasse qui n’aura jamais réussi à le rejoindre. Au soir de ce rude premier acte, Gabriel Salon compte cinq secondes d’avance au général, et son équipe place trois coureurs dans les cinq premiers en raflant, au passage, deux maillots sur trois. Pourtant, rien n’est encore joué.
Notre analyse, notre reportage photos et les classements.


Il y a des signes comme ça qui ne trompent pas : à l’arrivée, Avenue de l’Europe, les coureurs sont pratiquement tous arrivés au compte-goutte, quelques groupes, pas plus de cinq, comme une arrivée au sommet d’un col alpin. Ce signe prouve l’intensité et la difficulté de cette épreuve concoctée par les organisateurs, Creusot Cyclisme, de la cinquième « Train Hard Classic », souvenir Antonin Landré. Un souvenir qui se devait d’être relevé, il l’a été.
La chaleur, les six tours des Bizots et cette maudite ligne droite en montée des Machurons avaient déjà largement décanté le peloton, les Sautots et la Chaume au Creusot ont fini d’achever les dernières forces des coureurs. Les raisons pour lesquelles ils sont arrivés au compte-goutte sont là, mais pas seulement.
Non, parce que les concurrents ont lancé la course dès la fin du départ fictif. L’histoire retiendra que c’est Dorian Desèbe (MJC Buhl) qui sera le premier attaquant, dès le départ, vite repris. La nervosité du peloton était palpable, tout était prétexte à sortir. La première sérieuse entreprise offensive est à mettre à un groupe de six, parti pourtant dans la descente pour rejoindre les Bizots, sans réaction du peloton. Dans ce groupe, un favori, Lucas Auclerc du VC Dolois. L’Open 1 tenait à cette course, par son prestige, évidemment, mais surtout par son symbole, il nous l’avouera à la fin de la course : « Je tiens à cette épreuve, j’étais à la FAC au Creusot et puis, surtout, j’étais un ami d’Antonin Landré, on s’entraînait ensemble, on courait ensemble, je connais ses parents, j’y tenais. » Bravo, Antonin aurait à coup sûr apprécié le panache et le challenge remporté au kilomètre 17 en sa mémoire, le maillot vert, les attaques. Beaucoup d’efforts, d’offensives qui lui seront, pourtant, fatals en fin de parcours.
Les échappés compteront jusqu’à 35 secondes d’avance, mais derrière, on avait pris la mesure de la menace, laisser partir un cador ? Pas possible, surtout comme ça, en descente. Dix hommes sortirent du peloton pour lancer la chasse, tout en accumulant les tours des Bizots, les Machurons…
Cette initiative a eu pour effet de scinder le peloton en deux, le premier de celui-ci pointait, à l’heure de course, à 1’10’’ de la tête de course. Le vent, la chaleur et la répétition de cette ligne droite allaient rebattre les cartes. Les deux groupes de tête allaient s’unir, rejoints par quelques retardataires qui avaient senti le tournant de la course. Au troisième tour des Bizots, un nouveau groupe de 12 coureurs pointait en tête. On retrouvait encore une fois Lucas Auclerc, mais aussi Maxime Hertaut, Thibault Regnault et Noam Demoury du tout premier groupe d’attaquants. Lucas Auclerc cumulait les points aux sprints intermédiaires et devenait l’homme à suivre.
Les efforts de ces échappés ne suffiront pas à creuser un écart qui ne montera pas à plus de 35’’. Bien écrémé, le reste du peloton se regroupera avant les Bizots et, très curieusement, mais ça ne sera que la seconde fois de la journée, deux hommes en sortent, selon les termes de l’un d’entre eux « en facteurs », et dans la descente entre la Croix des Mats et la Sorme : Gabriel Salon et Cyprien Maisson, tous deux du VC Villefranche-Beaujolais.
Bien surpris de cette situation, les deux compères se mettent à « pédaler », l’un très dubitatif, le futur vainqueur, l’autre très optimiste. « J’ai dit à Gabriel : « Mec, on ne sait jamais ce qui peut se passer, c’est une course de vélo. » » Osé, un peu, car il restait 30 km et les deux difficultés majeures à négocier.
Derrière on s’organisait, mais on ne rejoignait pas. Gabriel Salon se montrait très à l’aise dans les montées, se payant le luxe de temporiser aux sommets pour que son coéquipier le rejoigne et l’aide sur les parties moins difficiles. Choix judicieux et qui sera payant, à la Chaume le futur vainqueur laissa son copain, rejoint par quatre poursuivants qui allaient jouer la gagne sur l’Avenue de l’Europe, après la terrible descente de la route de Marmagne. Efforts inutiles, Gabriel Salon était le plus fort aujourd’hui, les chasseurs arriveront à 5’’.
Gabriel remporte la première étape, le maillot conséquent et le maillot à pois (qu’il passera à son coéquipier pour non-cumul) de meilleur grimpeur.
Ces 5’’ seront-ils suffisants ? Nous avons quelques doutes. Dimanche matin, il y aura la terrible épreuve du contre-la-montre par équipe, et le favori désigné est Corbas avec Mathias Ribeiro Da Cruz, le spécialiste et champion de France en titre. Si on vous disait que le Lyonnais est venu « mourir » à 8 secondes du vainqueur ?
Dimanche matin, contre la montre par équipes à Saint-Pierre-de-Varenne, l’après-midi, il restera 93 km entre Essertenne et Le Breuil pour désigner le futur maillot rouge de vainqueur. Rien n’est joué.
Vincent BRUCCI
(Photos Manon BOLLERY 
et Vincent BRUCCI)
 
Gabriel Salon (VC Villefranche-Beaujolais), vainqueur de l’étape, meilleur grimpeur : « Je suis Caladois et j’ai toujours couru au club. Je suis dans l’équipe réserve, j’ai 19 ans. C’est ma première victoire de la vie, je vous l’assure. Contrairement à ce qu’on peut croire, on a totalement improvisé la fin de course. A 30 km, avec Cyprien (Maisson), nous sommes sortis en facteurs, en ligne droite. Direct, mon coéquipier m’a dit : « on y va ». Franchement je n’y croyais pas, mais Cyprien me passait de beaux relais. On prenait de l’avance, petit à petit je me disais que ça pouvait le faire, on commençait même à se dire qu’on allait arriver tous les deux, j’avais dit que je lui laissais la gagne, vu que j’avais fait le maillot du meilleur grimpeur et puis aux Sautots j’ai dû l’attendre car il était dans le dur. Il m’a beaucoup aidé dans la descente pour rejoindre la Chaume, mais comme ça revenait derrière, je n’ai pas eu le choix, j’ai continué tout seul. Il n’y a jamais eu de regroupement, ils ne m’ont pas repris. Objectif ? On a une bonne équipe pour le CLM demain, mais on verra l’après-midi avec les écarts, suite au chrono, je sais qu’il y a de grosses équipes. Ensuite, si je suis juste pour le classement, j’essaierai de conserver le maillot à pois. Il faudra avoir les jambes. »
Lucas Auclerc (VC Dolois), leader des sprints par points : « Oui effectivement, j’étais devant depuis le début de la course. J’avais annoncé à mes coéquipiers, dès cet hiver en prépa, que la « Train-Hard » était mon objectif cette saison, parce Antonin Landré, pour moi, c’est quelque chose. On se connaissait, je connais sa famille, j’étais étudiant ici, juste derrière la ligne d’arrivée (à la FAC), tous les mardis soir j’étais chez les Landré, on mangeait ensemble. Oui, ça me tenait à cœur. Je voulais être là, dans toutes les bonnes échappées, dès le début, c’est ce qui me coûte, en fin de course peut-être, j’avais des crampes de partout sur la dernière bosse. Je suis content d’avoir le maillot vert (sprints), mon objectif était de monter sur le podium, j’aurais voulu gagner, mais je suis tombé sur plus fort. Le CLM ? On est une équipe sympa, on va voir comment on va récupérer, Corbas avec Da Cruz reste favori. Demain après- midi, ça risque comme aujourd’hui d’en avoir partout. Je vais essayer de conserver le maillot. En tout cas, l’étape était sympa et j’ai revu beaucoup de personnes que je connais. »
Cyprien Maisson (VC Villefranche-Beaujolais), porteur du maillot du meilleur grimpeur : « Oui, j’avoue, Gabriel (Salon) n’y croyait pas trop, on sort à 30 km, ça faisait beaucoup, c’est vrai. Je lui ai répondu : « Mec, on ne sait jamais ce qui peut se passer, c’est une course de vélo. » Derrière le peloton était réduit à vingt coureurs, pas d’équipes pour s’organiser, j’ai dit : « Mec, faut qu’on appuie, on va réussir. » Il a pris de beaux relais, on a commencé à faire le trou. Derrière ça revenait fort, un de nos gars (Alex Martins) revient avec les poursuivants, sur le plat je lui ai dit : « Vas-y, ne m’attends pas. » Ça a marché, tant mieux. Le collectif a payé. Demain, on va s’accrocher, bien récupérer, ça va aller. On va tout faire pour garder le maillot. »

Le classement de la 1ère étape


Le classement général après la 1ère étape





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