
Le double champion de France Elite du contre-la-montre a su gérer l’écart sur les deux échappés, Téo Goisnard, le vainqueur d’étape et Alexandre Martins (Villefranche). Il remporte la Train Hard avec 15 secondes.

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Cette dernière étape de la Train Hard Classic souvenir Antonin Landré, entre Essertenne et Le Breuiln a maintenu toutes ses promesses. Des attaques, des contre-attaques, des stratégies de courses, des alliances aussi et du suspens.
Pendant environ 30 km le leader au classement général, Mathias Ribeiro Da Cruz (VC Corbas) a dû pourchasser, avec ses coéquipiers, deux fugitifs dangereux qui ont essayé de lui ravir son maillot. Comme le matin au chrono par équipes, les Lyonnais ont montré leur qualité de rouleur et ils ont réussi le tour de force de contenir les ardeurs de Villefranche, qui avait trois coureurs à environ une minute du leader. Pas simple, mais examen réussi, avec mention.
Le vainqueur du général a construit la victoire finale dès le matin au contre-la-montre et il a géré, sereinement son avance. Villefranche a tout essayé, mais a dû reconnaître la supériorité du grand routier de Corbas, pas double champion de France par hasard.
Pluie, pas pluie ? La question était sur les lèvres de toute la caravane de cette magnifique course. L’orage avait frappé la région creusotine une heure avant le départ, nettoyant les routes et faisant baisser la température : deux avantages pour les participants.
Cette pluie a également nettoyé la redoutée partie technique, la strada bianca, pardon, le chemin blanc, la rendant beaucoup moins poussiéreuse, donc moins glissante. Cette portion, placée sur le chemin du vieux moulin à Saint-Firmin, le long d’un bras du Mesvrin, était le rendez-vous, programmé, de la bagarre. Villefranche allait contester le maillot à Mathias Ribeiro Da Cruz, et c’était le lieu choisi pour le duel, entre le chemin de terre battue et la bosse pour rejoindre le « Petit Bouvier », avant de prolonger les efforts sur le bourg de Saint-Firmin. Promesses maintenues.
C’est pourtant Dario Lavergne (CR4C) qui sera le premier animateur de la journée, sur la première difficulté de l’étape, la montée du Morambeau. Mais la première vraie offensive viendra de Pierre-Louis Durand (VC Dole) qui partira seul dans la descente de Granges. Première attaque contrée par un groupe de 17 coureurs dont Lucas Auclerc (VC Dole), maillot bleu des sprints qui (il l’avait annoncé la veille), fera le sprint 17e km en l’honneur de son copain disparu, Antonin Landré.
Dôle avait les fourmis dans les jambes et Pierre-Louis Durand insista pour repartir, encore seul, avant le premier passage du chemin blanc et sa rude montée du chemin du moulins. Le Jurassien comptera jusqu’à 15’’ d’avance sur un peloton largement écrémé.
Le second passage de cette terrible portion allait décider de la course et de l’étape. Villefranche devait attaquer, Villefranche a attaqué là où il fallait, à la sortie du chemin blanc. Alexandre Martins, suivi immédiatement de Téo Goisnard (AC Besançon) prenait la poudre d’escampette par une attaque violente et efficace. L’écart a vite pris une trentaine de secondes, puis a atteint les cinquante secondes. C’était sérieux, on nous avait prévenus.
Derrière, le leader, Mathias Ribeiro Da Cruz devait réagir, compliqué sur la portion en pente du chemin du moulin, plus facile sur les routes plus larges, là où ça roule vite et compliqué parce que les copains des échappés faisaient barrage.
Aidé par toute son équipe, mais sous les yeux, intéressés, des coéquipiers d’Alexandre Martins, le maillot rouge a judicieusement laissé passer l’orage pour, ensuite, maîtriser l’écart : « J’ai eu peur sur le coup, quand j’ai vu mes équipiers avec moi, je me suis rassuré, j’allais gérer. » Comment on devient chef, chef ?
La fin de course allait se résumer à cette poursuite maîtrisée, les deux échappés compteront au maximum 55’’, jamais les 1’09 qui séparaient Ribeiro de Martins. Il ne restait plus qu’à répartir les prix, la victoire d’étape pour Téo Goisnard qui bat d’un vélo son compère du jour, Alexandre Martins, qui se consolera avec le maillot à pois du meilleur grimpeur qu’il prendra à son coéquipier, Gabriel Salon.
La Train Hard Classic revient, assurément, au plus costaud du week-end, son chrono et sa gestion auront suffi pour enrayer toutes velléités, pourtant sérieuses, des concurrents.
Vincent BRUCCI
(Photos Manon BOLLERY)
Alexandre Martins (VC Villefranche-Beaujolais), deuxième de l’étape, deuxième au général et meilleur grimpeur : « On savait que le moment clé était le chemin blanc, j’ai essayé au premier passage, sans succès, on s’est organisé avec mon équipe pour mieux se placer, sachant que je grimpe bien. Je sors avec Téo Goisnard au second passage, on fait rapidement l’écart, le but était de piéger le leader au général. Il a manqué 15 secondes à la fin. Sincèrement, avec Téo Goisnard on y a cru, on roulait à bloc, je lui ai même dit que je le laissais la gagne d’étape s’il le voulait. Il en a manqué, dommage. Je prends le maillot du grimpeur, j’aurais préféré que Gabriel (Salon) le garde, mais pour assurer, je suis passé en tête aux meilleurs grimpeurs. »
Mathias Ribeiro Da Cruz (Corbas Lyon Métropole), vainqueur du général : « Je vous confirme bien que je suis double champion de France élite du contre-la-montre. Sur la course, au premier secteur du chemin blanc, on a réussi à contrôler le peloton, au second passage, on a été barré par les coéquipiers de Besançon dans ce même passage. Les deux échappés ont donc pris rapidement du champ, derrière, j’ai réagi dans la bosse, sans succès, heureusement mes coéquipiers m’ont bien aidé, ils ont tous coopéré en se faisant « la peau » à tour de rôle. Au dernier tour, après qu’ils ont tout donné, je fais un contre-la-montre pour maintenir l’écart. J’étais toujours au courant des écarts, mon DS m’informait, il me suffisait juste de gérer. J’ai un peu paniqué à la sortie du chemin blanc, mais quand mes coéquipiers sont revenus, on a vite sécurisé la situation. On savait que la première étape devait être gérée comme une course d’un jour, j’avais que 6 secondes au général donc on allait reprendre le maillot au contre-la-montre. L’objectif de ma saison c’est le championnat de France de contre-la-montre, encore une fois, en élite. J’ai fini mes études d’ingénieur, je travaille pour l’équipe Décathlon AG2R comme ingénieur performance, j’ai donc moins de temps pour les courses en ligne en élite, donc je me « focus » sur les efforts individuels. Avec cette deuxième victoire en Open 1, je vais faire la demande pour courir en élite. »
Lucas Auclerc (VC Dole), maillot bleu des sprints : « Je conserve le maillot, c’était l’objectif, l’équipe a fait un gros boulot pour que je passe en tête au premier tour. Je fais le sprint des 17 km, on a fait un gros boulot. On a essayé de placer Thibault (Regnault) pour le général, mais c’était compliqué, les deux échappés étaient vraiment costauds. Un maillot, c’est déjà bien. »
Téo Goisnard (AC Besançon), vainqueur de l’étape : « On savait qu’il y avait des choses à faire, on ne s’est pas trop focalisé sur le général, il y avait trop d’écart, l’objectif était l’étape et de tout mettre en œuvre avec l’équipe de faire la différence à la sortie du chemin blanc. On fait un beau baroud d’honneur à deux, en se faisant bien mal, en s’entendant parfaitement. Derrière il y avait un gros moteur, le leader, capable de nous reprendre beaucoup de temps sur le plat, donc je suis très content de cette victoire. »
Gabriel Salon (VC Villefranche-Beaujolais), ex-leader, quatrième au général : « Dans le second passage du chemin blanc, avec les coureurs de Dole, j’ai fait front pour créer la cassure et laisser partir les deux échappés, on savait que le leader allait être piégé, on a contrôlé les gars de Corbas pour que notre gars prenne suffisamment d’avance. Malheureusement, ça n’a pas suffi, on aura tenté. »








































































