
Le Clermontois s’impose après plusieurs tentatives, sans jamais ménager ses efforts. La course a été animée du début à la fin. Deux Creusotins sont dans le même temps que le vainqueur.

« Je me suis dit qu’après tous les efforts réalisés, il ne me restait qu’un sprint de quelques secondes, c’était dommage de ne pas tenter. » La victoire sourit toujours aux plus audacieux, ce samedi après-midi, au pied de la Halle des Sports du Creusot, le plus audacieux a remporté une sacrée victoire, d’une sacrée course. L’Auvergnat, Gaspard Ferreirinho, a impressionné par son panache, son opiniâtreté, mais il n’a pas été le seul dans cette rocambolesque étape creusotine de la 6e édition de la Trainhard Classic, souvenir Antonin Landré.
Rocambolesque non pas pour l’attaque précoce, et prévisible, mais par sa dimension : 13 coureurs s’échappent sur le circuit des Bizots, à la Gaité, juste avant la montée des Machurons. On trouve dans ce groupe Emile Deprés (Cusset), Gabin Charcosset (Bourg), Clément Berry et Kevin Granvaud (Saint Denis), Baptiste Raymond (Saint-Matin) et Mateo Rivero (Corbas) qui joueront leur carte jusqu’au bout de la course. Une échappée qui comptera très rapidement plus d’une minute d’avance, dès le début. Rocambolesque.
A partir de là, comme l’avouera l’Australien de Besançon, William Verhoef, leader du classement par points à l’arrivée : "les gars ont joué au chat et à la souris". L’échappée comptera jusqu’à 1’20’’ d’avance, mais elle pouvait, en seulement trois kilomètres, perdre 30 secondes. Du jamais-vu, à faire exploser toutes certitudes.
Nous étions sur les six passages du circuit des Bizots, la montée des Machurons, la bifurcation sur les Bizots, la Croix-des-Mâts, la Sorme et, bien entendu, une contre-attaque a pris forme, on y trouvait, déjà, un certain William Verhoef. La pourchasse reviendra à 25’’ de l’échappée. Au cinquième passage des Machurons, regroupement général et contre, classique, d’un téméraire, parti seul : Emile Duprés (Cusset). Le Bourbonnais le reconnaîtra à la ligne d’arrivée, il était parti trop tôt, seul. Car un acteur s'invita, sans avertir son importance, dans cette course débridée et agressive : le vent. Favorable sur les Machurons, latéral sur la descente vers les Bizots, effroyable sur la Croix-des-Mâts. Il devenait déterminant et allait causer la perte des intentions du baroudeur qui aura, pourtant, cumulé jusqu’à 1’25’’ d’avance sur le peloton.
Tout allait se jouer entre la Sorme, Charmoy et le Sautot. Un groupe de cinq coureurs partait à la chasse (Mateo Rivero, Morgan Rognard, Marc Chiodini, Clément Berry, encore et Mathis Bostvironnois). Regroupement pendant la montée du Sautot, attaque de Gaspard Ferreirinho, le Clermontois qui fait le trou, immédiatement.
Le Sautot avait redistribué les cartes, la descente sur Montcenis et la dernière montée à la Chaume allait faire ressortir le talent de chacun, les valeurs trouvées au fond du fond des tripes. Certains en ont à revendre.
Comme prévu, la montée de la Chaume a été nerveuse, éliminant tous ceux qui étaient limite, mais, plus surprenant, c’est la descente par la rue de Marmagne qui allait devenir cruciale. William Verhoef, l’Australien de 17 ans à peine, reviendra dans la bosse sur Gaspard Ferreirinho, à deux kilomètres de l’arrivée, deux coureurs jouaient la victoire, seuls. Mais cette descente est technique, les échappés se faisaient rattraper avant les Riaux, au milieu des fumées causées par un incendie aux Combes. On l’a dit, rocambolesque !
C’était fini pour eux, pensait-on, mais l’inconscience, ou la fougue de la jeunesse (17 ans pour l’Australien, 19 pour l’Auvergnat) n’avaient pas dit son dernier mot. Gaspard Ferreirinho avait fait le plus dur, « Il ne me restait que quelques secondes d’efforts, alors j’ai tout donné », il a tout donné, remportant haut la main le sprint d’un groupe de quinze échappés. William Verhoef le suivra dans sa roue.
Dans ce groupe, qui comptera 38’’ sur les trois poursuivants, plus de quarante sur le peloton, deux Creusotins : Néo Dérangère et Romain Tissot.
Cette première étape a démenti tous les pronostics et toute logique de course. Le spectacle en a largement bénéficié.
Tout se jouera sur les deux prochaines étapes, le contre-la-montre par équipes dimanche matin, autour de Saint-Pierre-de-Varennes, et l’après-midi avec le secteur Gravel entre le Mesvrin et Saint-Firmin et le superbe parcours autour du Breuil. Le vainqueur, demain soir, sera, encore une fois, un costaud.
Vincent BRUCCI
(Photos Manon BOLLERY)
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