
Les deux coureurs se sont parfaitement entendus pour se partager la dotation en jeu, au Mâconnais le général, à l’ex professionnel de GOAT Collective, l’étape. Le Creusotin Néo Dérangère termine sixième au général.

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On a eu, on l’avoue, envie de lancer l’expression : « Les deux compères se sont entendus comme larrons en foire. » On ne l’a pas fait et pour cause. Cette expression a une connotation péjorative, une entente entre deux filous, une fourberie digne d’une comédie de Scapin. Non. La course, son évolution, la valeur et la force ont fait ressortir le talent des deux coureurs. Ils ont laissé se faire la course quand il pleuvait, ils ont jugé, jaugé même, les forces en jeu et ont compris qu’ils étaient les plus forts. A toi le général, à moi l’étape. Le gamin devant ? Dégât collatéral, on n’est pas là pour peigner des poupées, il faut gagner, c’est dur pour les autres, tous les autres. C’est comme la vie.
On savait cette dernière étape autour du Breuil terrible, on se doutait bien, entre les déclarations des uns et les intentions des autres, que le classement révolutionné le matin par les deux gars Saint-Martin-en-Bresse, allait évoluer. Pas autant.
Comme d’habitude dans cette épreuve, c’est parti pied au plancher. Dès la première ascension du Morambeau, le leader de Cusset, Ludo Mizoule, et Noam Demoury, le Beaunois, sortent du peloton sous une pluie battante. L’écart se creuse rapidement pour atteindre, au troisième passage de la bosse brogelienne, la minute. La pluie avait rendu la chaussée savonneuse, la descente sur Granges, croyez-nous, devenait problématique.
Les coureurs n’avaient pas encore franchi le secteur Gravel, le chemin blanc, ils n’avaient pas encore effectué la montée du chemin du moulin à Bouvier. C’est là que la course évolua comme le temps, de la pluie, au temps sec. C’est ainsi qu’en haut du premier passage de ce MG, les échappés étaient rejoints par un peloton compact, imposant.
Gabin Charcosset (Bourg) prenait les points du meilleur grimpeur et comprenait que ses jambes tournaient mieux que celles des autres. L’omniprésent Emile Després (Cusset) le suivait et Eliot Baguet (Beaune) s’empara des derniers points disponibles. Un premier fait de course se produisit au même moment, à 100 mètres du MG : Gaspard Ferreirinho (Clermont), l’ancien maillot rouge de la veille, très bien placé pour contrer le gamin, Gabin Charcosset, voit sa chaîne se coincer dans son cadre. Malgré l’intervention de spectateurs, le Clermontois perdra plus de trois minutes pour remettre en place le mécanisme. Un favori en moins.
Gabin Charcosset, en se retournant, venait de faire le trou, Mateo Rivero (Corbas), le reprit sur la montée vers la salle de Saint-Firmin, nous étions au kilomètre 56. Les deux pédalaient fort et creusèrent rapidement un bel écart qui monta à deux minutes au pied du second passage de cette fichue montée du chemin du moulin à Bouvier. Un autre fait de course allait changer la donne. Mateo Rivero crevait à la sortie de la route blanche, juste avant la bosse, le plus mauvais moment pour lui et pour le gamin, Gabin Charcosset, resté seul. En danger.
Parce que derrière, malgré l’écart conséquent, Tom Darmigny et Justin Ducret, avaient compris qu’il n’y avait plus personne pour empêcher leur forfait. L’attaque a été fulgurante, programmée et imparable. Personne dans les roues, impossible, trop rapide. L’écart, au MG de Bouvier, de deux minutes fonda à une minute et six secondes en haut de la Montée Noire. Le regroupement des trois était inéluctable, il se produira dans la forêt communale du Breuil, juste avant le Bricomarché. « On n'allait pas laisser le gars de Bourg sur le porte-bagage » dira l’ancien pro de GOAT Collective. Non, pas de pitié, c’est la loi de la course. La décision avait déjà été programmée avant l’attaque d’ailleurs : à toi le général, à moi l’étape.
Justin Ducret, lèvera les bras sur la ligne d’arrivée, route de Couches, Tom Darmigny les lèvera sur le car-podium pour revêtir le maillot rouge de cette magnifique édition de la Trainhard Classic. Les plus forts ont gagné, on a aimé le panache de Gaspard Ferreirinho, la bravoure du gamin, Gabin Charcosset et la très belle place de Néo Dérangère au classement général. Vivement la septième édition.
Vincent BRUCCI
(Photos Manon BOLLERY)
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