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16/04/2020 03:17
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BASKET (Jeep Elite) : Dominique Juillot annonce que «Julien Espinosa sera l’entraîneur de l’Elan Chalon la saison prochaine»

Dans une longue interview accordée à creusot-infos, Dominique Juillot commente la décision de la LNB de ne pas écarter une reprise de la saison 2019/2020» en septembre. Pour lui, «la saison est terminée. Il faut passer à autre chose». Et il prône un championnat à 20 clubs en 2020/2021.
Le Président de l'Elan Chalon annonce aussi ce que beaucoup de supporters espéraient : Le maintien de Julien Espinosa comme entraîneur.
Avez-vous été surpris par la décision de la Ligue d’entrevoir une éventuelle reprise de la saison 2019/2020 au mois de septembre ?
DOMINIQUE JUILLOT : «Je ne sais pas ce qui peut encore nous surprendre aujourd’hui, que ce soit en basket ou ailleurs. Mais pour moi, la saison 2019/2020 est terminée. Il faut passer à autre chose…»

Pourquoi ?
«Parce que nous sommes aujourd’hui dans une situation pour le moins imprévisible. Tout le monde le sait, j’étais opposé à une réforme, celle de passer à 16 clubs, qui a mis majoritairement les clubs en situation difficile. Là c’est la double peine !»

Que proposez vous ?
«Si on veut donner satisfaction à un maximum de clubs, de dirigeants et de supporters, on décide qu’il n’y a pas de descente et on intègre en Jeep Elite deux clubs de Pro B qui montent. On passe alors à 20 clubs. C’est personnellement ce que je défends et je pense ne pas être tout seul… En basket, on peut jouer tous les trois jours et en plus on ne sait pas s’il aura des coupes d’Europe… Il faut donc le prendre en compte. Le mieux c’est donc bien de repartir à 20 clubs, avec deux descentes à la fin de la saison 2020/2021 et deux montées depuis la Pro B…»

Ce n’était pas cette tendance avant la crise ?
«Oui je sais. Mais moi je dis que quand l’économie ira mieux, alors l’ambition de resserrer le championnat pourra être regardée. Franchement, je ne vois pas ce que cela peut rapporter de vouloir passer en force à 16 clubs dès la saison prochaine, avec toutes les incertitudes qui pèsent».

Il y avait pourtant eu une majorité à la LNB pour le décider ?
«Oui une courte majorité. J’étais contre, je le répète. Mais ceux qui étaient pour, le sont beaucoup moins aujourd’hui. Je pense même qu’il y a une majorité de clubs qui sont contre un passage à 16 tout de suite. Car la course à l’échalote telle qu’on l’a vécue a fait du mal et peut continuer d’en faire».

C’est quoi la bonne formule dans cette période de crise ?
«Il faut offrir plus de spectacles aux abonnés, aux amateurs de basket, aux supporters, aux partenaires. Il faut limiter la casse et c’est plus facile de le faire à 20 clubs qu’à 16 clubs. Il faut relancer la machine avec moins de pression sportive. Moi je propose de limiter le nombre d’étrangers, pour faire jouer plus de jeunes. C’est l’avenir de notre basket qui est en jeu. Quand il y a une crise, il faut savoir s’adapter. Et c’est possible…»

Pourquoi ?
«Le basket a une bonne image, il engendre un côté affectif. Il faut revenir aux fondamentaux».

Lesquels ?
«Le basket c’est d’abord un ancrage sur un territoire, dans toutes les villes basket, y compris les villes moyennes. Ca n’empêchera pas Villeurbanne ou Monaco d’être champion. Mais on sera sur nos valeurs. Il faut retrouver ce qui a fait notre force, avec des présidents emblématiques, des entraîneurs reconnus, des joueurs qui marquent, des salles qui parlent comme Beaublanc, Gravelines, ou le Colisée. Les fondamentaux, l’essence de notre basket sont là».

Ca va être difficile financièrement pour les clubs ?
«Ne nous voilons pas la face. RMC ne payera pas la seconde partie de la saison. Tout le monde a des difficultés. Les clubs vont faire des emprunts. Nos partenaires historiques vont nous suivre, on va en perdre. Mais les collectivités, fort heureusement, sont avec nous. A Chalon comme dans d’autres villes, car le basket plait. Regardez ici, le public aime l’Elan. Même quand on était mal, la salle était bien remplie. C’est pour cela que je dis qu’il faut revenir à un spectacle local qui s’adresse au plus grand nombre. Toutes les autres ligues sportives sont comme nous, dans la difficulté. Alors moi je dis faisons confiance aux clubs, aux dirigeants. L’offre pour les joueurs ne sera pas plus grande demain Ce ne sont pas les joueurs qui fixent leurs prix. Un joueur à -30% sera toujours plus heureux qu’un ouvrier».

Le Basket est à la croisée des chemins…
«L’économie a pris le dessus sur l’humain. Nous ne devons pas être des producteurs de spectacles. Nous devons produire de l’émotion, avec des projets partagés par le plus grand nombre. Regardons autour de nous. Que ce soit à Dijon, à Bourg en Bresse, ou à Chalon sur Saône, le basket est une fierté locale. Il faut juste de l’équilibre pour que ça fonctionne. Il faut revenir à des choses raisonnables».

Au début de l’année, vous avez fait venir Julien Espinosa pour redresser une situation périlleuse. Sera-t-il toujours l’entraîneur de l’Elan Chalon la saison prochaine ?
«Oui. Julien Espinosa sera bien l’entraîneur de l’Elan Chalon la saison prochaine. On avait abordé le sujet quand il est venu. Il m’a dit qu’il avait envie de rester. Il est très bien ici et il est très heureux d’entraîner l’Elan Chalon. Alors l'aventure va continuer».

Votre souhait le plus cher ?
«On veut des gens heureux. Pour cela il faut être raisonnable et solidaire. Et il ne faut pas s’enfermer dans des schémas qui ne sont peut être plus les bons aujourd’hui. Car il y a eu le coronavirus. Parce que la donne a changé».
Recueilli par Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)