
Les Monégasques ont pris leur revanche, mais à quel prix ?

Voilà un match qui ne restera pas dans les annales. Que Monaco gagne à Chalon sur Saône c’est dans l’ordre des choses. Par contre que la Ligue Nationale de Basket donne 500.000 euros à la caisse du syndicat des joueurs pour éviter une grève des Monégasque, c’est un très très mauvais signal qui a été envoyé au basket français.
Que le club de la Principauté cumule près de 15 millions d’euros de déficit - soit deux fois que le budget de l’Elan Chalon - cela donne le vertige. À qui fera-t-on croire qu’il n’y a pas d’argent sur le rocher et qu’il faut que la LNB vienne à la rescousse.
On veut bien que les coéquipiers de Mike James, selon la version officielle, avaient du mal à payer leur loyer… On en verserait presque une petite larme.
Soyons sérieux. Ne prenons pas les amateurs de basket pour des imbéciles !
Ce qui est révoltant ce n’est pas la menace de grève exercée par les joueurs de Monaco pas payés depuis deux mois au moins… On en connaît sur notre territoire national qui prenne le train de la grève beaucoup plus facilement.
Non ce qui est révoltant c’est que finalement la LNB a cédé au chantage bien facilement et bien rapidement.
Ou alors, pour ne prendre qu’un exemple, on aurait aimé que Limoges bénéficie des mêmes égards !
En fait on se demande si cette générosité décidée le samedi n’était pas, mine de rien, une décision hâtive pour protéger la diffusion du match dimanche sur la chaîne L’Equipe…
De même la clémence du quotidien sportif a l’égard de la LNB manque de sincérité. Car si le journal L’Equipe s’intéressait vraiment au championnat de France, cela se saurait. La Betclic Élite est traitée de façon très aléatoire, sauf pour Paris et Nanterre… Mais il est vrai que les spécialistes du basket préfèrent suivre des matches d’Euroligue que d’aller au Portel ou à Boulazac, même si le foie gras y est excellent !
Pour faire la transition on ne dira pas que l’Elan a pris la pâtée ! Non il s’est incliné à la régulière, tout simplement parce que Monaco était plus fort, avec un banc d’une grande richesse. Monaco a donc pris sa revance, puisque l’Elan s’était imposé sur le rocher.
-3 à la fin du 1er quart temps… -11 à la mi-temps… -14 à la fin du premier quart temps, pour une défaite justement à -14… Dans un match où Monaco a compté jusqu’à 22 points d’avance, la marge était trop importante pour que l’Elan réussisse l’exploit.
On passe sur les coups de sifflet qui ont fait monter la moutarde au nez d’Elrid Delord, très vite averti, avant de prendre une technique. Des coups de sifflet qui ont fait gronder le Colisée.
En fait, face à une défense monégasque qui a serré les boulons, les Chalonnais ont eu du mal à jouer leur basket et ont donné l’impression de se heurter à un mur. Ce qui explique sans doute la différence à l’adresse avec 43% de réussite contre 55% ; A 3 points : 28% contre 56%…
Avec un Golden qui a capté 10 ballons dans la raquette, les Chalonnais ont pourtant dominé au rebond : 34 contre 30. Ils ont aussi mieux réussi leur lancers-francs : 11/15 contre 16/25.
On notera que Nate Darling a terminé meilleur marqueur à 53% pour une évaluation à 14, comme Golden. Côté monégasque Mike James et Matthew Strazel ont pesé sur le match… Le second ayant signé la meilleure évaluation à 19, en se faisant plus souvent siffler par les supporters de l’Elan dans un Colisée qui était archi-plein.
L’Elan Chalon enchainera mardi en Champions League en accueillant les Espagnols de Badalone, avant de faire sa Saint-Valentin, samedi, face au Mans qui, samedi, s’est défait de Dijon.
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY
Elan Chalon 78 - Monaco 92 (14-17 ; 20-28 ; 21-24 ; 23-23)
Elan Chalon : Darling 22, Hill 14, Mutts 8, Golden 8, Nadolny 8, Choupas 7, Cuthbertson 5, Tonnellier 4
Monaco : Strazel 16, Nedovic 15, Diallo 12, James 11, Blossomgam 9, Theis 7, Tarpey 6, Mirotic 5, Michineau 3
















































































