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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
26/07/2020 18:20
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Xavier Bertrand : «Oui il faut augmenter les bas salaires»

L’ancien Ministre et Président des Hauts de France a retrouvé Sébastien Martin, son ambassadeur en Saône-et-Loire. A la faveur d’un point presse, le sans doute probable candidat à l’élection présidentielle, a distillé plusieurs messages :
«Je crois en l’avenir du nucléaire»
«Ce n’est pas le moment d’être des écureuils»  
Rentrée : «la colère va monter quand on va voir des entreprises fermer et licencier, des commerces fermer».
«Il faut que la loi soit respectée par tous et par seulement par les braves gens»



Escale à Chalon sur Saône en ce dernier dimanche de juillet pour Xavier Bertrand. A la terrasse d’un café, il tient un point presse. Le premier à brièvement le saluer et à se présenter est le Député Raphaël Gauvain. Mais plusieurs passants, sur la route du marché, saluent autant l’ancien Ministre, aujourd’hui Président du Conseil Régional des Hauts de France, que Sébastien Martin, le Président du Grand Chalon.
Les deux ont plusieurs points commun, dont la passion du Basket. Xavier Bertrand annonce d’ailleurs qu’il reviendra sans doute soit avec Le Portel, soit avec Gravelines, au Colisée. Mais en ce milieu de l’été, les sujets sont autres. Xavier Bertrand ne dit pas qu’il pense à la Présidentielle chaque matin en se rasant. Mais il n’élude pas le sujet car il ne fait pas mystère qu’il a fort envie de se présenter. Sa primaire à lui, ce seront les élections régionales : «Si je suis réélu, cela voudra dire que les électrices et les électeurs auront apprécié autant mon bilan que mon programme, alors…» Alors Xavier Bertrand sera très très probablement candidat en 2022. Il en profite pour affirmer qu’il est pour un mandat unique de 6 ans. Mais dans un échange nourri, l’ancien Ministre que Chirac faisait passer pour un médecin alors qu’il était assureur de profession, distille de nombreux messages politiques.
A.B.

Energie

«Je crois en l’avenir du nucléaire. Un nucléaire sur avec le maximum de mesures de sécurité et qui assure le traitement des déchets. Mais je dis aussi que l’on ne parle pas des progrès technologiques qui vont inévitablement arriver. Le nucléaire c’est notre indépendance, mais c’est aussi une facture moins lourde pour nos concitoyens.
Sur les éoliennes, je dis halte ! Dans ma région, des habitants sont encerclés par les éoliennes. Alors je dis que chaque projet doit faire l’objet d’un référendum local. Par contre je suis pour l’éolien offshore très au large.
Je me bats pour que l’on fabrique des panneaux photovoltaïques dans ma région, plutôt que les importer de Chine. Et parce que nous avons besoin de plus en plus d’électricité, je rappelle que Gouverner c’est prévoir. Il faut anticiper. Il ne faudrait pas que la France se retrouve en situation de black out ! Et on ne l’évitera pas en faisait disparaître le nucléaire.
Enfin, oui il faut développer l’hydrogène, pas seulement pour les trains et les bus, mais jusqu’aux voitures. Car c’est, en partie, l’avenir de l’automobiliste à 15 ou 20 ans».


Ecologie

«Oui aux préoccupations environnementales, mais il ne faut pas d’affrontements. Il faut une écologie compatible avec l’économie. Elle peut être source de travail et donc de pouvoir d’achat. En ce sens, il faut mettre les moyens sur la table. Je voudrai que l’on réfléchisse différemment, que l’on ait de la vision technologique».


Après pandémie

«Face à la pandémie, en tant que pompier, le Gouvernement a été là. Mais ça ne peut pas suffire. Aujourd’hui il faut être architecte. Il faut faire bosser tout le monde ensemble. Il faut faire confiance aux intercommunalités et aux régions».


Taille des régions

«Dans les Hauts de France, j’ai fait le choix de travailler dans la proximité, pour que l’on puisse s’adresser aux gens et aux entreprises. L’emploi c’est la proximité. Les Hauts de France ce sont 5 départements et 6 millions d’habitants. Nous avons voté un plan de relance de 1,3 milliard d’euros. Avec quelles ressources ? Quand j’ai pris la Présidence de la Région, j’ai fait beaucoup d’économies. Mais comme ça ne suffit pas, on va se désendetter moins vite. Face à la crise, ce n’est pas le moment d’être des écureuil. J’ai fait le tour des départements et en septembre je rencontre toutes les interco. Pour que collectivement les projets soient portés le plus vite possible. Et puis chez nous les délais de paiement pour les entreprises, c’est 20 jours. On montre l’exemple».


Rentrée sociale

«Chez nous le Rassemblement National est en recul. Il a reculé aux Européennes. C’est pour cela que je ne crois pas qu’il sera en mesure de gagner des Régions l’année prochaine. Marine Le Pen qui peut mieux faire, il n’y a qu’elle qui le pense.
La vérité c’est qu’il faut améliorer la vie des gens. Il faut être leur porte-parole et savoir se mettre à leur place. Chez moi, en quatre ans et demi, ils n’ont pas apporté une idée.
Il n’empêche je suis inquiet pour la rentrée, car la colère va monter quand on va voir des entreprises fermer et licencier, des commerces fermer.
La priorité c’est de réconcilier et de redonner un espoir à des gens qui travaillent et ne gagnent pas assez. Je n’ai pas peur de le dire, oui il faut augmenter les basses rémunérations, les bas salaires. Philippe Martinez ne dit pas faux quand il dit qu’il faut augmenter le SMIC. Il faut voir comment on le fait. Une des questions, c’est la différence entre salaire brut et salaire net.
C’est pour cela que dans ma région j’ai mis en place le chèque transport, la mise à disposition de voitures pour ceux qui recherchent un emploi, des aides pour mettre les enfants à la crèche, mais aussi un chèque vacances de 200 euros pour les personnes qui ont travaillé pendant le COVID, pour lequel on va être à une enveloppe de 6 millions d’euros.
Je vais tester des idées avec des chefs d’entreprises, pour voir commencer augmenter les bas revenus. Car tant qu’on aura des gens qui travaillent et n’y arrivent pas, on n’aura pas les bonnes réponses.


TVA à taux zéro

«Parmi les solutions simples, je propose que l’on mette en place une TVA à taux zéro pour les circuits courts. Mais aussi une TVA à taux réduit pour les produits de première nécessité, comme par exemple les couches»


Objectif 2022

«Oui, je ne le cache pas, je souhaite me présente aux Présidentielles de 2022. 80% des Français ne veulent pas d’un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. L’enjeu c’est de gagner, de regagner la confiance des Français, pour améliorer la vie des gens. Je suis pour un mandat présidentiel non renouvelable. Car si on ne se représente pas, on n’a pas peur de donner la parole, d’avoir recours à des référendums.
Concernant les retraites, oui il faut travailler plus. Mais je dis que pour ceux qui ont travaillé toute leur vie, la retraite doit au minimum être l’équivalent du SMIC. Je dis aussi qu’il faut tenir compte de la pénibilité, car pour certains métiers on ne peut pas aller très au-delà de 60 ans. De même, je suis pour une retraite minimale de 1000 euros.
En 2022, la question de la sécurité sera centrale. Il faut que la loi soit respectée par tous et par seulement par les braves gens».


Stupéfiants

«Je suis d’accord pour les amendes forfaitaires pour les consommations de stupéfiants, mais à la condition que l’on s’attaque frontalement aux trafiquants de drogue»


Pensions alimentaires

«On sait que la question du versement des pensions alimentaires est cruciale. Il faut imposer le prélèvement à la course. Et je ne comprends pas que cette réforme simple a été reportée»


Bonnes pratiques

«Quand je vois le succès du centre départemental de santé mis en place en Saône-et-Loire et que l’on va dupliquer dans l’Aisne, je suis catégorique : Il faut créer un ministère des bonnes pratiques».
Alain BOLLERY